‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 225 · FLORE ET FAUNE DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

FLORE ET FAUNE DE L'AFRIQUE

ssède caravanes traversant le Sahara, desséché comme il est’actuellement, y fut nt en pourtant introduit à l'époque historique, car les anciens monuments péens d'Egypte, les « pierres écrites » des Berbères d'autrefois, n'en représentent ï d'es- point l’image : c'est aussi que le Sahara n'a pas toujours été un désert; de rminé précieux épigraphes, confirmant le texte d'Hérodote, prouvent que le bœuf s'être et le zébu furent les premières bêtes de somme des Garamantes sur la route il yi du Fezzän à la patrie des Haousa'. De nos jours, l’homme s’est fait suivre 2n ; on par ses compagnons ordinaires, tels que le chien et le cheval, du moins ! > haut dans les régions de l'Afrique où ils peuvent s’accommoder au climat. specio- Lorsque l'Américain Chaillé-Long parut à cheval à la cour du roi d’Ou- | soleil Ganda, sûr le plateau du haut Nil, les nègres eurent la même illusion i gyple. que les Mexicains à la vue des cavaliers espagnols : ils s’imaginèrent voir un | s guir- centaure, et quand l'étranger descendit de sa monture, ils s'enfuirent | à cen- avec terreur, croyant que l'animal venait de se partager en deux êtres dif- ñ il n'est férents*. Le plus grand obstacle au peuplement de lAfrique provient d’une à ilivées simple mouche, la tséisé ou glossina morsitans, dont Ja piqûre tue les À iujour- ; chevaux, les bœufs, les chameaux et les chiens, tandis qu’elle est inoffen- \ sive pour l’homme, pour le veau, la chèvre et les bêtes sauvages : on à ‘| es que présumé, à tort ou à raison, que cct insecte destructeur transmet le char- ï es ani- bon aux animaux qu’il pique. Très commune dans certains districts de Ë iditions l'Afrique du sud et du centre, la tsétsé ne dépasse pas au nord le Babr ‘ ivétales el-Ghazàl® et le Senàr*; elle est inconnue dans la partie nord-occidentale à ent, un du continent, Un autre diptère, la donderobo, observé au sud du Kilima mais les N'djaro, épargne les bœufs, mais attaque les ânes, les chèvres et les moud de la tons i eaux se Le continent massif entre tous est celui dans lequei se meuvent les il : du Sé- plus grosses bêtes, les puissants mammifères herbivores, éléphants, rhi- à ÿs pour nocéros de diverses espèces, hippopotames, girafes et autres animaux À mparts vivant de graminées et de feuilles. Tandis que l'Amérique du sud se dis- à rent les tingue surtout par sa végétation, l'Afrique l'emporte sur les autres parties E ont des du monde par le grand nombre des espèces animales, aont plusieurs sont d s de vie encore indomptées et de plus fortes dimensions que les êtres analogues 3 ‘entainc des autres continents, Pourtant l'éléphant d'Afrique, différent de celui des F. is et les Indes par la convexité du front, la largeur des oreilles et d’autres carac- 5 iter des buent à IL Duveyrier, Notes manuscrites.

einer de # Chaillé-Long, American Geographical Society, 1878. de # Wilson and Felkin, Uganda and the Egyptian Soudan

# Hartmann, Naturgeschichtlich-medirinische Skisse der Nilländer. ent, LIL. 3 I Duvevrier, Notes manuscrites,

tères physiques, est moins grand et moins vigoureux que son congénère, mais il ne se laisse que rarement apprivoiser; les tentatives faites par Gordon pour domestiquer cet animal et l'employer au service des armées n'ont pas réussi; à cet égard, les Européens ont encore à découvrir les secrets que les Hindous possèdent et que connaissaient déjà les anciens, mème les tribus africaines du sud de la Maurétanie, peut-être, dit M. Duveyricr, les Wakorè du Sahara occidental. Le lion de Atlas est plus féroce que celui de la Babylonie; le gorille est le plus fort et le plus redouté des singes ; le zèbre est de tous les solipèdes le plus farouche; ni le caïman d'Amérique, ni le gavial de l'Hindoustan n'égalent en dimensions le crocodile africain, et, de tous les oiseaux coureurs, l’autruche africafne est le plus vigoureux. L'Afrique n’est pas seulement le continent par excellence des animaux par le nombre et la taille des espèces, mais aussi par la multitude des individus : c'est ainsi que, dans les régions centrales, des voyageurs ont pu voir de vastes plaines couvertes à perte de vue par des troupeaux de ruminants, et Livingstone raconte qu'il lui fallut écarter de la main des antilopes pour s'ouvrir un passage, Mais déjà les chasses d’extermination ont fait bien des vides dans les populations animales de l'Afrique, sur les bords du Nil et dans les régions du sud; on à caleulé que, pour obtenir les sept cent mille kilogrammes d'ivoire importés chaque année en Angleterre, il faut tuer cinquante mille éléphants", Des espèces du continent sont menacées de disparaitre, comme ont disparu déjà le petit éléphant maurétanien et certaines formes animales des Mascareignes dans l'océan Indien. L’aire d'extension du rhinocéros comprenait autrefois le sud-ouest du Maroc*.

Dans la première moitié de ce siècle, les géographes européens, ne connaissant guère du continent libyen que les régions désertes où mal peuplées du littoral, s'exagéraient facilement la surface du désert et prenaient volontiers pour des solitudes tous les espaces laissés en blanc sur les cartes. On pensait que cinquante ou soixante millions d'hsmmes, au plus cent millions, habitaient l'Afrique. Depuis cette époque, des statistiques précises ont été faites dans quelques colonies ou possessions européennes de la côte; des évaluations raisonnées ont fixé approximativement la population de quelques régions peu éloignées des ports maritimes, et les voyageurs, plus

1 Afrique découverte et civilisée, n° 4, juillet 1879. # IL Duveyrier, Sculptures antiques de la province marocaine de Soûs; Bulletin de la Société de Géographie de Paris, août 1876,

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