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ALIOU-ANBA, HARRAR. 017
des Taltai, mais il à dû également revenir sur ses pas". La présence de peuplades féroces sur les avant-monts écarte les marchands de cette région du versant éthiopien ; les caravanes venues des bords de la mer Rouge ou de la baie de Tadjourah doivent s'écarter de ces voies relativement courtes pour gagner obliquement les provinces du Choa : de Tadjourah à la ville d'Ankober, la route ordinaire des caravanes est d'environ 600 kilomètres, 200 à 290 kilomètres de plus que le chemin direct vers les plateaux.
Actuellement, la voie la plus fréquentée entre Ankober et les rivages de lier des Indes est celle qui aboutit au port de Zeïla en passant par la principauté de Harrar, Des hauteurs du Choa, elle descend d'abord à la bourgade d’Aliou-Amba, peuplée, de même qu'un village voisin, Abderasoul, de marchands, négriers ou autres, d’aubergistes, de muletiers de toute race et de toute langue, mais presque tous musulmans zélés*, Après avoir acquitté les droits de douane, les marchands gagnent Farré où Farri, dernier village de la province d'Efat, bâti à 1572 mètres sur une terrasse avancée, puis, cheminant autour des cratères et des champs de laves, ils atteignent l'Aouach, qu'ils traversent pour entrer dans la grande plaine de Moullou. Au delà, les caravanes ont à franchir les collines d'un faite de partage, appartenant au pays des [ttou, pour redescendre dans la plaine de Harrar, A une quarantaine de kilomètres à l’ouest de cette ville, on dépasse le petit lac de Haramoya, près duquel fut assassiné en ISST le voyageur français Lucereau.
La ville, appelée aussi Harrarghé par les Abyssins, Adar ou Adari par les Somal, Herrer par les Égyptiens, est, d’après l'estime des voyageurs, située exactement à moitié chemin d’Ankober et de Zeila, soit à 280 kilomètres de l'une et de l'autre ; son altitude moyenne est de 1700 mètres. Jouissant d'un climat relativement tempéré, de 12 à 15 degrés centigrades, elle a des champs fertiles, des bosquets d'arbres variés, des eaux courantes entre des bords fleuris. Charmante oasis confinant à des régions arides, Harrar se suffirait à elle-même, dût-elle n'avoir aucunes relations de commerce avec les contrées voisines, mais elle est de plus un entrepôt considérable de denrées et de marchandises, et par ses deux ports de Zeïla et de Berbera, sur la côte des Somal, elle possède un grand mouvement d'échanges avec l'Égypte et l'Arabie; en 1885, elle avait une colonie européenne de cinq individus, Harrar, fondée depuis trois siècles, dit-on, est la cité la plus populeuse de toute la région éthiopienne et même l’une des principales du
! Esploratore, settembre 1884.
? Chiarini et Cecchi, mémoire cite