N9 00, —= POPULATIONS DE LA RÉGION DU NIL BLEU
Let de breanwict
*00 kil,
sans compler l'arabe et l'éthiopien. Un cheikh résidant à Kouba où Monkouis, village perché sur une montagne, jouit d'une apparence de souve-
raincté; mais les gens de Kouba, les Goumous, les Sienetjo, les Kadao et
1 Danta : TN + 6 çe + » 4 e HER 4 les Berta immigrés dans le pays se gouvernent eux-mêmes et sont fréquem-
ment en guerre les uns avec les autres. Quelques Goumous vivent en parkite indépendance, chaque famille ayant sa cabane à un ou deux kilo-
où4 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
mètres de la maison la plus rapprochée; presque tous portent dans les grandes occasions des parasols d'honneur, de la forme et de la dimension des ombrelles; cet insigne témoigne à leurs yeux du degré de civilisation qu'ils ont atteint, Les Kadalo, dont les villages sont bâtis sur des rochers inexpugnables, ornés de touffes de branches en l'honneur du génie des vents, se vantent d'être les vrais aborigènes : d'après Schuver, ils ressemblent aux nègres du Nil Blane beaucoup plus que les Goumous et les Berta: ils ont de grands yeux, ce qui les distingue tout particulièrement des Goumous, qui ont de petits yeux « comme ceux des pores ». Les Sienetjo, qui se donnent pour un reste de peuple qui possédait autrefois li contrée et qui fut presque entièrement exterminé par les nègres, sont probablement les frères d'autres Sienetjo qui vivent plus à l'est parmi les populations du Damot et du Godjam'. Les Sienetjo ne sont pas noirs, ils ont la peau jaune ; sa nuance est sensiblement plus claire que celle des Européens qui s'exposent à l'influence du climat; leur figure est presque carrée, leur front très large, le crâne régulier, Très soigneux de la pureté de leur race, ils ne permettent jamais à leurs filles de se marier avee des nègres ou des Arabes. Redoutant à bon droit l'étranger, ils vivent sur des rochers inaccessibles, forteresses naturelles que les femmes escaladent journellement pour approvisionner le village, mais le sentier est soigneusement interdit aux gens d’autres races, Les Sienetjo sont les seuls Lisserands de la contrée, ce sont aussi les seuls forgerons, et c'est grâce à leur double industrie qu'ils ont réussi jusqu'à maintenant à sauvegarder leur existence au milieu de tant d’ennemis, IIS sont aussi bijoutiers habiles et font des ornements en cuivre fort élégants, mais ils ne les vendent point : ces ornements sont réservés à leurs femmes, qui tiennent beaucoup à la parure; de leur cou descendent en plusieurs rangées des colliers de verroleries.
À lorient des Goumous, les plaines parsemées de petites collines qui se prolongent vers les avant-monts du Damot et de lAgaoumeder commencent à se peupler d'immigrants Agaou ; ceux-ci arrivent dans le pays par familles isolées et s'établissent dans les elairières, à la distance de quelques
kilomètres les uns des autres, sans craindre l'hostilité des indigènes”: ils
se savent défendus par le prestige du grand empire militaire de l'Ethiopie:
si quelque tort leur était fait, il serait bientôt vengé par une guerre d'extermination. Aussi les limites de l’Abyssinie s’accroissent-elles d'année en
#4 Arnaud d'Abbadie, Douze ans dans la haute Éthiopie. 2 J.-M, Schuver, ouvrage cité.
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SIENETJO, AGAQU, GINJAR. 000
dans los année par l'immigration de nouveaux colons; d'indigènes indépendants,
mension les Goumous sont à peu près changés en tributaires. Les Ginjar ou
ilisation Gindjar, qui occupent plus au nord la région des avant-monts éthiopiens,
rochers jusque sur les frontières du Galabat, ont aussi à payer le tribut, souvent énie des mème en esclaves : ce sont des noirs mêlés d'Arabes et de Bedja, proba-
| l'ÉSSCMe blement des fugitifs. Ils se disent mahométans et parlent un arabe cor-
Berta: rompu ; tout ieur luxe consiste dans leur chevelure, nattée comme celle
les Gou- des Éthiopiens et graissée de beurre!.
etjo, qui Les montagnes de la mésopotamie des deux Nils sont occupées par des
mtrée el Uibus plus où moins mélangées de l'ancienne nation des Found) ou Fougn,
1blement qui dominait autrefois sur tout le pays de Senär. Les Found) ont presque
tions du tous perdu leur langue, en même temps qu'ils se convertissaient à l'Islam *;
u jaune cependant quelques tribus ont des dialectes spéciaux, d'ailleurs très
ions qui mélangés de mots arabes et se rattachant au groupe des langues nouba*.
rée, leur Le mahométisme n'a pas non plus évineé complètement l'ancien culte. eur race, Sur le Djebel-Goulé, que les Foundj considèrent comme leur mont sacré, sou des le voyageur Pruyssenaere à vu célébrer encore des cérémonies phalliques ers Inae- autour d'un autel d'argile et dresser une statue de bois représentant un ellement dieu‘, D'après Beltrame, leur conversion à l'Islam est si peu sérieuse, Linterdit que la plupart d'entre eux ne sont mème pas circoncis*. Hartmann, repre-
contrée, nant l'hypothèse de Bruce, croit que les Foundj sont apparentés aux
industrie Chiloùk et que toute la région comprise entre leur territoire et celui des
Lenee au Berta est habitée par des peuplades de même race, Les Hammed}, qui sont
font des maintenant très mélangés avec les Arabes; les Bouroun, que Marno dit
Ent : ces être encore anthropophages *; les fiers Ingassana, qui habitent les vallées up à la du mont Tabi et qui ont vaillamment repoussé les assauts des « Tures »,
de ver- tous ces indigènes appartiendraient à la race des Foundj". Ce nom même,
ayant le sens de « Bourgeois », indiquerait que les Found) se considéraient
ss ques comme les civilisés par excellence, en comparaison de leurs frères de
*OMMCN- rare encore barbare. Quoi qu'il en soit, les Found) étaient naguère un des pays par peuples puissants de l'Afrique : au commencement du seizième siècle, ils
quelques détruisirent le royaume d’Aloa, dont le centre se trouvait dans le voisinage
nes’: ils du confluent des deux Nils, et fondèrent un autre État, celui de Senàr, qui thiopie:
! leke, Journal of the R. Geographical Society, 1844; — G. Lejcan, Voyage aux deux Nils. : P, Trémaux, le Soudan.
RE N, Cust, Modern Languages of Africa.
* Iartmann, Die Vôlker Afrikas.
* IE Sennaar e lo Sciangällah.
“ feisen im Aeyyptischen Soudan.
? Trtinann und Barnim, Reise durch Nordost Afrika.
re d'ex-
nnéc en
subsista jusqu'au commencement de ce siècle, exerçant lhégémonie sur les populations voisines, du Soudan, de La Nubie, du Kordofin même, « tenant en échec les armées étliopiennes qui tentaient parfois de descendre de leurs plateaux. Mais des vizirs arabes avaient peu à peu conquis le pouvoir, dont ils laissaient la vaine apparence aux souverains found): des compétitions et des révoltes désorganisèrent l'État, et quand les troupes de Mohammed-Ali, en 1821, pénétrèrent dans le Senàr, elles eurent un facile triomphe, grâce à leur discipline et à leurs armes perfectionnées, Les Found} apprirent à connaître, comme victimes, la chasse méthodique aux esclaves, les fusillades, le supplice du pal et autres « bienfaits de la eiilisation » apportés par les Égyptiens.
Actuellement les Foundj désignés spécialement sous ee nom ne sont pas nombreux, el l’on en rencontre fort peu, même autour du mont Goulé, que l'on puisse considérer comme des représentants typiques de a race Les croisements multiples produits par la guerre et l'esclavage Font tellement mélangée, qu'il est très difficile de reconnaitre dans la populun les éléments qui domiiert, Les Arabes et Arabisés de toute tr +, surtout des immigrants baggära, d’industrieux Barbarins venus dans le pays pour y tenter fortune, des Nouba du Kordofän établis en colons militaires autour
des villes, ont tous contribué à modifier les populations mésopotamiennes,
Seuls les Égyptiens, soldats musulmans ou seribes coptes, n’ont eu que
peu d'influence sur la race, presque tous ayant rapidement succombé an climat. La diversité des origines et de l'apparence physique est telle, que les habitants du Senàr sont classés dans le langage ordinaire en blanes, rouges, jaunes, bleus, verts et noirs". Cependant le fond ethnique des Senäriens paraît être celui de Found. D’après la plupart des auteurs, ils présenteraient un {pe médiaire entre ceux des Nubiens, des nègres et des Galla. Ils ont la tête longue, la figure orthognathe, les traits réguliers, les ponmelles peu suillantes, le corps gracieux et agile, et comme x plupart des autres indigènes ils donnent beaucoup de soin à l’arrangement de leur chevelure, Hs sont doux, gais, hospitaliers, et pour tous les Égyptiens du Senàr le séjour en pays found}, dans le Djebel-Goulé, était prétéré à celui de tout autre district, Les infirmes sont très rares chez les Found} el chose rare parmi les populations africaines, les femmes gardent longtemps la jeunesse de leurs traits et l'élégance de leurs formes*, La della
qui consiste à se frictionner le corps, à le fumiguer de substances parlu-
* Frédérie Cailliaud, Voyage à Mércë.
# Frédérie Cuilliaud: — P, Trémaux, ouvrages cités
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FOUNDI, TAKROUR, KOUNAMA. 901
nées et à l'oindre de corps gras, est une pratique fort en usage chez les Found) et les autre: habitants policés de Ki haute Nubie', Les gens de Senir sont des chirurgiens habiles et plusieurs d'entre eux voyagent dans le bassin du Nil pour exercer leurs talents dans ce genre ? ils sont connus mème en Égypte et les fellähin donnent le nom de Senäri aux individus qui opérent les aveugles de Ta eataracte, inoculent le vaccin el traitent les membres fracturés?,
Au nord et au nord-est des Ginjar, la zone des avant-monts qui sépare les plateaux éthiopiens des steppes nubiennes est occupée par d'autres immigrants, les Takroûr où Takarir, originaires du Fôr, du Ouadaï et des contrées de FAlrique occidentale. adj revenus de ax Mecque, ils ont nléré s'arrêter en route dans ue contrée où ils trouvaient des terres à eulliver et une indépendance relative, que de retourner dans leur pays, où ils étaient certains de subir Poppression. Parfaitement acelimatés à ces régions basses, où suecomoent la plupart des Éthiopiens et des voyageurs
d'Europe, ils occupent maintenant tout le Galäbai et plusieurs des vallées
du Keuarra d'Ethiopie. Devenus autonomes, ils ont en rrème temps, comme
agricuileurs et commerçants, acquis une grande prospérité ; mais ils n'ont pas loujours jou pacifiquement de leurs conquêtes el souvent la guerre cnile éclata entre les Takroûr du Ouadaï, ceux du Fôr et les descendants des tumigrants depuis longtemps établis dans la contrée, Récemment, un grand nombre de djiberti, musulmans expulsés de PAbyssinie parce qu'ils refusaient d’abjurer leur foi, ont aceru la population des communautés lakarir et des Arabes Dabaïna.
Les Kounama, Bazèn où Baza, qui peuplent, au nombre d'environ 190000, les vallées du Mireb et du Takazzé et les plateaux intermédiaires, à l'issue des koualla d'Éthiopie, sont des « Ghangalla » ayant assez bien réussi à évier le mélange avec les Arabes ; ils ne parlent point encore la anvuc des envahisseurs du nord, et si ce n’est dans le voisinage des mar-
ces, ils n'ont point adopté la religion mahométane; mais s'ils ont pu
jusqu'à présent maintenir leur indépendance nationale, ee n’a pas été sans
dincessantes et d'impitoyables guerres : entre eux et les nomades du nord
la lutte est sans merci, et les populations de la frontière ont à veiller tou-
jours pour éviter la surprise et le massacre qui en serait Ja conséquence
lalale, Les “Kounama ont aussi à se défendre, du côté du sud, contre les Abissius du plateau : eomme leurs voisins, les Barea, dix fois moins 1 D, Trémaux, le Soudan: — Didier, Cinq cents lieues au désert.
* Luny, Annales des Voyages, mars 1858.
? Tleuglin; — Lejean; — Hausmann, Petermann's Mittheilungen, 1865, n° VIE
nombreux, qui vivent au nord-est, dans la région montueuse du faite, entre Mâreb et Barka, ils se trouvent dans un perpétuel danger d'écrasement de la part des ennemis qui les pressent des deux côtés : ici les Arabes montant de la plaine, là les Éthiopiens descendant de leurs plateaux; Munzinser
les compare au grain broyé entre deux meules". Pourtant ces populations
si menacées sont des plus intéressantes par leurs mœurs, des plus SU pi-
thiques par leurs qualités, et à certains égards les plus dignes d'imitation : entre leurs communes la paix est générale et chez eux le travailest respecté,
Quoique semblables par leurs institutions sociales el politiques, les Kounama et les Barea ne sont point de même origine et ne présentent pas le même type physique, Les Kounama, établis dans le pays depuis an temps immémorial, prétendent être des immigrants d'origine éthiopienne, et les Abyssins eux-mêmes les Liennent pour les descendants des anciens Aksonmites. [Is ont en général le teint foneé, et chez eux il n'est pas rare de rencontrer des hommes presque aussi noirs que des Nigritiens de F'Afrique occidentale, De taille bien proportionnée, forts, larges d'épaules, les Koumama sont parmi les peuples les ples sains et les plus vigoureux du continent : on ne voit point d'infirmes parmi eux, et les maladies hon- Leuses, si communes chez les Éthiopiens du plateau et chez les \raie de la plaine, n'ont point contaminé leur race; eomme les Nouër et les benka du haut Nil, ils se reposent souvent en se tenant sur un pied*, Is souffrent rarement des fièvres, si dangereuses pour les étrangers, et nombre d'entre eux atteignent un âge avancé; seulement ‘ls ont une eertaine tendance à l’'embonpoint et contrastent singulièrement à eet égard avec leurs voisins les Barea et surtout avec les Arabes. Les Kounama attribuent leur belle santé aux cicatrices dont ils se couvrent le corps et le visage, et dans lesquels ils voient des signes de beauté en même temps que l'écriture sacrée proclamant leur origine, Les Barea ont le teint plus clair que les Kounami et sont généralement moins beaux et moins forts : les aveugles sont nombreux dans leurs tribus, surtout près des bas-fonds marécageux du Barka. Tandis que presque tous les Kounama ont un air de famille, les Barea présentent une grande diversité de types et, à l'exception des femmes, ont rarement les traits réguliers. Les langues des deux peuples diffèrent aussi, quoique lune et l'autre soient classées provisoiremeat dans le groupe < hamitique* », lout en se rapprochant par certains côtés de lidiome nouba, 11 sera possible d'en fixer définitivement la place quand tous les
1 Ostafrikanische Studien.
James, Witd Tribes of the Soudan.
5 R. N. Cust, Modern Languages of Africa
dial (que ting suis pacil lang prest popu les Si K Salls pluie leurs Tous PU ou ll soil lerre domi labou le li se fai où ré cuit devan lator à S'ot in l'ofle lot alta suivr parle Wibu les di
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aile, entre sement de S Iontant Munzinser opulations US SYmpanilation :
Lrespeeté, iques, les entent pas un temps ie, el les IS \ksouis rare de + PArique , les Nou- UreUX du dies honabe. de Îa Deuka du soulfrent re d'entre ndance à PS VOISINS leur belle L et dans re sacrée Kounama ont nom Lu Barka.
les Barea mes, onl ML SUSSI, 3 groupe l'idiome
tous les
ROUNAMA, BAREA. 599
dialectes de l'Afrique nord-orientale auront été étudiés avee le même soin que l'ont été le bazena des Kounama et le nere bena des Barea par Munanger, Edlund, Halévy et Reinisch. La langue des Kounama est sans accent, ns consonnes dures : égale et douce, elle répond parfaitement au caractère pacilique de la nation. Peu nombreux sont les Kounama qui parlent une
hague étrangère à côté de a leur, tandis que les Barea connaissent
presque tous le Uugré de leurs voisins d'Ethiopie. Le riche trésor des chants
populaires et des mélodies des Kounama n'a pas encore été recueilli par les savants d'Europe.
Kounama et Barea sont agriculteurs par excellence, tous cultivent le sol ns distinction de sexe, de position où de fortune ; pendant la saison des pluies, la charrue ne se repose jamais; il n'est point de jours, comme chez leurs voisins, que l'on ait à consaerer à d’autres fêtes qu'à celle du travail. Tou: les animaux domestiques servent au labour : chameaux, ânes, taureaux el vaches sont attelés à la charrue, et si les bêtes manquent, l'homme où li femme prennent leur place. D'ailleurs il n'est pas d'indigène qui soit pré de champs; mème les domestiques et les servantes ont leur kwrre et disposent d'un nombre de jours suffisant pour la cultiver : le domaine publie, à la disposition de tous, est assez vaste pour que le hhoureur puisse choisir une nouvelle parcelle de terrain et remplacer ainsi le domaine épuisé par une eulture prolongée ; mais le rotation des champs se fait en général d'une manière assez régulière autour des cabanes éparses où résident les familles ; là où les collines omt une forte pente, on les culive en terrasses soutemues par des murs de pierre : le Bazèn ne recule devant aucun travail. Paisibles faboureurs occupés senlement de lexploilion du sol, Bazèn ni Barea ne sont groupés en villages, ils n'ont point à Soccuper de la défense de leurs foyers, si ée n'est dans le voisinage immédiat des Éthiopiens ou des Arabes. Mais là ils prennent souvent l'offensive : se groupant en petites bandes, ils vont saccager des villages lointains et disparaissent avant qu'on ait eu le temps de signaler leur allaque el que les tribus des alentours aient pu se préparer à les poursunre où à leur couper la retraite, C'est avec terreur qu'Abyssins et Bedja parlent des Bazèn et des Barea, et d'ordinaire ils les dépeignent comme des Wibus de brigands", Cette réputation leur vient de la tactique adoptée par ls deux peuplades de cultivateurs : elles attaquent pour mieux se défendre.
Cependant, il paraît positif que certains montagnards barea sont réelle-
ent de mœurs cruelles, Dans quelques districts, le jeune homme ne peut se
U Lejean ; — Samuel Baker ; — James,
marier avec honneur s'il n'a déjà coupé une tête d'homme ou de femme, en combat où par surprise !.
Si redoutés qu'ils soient de leurs voisins, les deux peuples n'ont pourtant aucun gouvernement ; ils se partagent en autant de Lr'oupes hdépendants que Le pays offre de divisions naturelles. Leur étonnante force de résistance, qui les a sauvegardés pendant tant de siècles, provient de leur esprit de solidarité : de commune à commune ils se regardent tous comme frères, Mais ils n’ont point de supérieurs. Chez les Bazèn surtout, qui ont été moins entamés que les Barea par l’ingérence des étrangers, le senti ment d'égalité est le trait dominant; à cet égard, ils ne sont peut-être dépassés dans le monde par aucune autre nation. Le nom de Barea, que les Éthiopiens ont donné aux deux groupes des Néré et des Mogoreh, signifait primitivement « esclaves », et cependant celle appellation injuricuse a été tranquillement, même fièrement acceptée : Bazèn et Barea se considèrent comme des « servileurs » de la communauté, et parmi eux personne n'aspire au titre de « maître », Dans les communes aucun individu n'exerce les fonctions de chef : pouvoir législatif et pouvoir exéeulif appartiennent également à l'assemblée des habitants, quelle que soit leur origine; dès qu'il est domicilié, l'étranger lui-même est Fégal des nalifs. Les vicillards sont écoutés avec une grande déférence, et cet généralement leur avis qui prévaut, Les explosions de colère, les interruptions violentes, les apostrophes directes sont inconnues dans ces réunions communales ; on n'échange que des discours polis; la délibération es courte el, quand une décision à été prise, l'action suit la parole, En face de la commune, la famille n'a d'autres droits que ceux des individus qui composent; elle n'a point de procès à soutenir, de disputes à venger: tout débat est porté au pied de Farbre sous lequel siègent les vieillards, Le mariage n’est pas une fête de famille, mais une cérémonie communale à laquelle toutes les familles prennent part, L'égalité est de règle dans le ménage aussi bien que dans li commune, quoique dans certains endroits la fiancée se couche en travers du seuil de la cabane et que le fiancé passe sur elle en effleurant sa joue du pied, comme pour lui annoncer qu'elle doit se soumettre d'avance à toutes les avanies, Les mœurs des Bazèn sont pures, mais l'opinion publique n'est pas sévère : les enfants qui naissent hors mariage sont accueillis par les mêmes fêtes que les autres, et comme eux ils héritent de leur oncle maternel: ear dans ce pays s'est main
tenue la coutume du matriareat, qui dans la famille subordonne le pere,
5 Josef Meuges, Petermann's Miltheilungen, 1884, n. V.
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ROUNAMA, BAREA. 961
réel où putatif, à l'oncle, représentant non douteux de la race. Dans la société kounama, peu d'actes sont considérés comme entraînant la vindicte sociale : le voleur même n'est point puni; il est simplement tenu à la restitution comme s'il avait emprunté, Le seul châtiment prononcé par la communauté est l'exil: les jeunes gens montent sur le toit du criminel
LGGARA
ai kil.
eten jettent les débris au vent; c’est pour le banni le signal du départ et jamais il ne reverra plus le lieu natal,
Munzinger à vainement cherché en pays kounama des traces de chrislanisme comme il en existe à l'est chez les Bogos, à l'ouest dans le Senàr, On ne voit point chez eux de ruines d'églises, et dans leurs idées religieuses rien ne rappelle l'influence des dogmes juifs où chrétiens, La croyance au mauvais œil, la peur des sorciers, la recherche des amüalettes, la vénération pour les alfaï ou faiseurs de pluie, le respect des vieillards, surtout des ieugles, €'est en cela que consiste la religion des Kounama, Ils ont aussi
un grand respect pour les morts et les ensevelissent avec soin, ce qui semble
impliquer la croyance à limmortalité, Mais c'est par une lente propagande
549 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
religieuse que les républiques des Bazôn et des Barea sont le plus fortement cutanées, Déjà la moitié des Barea se disent mahométans, quoiqu'ils ne mellent guère en pratique les preseriptions du Coran; de même, sur a frontière abyssine, nombre de Bazèn sont censés appartenir à l'Église
chrétienne, La masse de Ja nation à beau écarter l'étranger, ne le laissant
pénétrer dans le pays que sous Ex responsabilité personnelle d'un éiloven,
elle à beau éloigner d'elle Les marchands, voulant ignorer jusqu'à la valeur des pièces de métal, Les mœurs se modifient, et les changements politiques et sociaux se préparent : la toge éthiopienne et la chemise arabe remplacent les tabliers de peau, Même lesclavage, quoique sous une forme très bénigne, à été introduit dans le pays bazôn ; mais que l'esclave se marie où bien qu'il abandonne son maitre, 11 redevient libre de droit. Certainement les communautés du Märeb et du Takazzè auront bientôt perdu celle indépendance dont elles sont à bon droit si jalouses, et pour elles commencera une destinée nouvelle!, L'initiation sera dure sans doute, et ces populations, qui naguère encore élaient les plus heureuses de l'Afrique, auront à traverser une mer de sang pour s'unir à leurs voisins el consliluer avec eux une nation plus grande. Déjà les descriptions que James el d'autres chasseurs donnent des Kounama diffèrent beaucoup de celles de Munzinger ; mais, loin de les civiliser, leurs voisins ont rendu ces ibus plus sauvages.
A côté des Bazin et d'autres « Changalla » vivent plusieurs peuplades qui sont peut-être de même origine, mais qui se disent Wold elArab ou « Fils d'Arabes », méme celles dont le type physique témoigne avec certitude de li prédominance du sang nègre : il suffit que des chefs, descendant de familles conquérantes venues de la péninsule Arabique, aient gardé leur généalogie et leur langue pour que les peuplades elles-mêmes, quoique d'origine indigène, se disent arabes et soient fréquemment tenues pour telles D'ailleurs il existe incontestablement à l'ouest de la mer Rouge des populalions qui sont originaires de Fest et que lon sait avoir traversé la mer Rouge à une époque historique ou récente. Ainsi, dans le voisinage d'Akig, la tribu mahométane des Hôtem, bien pourvue de fusils, et chassant devant elles les indigènes armés de la lance et du bouclier”, est purement arabe, sans mélange d'autres races; récemment encore, en [N6o,
elle S'est augmentée de nouveaux immigrants venus de la edte du Yemen”:
Munzanger, Ostafrilanische Süudion.
Wütd Tribes of ie Soudan.
Munzinger, Pelermann's Mittheilungen, AST2, n° 17, : Thon uyli 1, vise in Nordost {friku.
fortement otqu'ils he ue, sur |à à l'Église le laissant ul ciloven, jusqu'a ans cments mise arabe une forme e se marie . CGertaineilot perdu pour elles us doute, H'EUSCS de US VOISINS plions que eaucoup de
rendu ces
iplades qui ) ou « fils » certitude ‘endant de eardé leur , quoique jour telles, Les populasé la mer
VOISINALe s, el chas- , est pureen SG,
à Vemen':
KOUNAMA, BAREA, HÜTEM, ZABALAT. 069
d'une rive à l'autre, les voyages sont faciles, et si les vaisseaux anglais ne surveillaient pas avec soin tous les ports, les relations entre l'Arabie elle Soudan seraient assez fréquentes pour modifier rapidement l'équilibre politique de ces régions.
Parmi les tribus vraiment arabes du Soudan, le missionnaire Beltrame mentionne les pasteurs Zabalat, la « Poignée d'Hommes », où Aboû-Djerid, ls « Pères des Palmiers », qui vivent entre le Dender et le Fleuve Bleu, en amont de Senâr : ils seraient venus du Yemen avant la conversion de leurs frères à l'islam, car ils ne sont pas mahométans et leur culte n'a point ardé de traces de pratiques musulmanes : ils sont adorateurs du feu comme l'étaient, avant Mahomet, de nombreuses tribus de l'Arabie méridionale, comme létaient aussi les Blemmyes, qui, d'après Procope, sacriaient des hommes au soleil, Leur teint est plus clair que celui des populations voisines et tire sur le rouge; d'après Lejean, ils auraient les veux bleus et des cheveux blonds et lisses; la gomme distillée par les acacias sount entre pour une grande part dans leur nourriture habituelle. Is conservent avee un soin jaloux la pureté de leur race : jamais, disentils, un des leurs n'a épousé une fille de tribus étrangères; ils ne tolèrent pas l'esclavage, parce que l'introduction de serviteurs et de servantes dans le cerele de la famille aurait pour résultat fatal de contaminer leur sang.
Race élue, » ts ont pour devoir essentiel de maintenir leur indépendance el de vivre en paix : c’est pour cela que leurs aïeux se sont éloignés du monde et qu'eux-mêmes cherchent à vivre isolés, défendus des tribus pillardes par des zones désertes. Ils reconnaissent l'existence d’un seul dieu, se manifestant par les astres, le soleil et le feu : quand ils prient, cest en regardant les étoiles, en se tournant vers le soleil à son aurore ou à son déclin, où bien en allumant un grand feu et en contemplant les hngues de Mamme qui tourbillonnent au vent, Pour eux, le feu est le grand purificateur : après avoir en'erré leurs morts, la tête tournée vers le soleil levant, ils allument un bûcher sur la tombe, comme pour entrainer l'âme du défunt dans le tournoiement lumineux. Is croient aussi à l'existence d’un démon suprême, le dieu des ténèbres, el pour conjurer ce dangereux ennemi, ils ont recours aux sacrifices. Les Zabalat sont momogames ; seulement lorsqu'une jeune fille n'a pas trouvé de mari ou qu'une femme reste veuve après un court mariage, il est d'usage qu'un de ses proches parents l'épouse ; il arrive parfois que le frère devient ainsi le mari de sa sœur. Le gouvernement de la tribu n'est autre que la coutume, et ce sont les vieillards qui lappliquent ; ce sont cux aussi qui
choisissent le chef, tantôt dans une famille, tantôt dans nne autre, sans
004 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
autre obligation que celle de trouver le « meilleur! ». Les Djalin où Agalin de la mésopotamie et des bords de FMbâra sont aussi tenus pour des Arabes et dans li contrée personne ne met en doute cette noble descene dance: Farabe qu'ils parlent est d'ailleurs beaucoup plus par que celui de toutes les autres tribus errantes de la Nubie, Entre tous les habitants du pays ils se distinguent par leur amour de l'étude, leurs instinets conmerclaux el leur zèle religieux, sans fanatisme”. Hommes et femmes, sur les bords du Nil, portent, pour se préserver du soleil, de larges chapeaux de feuillage, Plusieurs populations voisines qui se disent arabes, sans ét probablement, sont à maints égards réellement arabisées.
Les Bedja, les Blemmyes des anciens, peut-être les Bonka où Bonga, dont le nom se lit sur les inscriptions d'Aksoum?, constituent Fun des groupes ethniques représentés par le plus grand nombre de tribus; au nord et à l'ouest des Bazôn, ils occupent presque toute la région comprise entre le Nil Bleu et ies monts avancés de lÉthiopie septentrionale ; encore plus au nord, le gros de la race, qui parait avoir conservé le nom ctinique sous la forme de Bichärin, S'étend'au loin dans la basse Nubie, possédant tout l'espace compris entre la grande courbe occidentale du Nil et les bords de la mer Rouge; en outre, plusieurs tribus bedja vivent à Fouest du grand Nil, dans le Kordofän et jusque dans le For, Les « Nubiens qu'ont vus à Paris les visiteurs du dardin d'Acelimalation étaient presque tous des Bedja de Kassala et des tribus environnantes. Les peuplades méridionales, au sud de la route des caravanes, entre Berber et Souakin, n'ont avec les autres aucune cohésion nationale et même la plupart sont ennemies les unes des autres, ne mettant un terme à leurs dissensions que pour s'unir contre un envahisseur étranger : est ainsi que, lors de l'invasion turque, les tribus se liguèrent, mais leur confédération n'eut pas longue durée, et sous la domination égyptienne la race s'est éparpillée
de nouveau en une multitude de peuplades sans volonté commune. Les
Bedja, et non les Abyssins, sont probablement les « Ethiopiens » d'Héro-
dote, les peuples civilisés qui bâtirent la ville de Meroë et ses pyramides. Au moyen âge, les Bedja constituèrent également un puissant État, dont la capitale fut Moa, sur le Nil Bleu, à une vingtaine de kilometres en amont de Khartoum. A cette époque les Bedja étaient chrétiens, du moins
dans le voisinage du confluent‘, Lorsque leur ville eut été renversée par
1 Beltrame, ZL Sénnaar e lo Sciangällah.
Werner Munzinger, Ostafrikanische Studien.
Vivien de Saint-Martin, Nord de l'Afrique dans l'antiquité à Cailliaud: — Trémaux:; — Hartmann.
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les Foundj, et qu'ils reprirent le chemin des steppes, ils se convertirent aussi à la religion des pasteurs nomades. Tous les Bedja sont mahométans, mais lt plupart, comme les Bédouins de Syrie et de la péninsule Arabique, n'ont du mahométisme que le nom, si ardemment qu'ils se soient rangés parmi les parüsans du Mahdi, sous la conduite duquel ils ont retrouvé une certaine unité nationale,
be toutes les tribus bedja du sud, la plus puissante est celle des Hadendoa, qui parcourt les steppes du Taka, entre le Gach et FAbära à l'ouest ele Barka à lorient, mais dans leurs voyages de transhumance et leurs eursions de pillage ils dépassent fréquemment ces limites + d'après Munzanger, ils seraient un million d'individus, Une autre peuplade nombreuse est celle des Choukourieh ou Choukrieh, qui pait ses lroupeaux entre le Nil et PAtbâra et cultive les vallées irrigables dans les alentours de Kassala, Les Hallenga vivent dans l'étroite zone comprise entre l'Mbâra et le bac: les Hamran habitent les plaines où s'unissent Atbâra et Bahr-Settit; plus à l'ouest ec au sud-ouest, des tribus de Dabaïna parcourent les steppes où serpeute Le Rahad. Dans la mésopotamie des deux Nils le sol est disputé entre les Abou-Rôf ou Roufah, les Djalin et les Hassanieh, c'est-à-dire les « Cavaliers », les « Hommes des Chevaux », Enfin, à lorient des Hadendoa, le pourtour des plateaux avancés de l'Éthiopie, entre le Barka et la mer Rouge, presque jusqu'aux portes de Souakin, est occupé par les Beni- \ner, D'après Hartmann, les Hamran, qu'il appelle Homran, c'est-à-dire ls « Rouges », seraient apparentés aux Agaou. Néanmoins loules ces populations se disent Arabes et sont généralement considérées comme les à cause de la religion qu'elles professent, de leurs mœurs pastorales el guerrières et de la langue qui prévaut désormais. D'ailleurs est certain que l'élément arabe est fortement représenté dans ces Wibus nomades des Bedja, ainsi qu'en témoignent de nombreuses familles dont le type est absolument identique à celui d’Arabes de la péninsule aslalique ; d'après la tradition, elles descendraient de la tribu des Ouled- Abbas, dans ie Hedjaz. Dans la plus grande partie des contrées bedja, ls dialectes originaires cèdent devant la langue du Coran, mais ils subsistent encore, du moins à l'état de patois, dans le voisinage des montagnes éthiopiennes, Almqvist, qui à rédigé une grammaire générale des idiomes bedja, en reconnait quatre dialectes principaux, sans compter
LS jargons qu'aiment à parler les chasseurs", probablement sous l'empire
de la superstition, commune en beaucoup de pays, que certains mots ont
!kwtmanu, Die Vôlker Afrikas; — Alfred von Kremer, Aegypten.
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le pouvoir de fasciner les animaux. La langue originaire parlée par les Hadendoa, les Bichârin et une moitié des Beni-Amer est le « bédouin bedaouïé où bedjavi, idiome qui n'est point arabe, malgré son nom, mais qui à plusieurs égards se rapproche des parlers sémitiques".
Les Bedja, pris en masse et sans tenir compte des nombreuses variétés locales, sont parmi les Africains qui se distinguent par la beauté du visage et l'élégance des formes : la plupart des enfants sont admirables de gentillesse et de vivacité et l’on rencontre fréquemment des jeunes femmes qui sont des modèles accomplis pour la régularité des traits et Ta noblesse de l'altitude ; dans quelques familles de chefs Beni-\mer, qui se font préparer par les esclaves des mets plus choisis que ceux des nomades ordinaires, les exemples d’obésité ne sont pas rares; les nobles ont aussi pour la plupart une nuance de peau beaucoup plus claire que celle du peuple. Presque tous les Bedja sont très légers à la course, ce qu'ils attribuent à leur nourriture frugale, consistant presque uniquement en lait el en farine ; leurs bras ont une grande longueur relativement à leur taille. Les vovageurs sont frappés de la ressemblance du type entre les Bedja, les Afar, les Iin- Orma et même les Bantou de l'Afrique méridionale. Malgré leur prétention au litre d'Arabes, plusieurs tribus bedja ont conservé les modes des populations nègres pour les entailles cicatricielles et le costume ; leurs guerriers n'ont pas complètement abandonné l'usage de la cotte de mailles et quelques tribus ont loujours des armes primitives, entre autres le bäton simple ou ferré. La plupart des Bedja portent leur chevelure très épaisse, afin de se protéger ainsi contre le soleil : à la hauteur des veux ils tracent sur le crâne une raie cireulaire au-dessus de laquelle les cheveux se lèvent tout droits en une énorme brosse; de chaque côté et en arrière des touffes distinetes formant crinière, protègent les oreilles et la nuque; un grattoir, d'ordinaire une flèche de pore-épie, est planté transversalement dans la noire Loison, souvent enduite de beurre.
On dit que la plupart des Bedja, d’une intelligence très vive dans leurs jeunes années, perdent beaucoup après la puberté : ils seraient bornés dans leurs idées, têtus, vantards, grossiers, peu respectueux envers leurs parents, insoucieux du bien-être et de la sécurité de leurs hôtes. Is s'adonnent presque exclusivement à l'élève du bétail et le suivent de pâturage en pâturage, quoique l’un des campements, la tsaga, soit considéré comme la résidence officielle, La coutume défend d’y toucher : les pillards peuvent s'emparer des troupeaux, mais ils respectent les tentes. Les Hadendoa pos-
* Munzinger, Ostafrikanische Studien.
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BEDJA. 569
e par les sèdent une excellente race de chameaux, qui leur permet d'apparaître inodouin », pinément à une grande distance de leur lieu de séjour habituel et de s'enfuir D, Has emportant leur butin, avant qu'on ait eu le temps de rassembler des guer-
riers pour les poursuivre et les combattre. Les diverses tribus bedja tiennent
S variétés aussi à honneur d'élever des chevaux pour la bataille, mais en beaucoup du visage d'endroits il leur faut se contenter des petits chevaux résistants de race le gentil hmes qui blesse de préparer aires, les a plupart . Presque CUT HOourne; leurs Voyageurs , les Iinrétention des popucuerriers nailles et le bäton
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Dessin de Ronjat, d'après une photographie de M. Richard Buchta,
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Fadonnent écuries, Quelques peuplades bedja S'oceupent de la culture du sol, pour la- + en pâtu- quelle ils se servent d'instruments rudimentaires, tel qu'un bâton à pointe me la ré- charbonnée, faisant l'office de charrue. Cà et là s'est maintenu aussi un s peuvent reste d'industrie, héritage des Blemmyes. pour la fabrication des étoffes, du ndua pos- ler, des nattes, des filigranes. L'arme que préfèrent les Bedja, le sabre droit à double tranchant, est généralement de fabrication allemande, mais ils lorgent aussi de bonnes armes, glaives et poignards; leurs fourreaux
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sont en bois, recouverts de cuir et, enez les riches, ornés d'oreilles d'éléphant; les boucliers dont ils se servent sont en peau de rhinocéros ou d’autres grands animaux. Le commerce se poursuit activement dans toutes les tribus: à cet égard, les Bedja contrastent singulièrement avec leurs voisins les Bazèn ou Kounama.
Les mœurs des Bedja, surtout celles qui se rapportent au mariage et à la situation de la femme, sont encore bien différentes de celles des Arabes : entre les prescriptions du Coran et les pratiques traditionnelles d'origine diverse le contraste est complet. A certains égards, la femme est traitée avec une indicible cruauté : les parents sont obligés de faire subir à leurs filles de terribles opérations chirurgicales, sans lesquelles il faudrait renoncer à leur trouver un époux‘. Mais dans le mariage la femme n'est nullement subordonnée à l’homme. Quand il lui plait, elle peut rentrer sous la tente maternelle et c’est au mari de la suivre; après la naissance d'un enfant, elle a le droit de répudier son mari et celui-ci doit faire un présent pour être accueilli de nouveau. Qu'il se permette une insulte, une parole grossière, il est expulsé de la tente et ne peut rentrer en grâce qu'en offrant une vache ou un chameau : on cite des femmes qui se font ainsi donner tout ce que possède le mari et qui l’abandonnent après l'avoir complètement ruiné. En général les femmes bedja, surtout celles des Beni- Amer, ont un remarquable esprit de corps : dès que l’une croit avoir à se plaindre, toutes partagent sa colère. En vertu de la coutume féminine, l'épouse ne doit jamais témoigner d'affection apparente pour son époux : elle est tenue de le traiter avec mépris, de le dominer par la menace et la rigueur ; si l’homme vaquait aux affaires du ménage sans avoir consulté sa femme, l'offense serait tenue pour impardonnable. Fréquemment il faut réclamer l'intervention du garçon d'honneur, que ses fonctions d'intermédiaire ont rendu le « frère » de l’épousée et dont les conseils sont loujours écoutés avec respect. Du reste, si les maris ont à se plaindre de la domination de leurs femmes, et souvent de leurs violences, c’est à elles qu'appartient réellement la supériorité par l'amour du travail, la fierté, là conscience de la parole donnée. L'opprimé qui implore l'aide d'une femme est sûr d’avoir en elle un infatigable défenseur. Le rôle de la femme dans la société bedja rappelle évidemment un régime matriarcal. Les auteurs arabes qui parlèrent des Bedja, du dixième au quatorzième sièele, raconlent que ces peuples comptaient leurs généalogies du côté des femmes el
! Peney, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, mai et juin 1859; — Ferdinand Wern:; — Werner Munzinger, etc.
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que chez eux l'héritage passe au fils de la sœur et à celui de la fille, au préjudice des fils du mort', Les annales du royaume de Meroé, de même que celles de Senàr, témoignent du rôle considérable qui, depuis les temps de la reine Candace, appartient toujours à la femme dans la haute Nubie. Chez les Hadendoa, les femmes n'ont jamais à subir d'accusation publique: un crime est-il commis par l’une d'elles, tout le monde fait silence; la responsabilité ne peut incomber qu'aux hommes”, De toutes les tribus «arabes », celle que l'on cite d'ordinaire comme pratiquant d’une manière universelle l'étrange coutume du « quart-franc », mise en doute par un seul voyageur, d'Escayrac de Lauture *, est une peuplade bedja, les Hassanieh de la Mésopotamie nilotique et du Kordofàän. D’après cet usage, la femme ne se marie que pour un certain nombre de jours dans la semaine ; elle 5e réserve généralement chaque quatrième jour son entière liberté*.
Les Bedja ont pris facilement les mœurs arislocratiques, sous l'influence de la domination arabe. Les familles d’origine indigène ou étrangère qui font remonter leur généalogie à une longue série d’aïeux ajoutent la puissance à la noblesse et commandent à la foule du peuple qui les nourrit et vient offrir des sacrifices sur leur tombe. C’est à eux, en outre, qu'appartiennent les esclaves, captifs ou fils de captifs, que la conversion à l'Islam n'a pas encore fait entrer dans la communauté des hommes libres. Fréquemment ls nobles prennent pour épouses des filles de condition inférieure, mais jamais un homme du commun ne peut entrer par le mariage dans Ja famille d'un grand, à moins que la sainteté de sa vie, un miracle, ou quelque prédiction justifiée par l'événement, ne l'ait classé parmi les cheikh, appelés aussi fakih, et rendu ainsi l’égal des gens de race. Dans certaines régions de la haute Nubie, il existe des colonies entières composées de saints, vivant, comme les nobles, aux dépens de Ja tribu. Pour assurer leur pouvoir sur les populations errantes, les gouverneurs égyptiens avaient pris soin de s'appuyer sur les chefs politiques et religieux du pays et c’est par l'entremise des uns et des autres qu'était acquitté le tribut ; mais les lourds impôts ont fini par lasser la patience des pasteurs bedja et l'insurrection contre le pouvoir du khédive s'est propagée dans tout le Soudan oriental. On a vu récemment avec quel merveilleux cou-
1 Makrizi ; — Quatremère, Mémoires sur l'Égypte; — R. Lepsius, Brie/e aus Aegypten, etc.
* Arthur Myers, Life with the Hamran Arabs.
S Le Désert et le Soudan.
* Brun-Rollet, Le Nil Blanc et le Soudan ; — P. Trémaux. Le Soudan; — Kovalevskiy, Annales des Voyages, 4859 ; —- Petherick, Egypt, Soudan and Central Africa; — Wilson and Felkin, ete.
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