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METAMMEN. 585

lenom de sa province, est pendant la saison sèche le centre le plus actit des échanges entre les plaines des Bedja et les plateaux de l'Éthiopie ; au sud s'élèvent les fiers escarpements du Ràs el-Fil ou la « Tête de T'Éléphant ». Metammeh à succédé comme grand marché à un autre village, Kanara, situé dans le voisinage. Comparée aux groupes de cabanes des alentours, c’est presque une grande ville; avec les tokoul épars dans les environs, au milieu des champs de tabac, de cotonniers, de dourrah, elle occupe un espace d'environ 100 kilomètres carrés. Saccagée par les hordes de Théodoros, elle reprit bientôt toute son importance; de nouveau les coteaux qui bordent le Mechareh, affluent de l'Athâra, se couvrirent de huttes où les marchands entreposèrent leurs denrées : Arabes, Foundj et Bedja reprirent le chemin du marché: des maisons en briques, dont le rez-de-chaussée est empli de marchandises, entourent le champ de foire. Cinq ou six mille négociants, Arabes pour la plupart, se rencontrent à Metammeh, et plus d'un millier d'Abyssins, portefaix, coupeurs de bois, vendeurs d’hydromel, descendent de leurs montagnes pour ramasser les miettes du festin. Des crocodiles nombreux se jouent dans le courant du Mechareh, sans se laisser effrayer par la foule, mais aussi sans attaquer personne : leur vie est protégée par le cheikh du Galâbat', La plupart des résidents de Metammeh sont des Takroûr, qui donnent l'exemple du travail et de l'initiative industrielle aux populations voisines. Non seulement les Takroûr importent de l'Éthiopie des peaux, du café, du sel, de l'ivoire, quelques étoffes et des animaux de selle et de bât pour les vendre aux marchands venus du Nil, ils recueillent aussi avec soin les denrées de leur propre pays, miel, cire, tabac, maïs, gomme, encens, malières tinctoriales et pharmaceutiques *; ils vendent aux Abyssins la plus grande partie du coton dont ceux-ci ont besoin pour tisser leurs toges. Des provinces du Soudan ils reçoivent surtout des verroteries, des armes el les éeus ou talari de Marie-Thérèse qui servent exclusivement de monnaie dans l'Éthiopie septentrionale. Quant au commerce des esclaves, naguère plus actif que tous les autres. on sait qu'il a été à diverses reprises officlellement interdit, mais qu'il à toujours repris : seulement ce trafic n'a plus lieu sur la place publique; en 1N79, le produit de la vente des esclaves Séleva à plus de 500 000 franes’. Lors de la domination égyptienne, le gouverneur de Khartoum entretenait dans le Galäbat une garnison de

! Luigi Caprotti, Esploratore, maggio 1882, * Th, von Heuglin, Reisen in Nordost-Afrika.

3 Gessi, Esploratore, 1879, n° III.

2000 hommes, Actuellement, le Galäbat est devenu une principauté indé. pendante, ne payant plus de tribut ni à l'Égypte, ni à l'Éthiopie,

Doka, sur la route de Metammeh à Abou-Ahraz, au confluent du Rahad avec le Nil Bleu, est un avant-poste commercial du Galàbat, Mais dans cette région des plaines le principal marché, sinon permanent, du moins temporaire, est le soûk Aboû-Sin où « marché du Père Sin », appelé aussi Gedàref, comme la provinee dans laquelle il se trouve. Pendant la saison des pluies, le soûk Aboû-Sin n'est visité que par les nomades des alentours; mais dès que le khan est terminé, que l'Athâra et les autres rivières de la plaine sont redevenues guéables et que les marchands n'ont plus à craindre pour leurs chameaux et leurs bestiaux les piqûres de la mouche venimeuse, les caravanes arrivent de toutes parts et jusqu'à 15 000 individus se trouvent réunis sur le champ de foire. Avant la guerre, la gomme, la cire, le sel, les céréales, les bestiaux étaient les principaux articles de commerce sur le marché d’Aboü-Sin et des négociants grecs s’y mêlaient à la foule des Arabes et des Bedja. Tomat, au confluent du Seutit et de l’Atbâra, est aussi un bourg où se font quelques échanges ; Gos-Redjeb, sur la rive gauche de lAtbära, est sur la route des caravanes entre Chendi et le port de Massaouah, Des ruines signalées par Burckhardt rappellent que les marchands égyptiens passaient également dans cet endroit en se rendant de Méroé aux plages d’'Adulis.

Actuellement la ville la plus importante de la contrée est Kassala el-Louz, capitale de la province de Taka et, depuis 1840, forteresse principale de toute la région comprise entre le Nil et la mer Rouge; elle est aussi appelée Gach par les indigènes, comme le cours d’eau dont elle borde la rive droite, Après avoir été la place d'armes des Égyptiens contre l'Éthiopie, Kassala, évacuée par sa garnison musulmane, paraît destinée à servir de place avancée aux Abyssins contre les populations mahométanes de la plaine : en se substituant à l'Égypte comme puissance souveraine du Soudan, la Grande-Bretagne a fait au « roi des rois » ce don de joyeux avènement et de bon voisinage. Située à 570 mètres d'altitude et à la base occidentale d'un massif de rochers granitiques à « sept têtes » qui s'élève à plus de 500 mètres au-dessus de la plaine et de ses forêts de palmiers doum, Kassala offre un aspect saisissant, l'un des plus beaux de PAfrique. Elle aurait succédé à une ville encore plus considérable, Faki Endoa, qui s'étendait le long du torrent à plus d’une licue de distance. Dominée par un château fort dont on voit quelques vestiges sur l’une des « têtes » du rocher voisin, cette ville était la capitale de la nation des Hallenga, puissante alors, mais réduite de nos jours à de misérables groupes de pâtres el de

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