‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 132 sur 225 · KASSALA · texte numérisé non relu

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distribution des eaux dans les terres riveraines ; un pacha voulut même devenir le maître absolu de l'existence des tribus en arrètant le cours du torrent devant Kassala pour le rejeter à l'ouest vers l’Atbära et forcer ainsi les Hadendoa à venir en suppliant acheter un filet d’eau pour leurs champs. Sous la direction de l'Européen Werne, qui se prêta à cette œuvre

inique, une digue de 1613 mètres de long barra en effet le courant du Gach et le fit refluer dans les steppes occidentales; mais les Hadendoa, comprenant qu'il s'agissait de leur vie, attaquèrent la digue avec tant d'acharnement, malgré les soldats qui la défendaient, qu'ils eurent bientôt fait une brèche et que l'eau rentra dans son Hit accoutumé", Avant le soulèvement des Wibus qui obéissent au Mahdi, Kassala avait pris une grande importance comme place de transit pour l'expédition des cotons et l'on voit encore une vaste usine à égrener où des centaines d'ouvriers étaient secondés par une machine à vapeur; Kassala préparait aussi des cuirs et fabriquait des nattes et du savon, Une première tentalive faite en 1865 par le gouvernement égyplien pour faire communiquer Kassala avec Berber, Souakin, Massaouah par des lignes télégraphiques n'avait pas réussi; on perdit plus de 8000 chameaux dans cette entreprise; en 1871, un nouvel essai fut plus heureux, et l'on construisit enfin tout un réseau de télégraphes, dont les stations servaient en même temps de caravansérails aux voyageurs*. De Kassala à Massaouah on compte seize journées de marche par le chemin qui suivait, par le pays des Bogos, le télégraphe maintenant détruit. Des puits ont été ereusés à côté de chaque station entre Kassala et Aboû-\hraz5.

Dans le voisinage de Kassala se trouvent quelques villages habités par des populations sédentaires de Hallenga, de Hadendoa où de Bazèn et, pendant la saison sèche, des campements temporaires s'élablissent dans le lit desséché du Gach. À une trentaine de kilomètres à l'est, le bourg de Sabderat, dont les artisans tissent des étoffes, taillent le cuir, cousent des babouches, rappelle les atrocités du defterdar, qui massacra tous les habitants et fit dresser en cet endroit des pyramides de cadavres pour empester l'atmosphère et empêcher le repeuplement de la contrée. Au nord se succèdent les deux gros villages hadendoa de Miktinab et de Filik, qui ont de l'importance comme lieux de marché. Au sud-est, des eultivateurs bazèn, à demi convertis à l'Islam, peuplent le village d'Elit, bâti à 400 mètres au-dessus de la plaine, sur une terrasse presque inaccessible, à mihauteur d’une montagne de granit évidée au sommet en un bassin cultivé de forme quadrangulaire : la « chaudière » d’Elit est probablement un fontis, comme on en rencontre fréquemment dans les roches percées de grottes. Au nord d'Elit, déjà sur le versant du khôr Barka, le village d'Al gaden ou Algeden se compose de cabanes dispersées parmi les blocs

* Ferdinand Werne, Feldzug von Sennaar nach Taka, Basa und Beni-Amer. # Rokeby, Journal of the R. Geographical Society, 1874. 5 Penazzi, Esploratore, agosto 1882.

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KASSALA, ALGADEN, AMIDER, BERBER. 581

éboulés, sur les pentes de lx montagne de Dablot ou Doblout, dominant un immense horizon de collines et de plaines entre les deux cours d'eau, Màreb et Barka. Algaden est sur la route des Takroûr qui vont en pèlerinage à la Mecque et qui, de village en village, payent leur écot par des prédications, des prières et des amulettes'"; ils ont converti la population d'Algaden, en grande partie ‘bazèn d’origine. Dans une plaine voisine, les sens d’Algaden et de Sabderat remportèrent, vers 1870, une victoire sanglante sur une armée d'Abyssins, qui laissèrent dix mille des leurs sur le champ de carnage *, Au sud-est d'Algaden, dans le pays des Barea, entre Gach et Barka, les Égyptiens avaient fondé récemment deux stations militaires, Koufit et Amideb, La première fat abandonnée en 1875, mais Amideb était encore occupée à l'époque du soulèvement général des tribus; cest l'une des placesque l’Angleierre à par traité livrée d'avance aux Abyssins. Au delà, sur un rocher qui se dresse à lorient de la vallée de l'Anseba, Dolka fut longtemps inexpugnable pour les soldats du khédive., Dans le voisinage se voient les ruines d'une ville et d’églises chrétiennes portant des inscriptions éthiopiennes où hymiariliques*. Le bourg principal du pays des Habab est Af-Abad où Tha-Mariam, situé dans une plaine dreulaire, au pied d’une montagne esearpée percée de grottes.

En aval de Kassala, sur le Gach, et de Gos-Redjeb, sur P'Atbâra, il n'y a qu'une ville dans le bassin, Ed-Damer, située au sud du confluent dans la péninsule méridionale que forment le Nil et la bouche de l'Atbâra : là vitait la tribu des Makaberab, que Schweinfurth et Lejean croient être les Macrobiens presque légendaires de l'antiquité. Mais cette ville, qui fut jadis un marché très actif, a perdu de son importance commerciale en devenant une cilé de saints et de docteurs ; elle a des écoles jadis célèbres, foyers de propagande musulmane, mais elle n’est plus le rendez-vous des caravanes : eesl à une cinquantaine de kilomètres plus bas, sur la même rive du Nil, que se trouve le confluent commercial du grand fleuve et de ses tributaires de l'Éthiopie septentrionale. Berber, naguère capitale de province égyptienne, est le lieu d’entrepôt le plus considérable entre Khartoum et

la frontière de l'Égypte proprement dite. Ainsi nommée des populations

barâbra qui habitent cette région de la Nubie, Berber est officiellement

désignée par l'appellation d’el-Mekheïr, el-Moukheïref ou el-Mecherif, Avant

là guerre actuelle, pendant laquelle Berber à été presque entièrement dé-

truite, Ja ville se prolongeait au bord du fleuve sur un espace de plu- ‘ Muwzinger, Ostafrikanische Studien.

* losef Menges, Petermann's Miltheilungen, 1884, n° V. # Sapelo, Petermann’s Mittheilungen, 1861, n° VIN.

L . “ . “ sieurs kilomètres, dressant ses maisons blanches à terrasses entre les bou-

quets d'acacias et de palmiers, Quelques jardins entourent la ville, mais

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