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N° 84, = DONGOLA ET LA TROISIÈME CATARACTE

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D'après Gattbers

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L'une d'elles, Naft, est le lieu de naissance du Mahdi, Mohammed-Ahmed. La capitale actuelle de la Nubie, Dongola ed-Djedidé, où Dongola le Neuf, est également désignée sous le nom de Kasr-Dongola, «Château de Dongola et sous celui d'El-Ordou, « le Camp ». En effet, elle commenca par être un simple camp, établi par les mamelouks près du village de Marakah. Elle est située à 2 kilomètres à l'ouest du grand bras du Nil, au bord d'une coulée qui sert de port pendant la erue et qui n'est plus, pendant les basses eaux, qu'une mare infecte d’où s'élèvent des miasmes dangereux, Formée de maisons basses, avec cours, dépendances et jardins, Dongola est une ville très étendue, et quelques édifices, parmi lesquels une forteresse, où l’on voit les restes d’un château bâti par le naturaliste Ehrenberg, donnent à l'ensemble un aspect assez imposant; d’après Ensor, la population moyenne de la ville ne dépasse pas sept mille habitants ; mais elle est «double quand les propriétaires sont revenus de leurs champs des alentours, Dongola étonne les voyageurs venus du nord, qui sont accoutumés aux maisons à terrasses : il voient des toits inelinés, révélant aussitôt le changement de elimat, le passage de la zone des sécheresses à celle des pluies périodiques d'été ; ils remarquent aussi l’œuvre incessante des termites, ces insectes ignorés des riverains du bas Nil, qui travaillent à la destruction de la cité et qui forcent les habitants à un travail continu de réparation. Avant la guerre, qui a fait de Dongola pendant des mois rune des citadelles les plus exposées de l'empire égyptien, cette ville faisait un assez erand commerce, et son port était souvent rempli de barques de dimensions à peine inférieures à celles des dhahabiyé, mais ayant une voile carrée au lieu de la voile latine des bateaux employés en aval des cataractes. \u-dessous de Dongola, le Nil se bifurque pour embrasser Pile Argo, la plus grande de toutes celles de la Nubie et lune des plus belles par ses coleaux boisés, ses cultures, ses villages cachés sous le feuillage, ses roues de akieh, que les bœufs font tourner lentement, à l'ombre des sycomores, \rvo fut, il y a des milliers d'années, un des centres de Ja civilisation

égyptienne dans les régions nubiennes : là se trouvait, aux temps de la trer-

ième dynastie, une puissante colonie d'Égvptiens. On y voit encore de

puissants débris qui datent de cette époque, notamment deux masses quidrangulaires, servant de tombeaux, un superbe colosse de Sookhotpou IV, des restes de sculptures, du style le plus noble et gravés partiellement dhiéroglvphes, ont été découverts dans cette île! ; deux colonnes de granit gris,

inachevées et gisant sur le sol, ont été probablement renversées par des

t Cailliaud, Lepsius, ouvrages etéss — 6, Maspero, Notes manuscriles.

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ÎLE D'ARGO, OUÂDI-KAB, SOLIB. 457

vunqueurs avant d'avoir pu témoigner de la gloire du souverain qui les

avait fait dresser par son peuple d'esclaves". Lors de la conquête du pays

par les Tures, Argo constituait un royaume distinet.

\ l'ouest de Dongola, une chaîne d’une dizaine d'oasis, accompagnant le Nil à distance, s'aligne du sud au nord : c'est le Ouädi-Kab. D'après Russegger, Il faudrait y voir un ancien cours du Nil, continuant celui qui empruulait la dépression actuelle du Ouädi-Mokkatam. Limité à droite et à gauche par de faibles hauteurs se succédant comme des berges, le Kab resemble en effet à un lit fluvial et va déboucher dans la vallée du Nil en amont de la cataracte de Hannek. On pense qu'il se trouve à un niveau plus bas que celui du Nil actuel : c'est par infiltration des eaux du fleuve que s'expliqueraient les nombreuses sources et nappes de fond que possède le ouâdi. Des pâturages, des broussailles, des bouquets de dattiers et d'autres arbres font de cette dépression une chaîne d'oasis où pourraient vivre de nombreux habitants; pourtant elle n'est que visitée périodiquement par des nomades Kababich, qui viennent y paître leurs troupeaux et 4 recueillir des dattes et du bois, qu'ils vendent à Dongola pour la construction des cabanes et des sakieh. Plus au nord se trouvent d’autres oasis de moindre grandeur, Celle de Selimeh, où passe la route des caravanes, entre Assouân et le Darfour, n'avait aucune population fixe à une époque récente, quoiqu'elle ait de bonne eau et que des bouquets de palmiers abritent ses fontaines. Lors du voyage de Browne, à la fin du siècle dernier, elle n'aurait eu que des pâturages; mais Cailliaud, en 1822, y vit des tamaris et quelques centaines de palmiers, qui avaient été probablement plantés depuis peu. Les Anglais auraient, dit-on, le projet de bâtir un fortin et de maintenir une garnison permanente dans l'oasis de Selimel pour commander la route du Darfour et tenir en respect les populations voisines dans la vallée du Nil,

Le chemin ordinaire du fleuve à oasis de Selimeh part du village de Noleb, en aval de la troisième cataracte. Les ruines d'un temple, Fun des plus vastes et des plus beaux que Fart égyptien ait laissés en Nubie, dominent les maisons du village : les colonnes restées debout sont d'une élégance qui rappelle éelle des temples grecs; mais les sculptures et les inscriptions, en l'honneur d'Amenemha HE, sont peu nombreuses et l'inrieur de Pédifice n’est qu'un chaos de décombres, Plus loin, sur la rive droite, se montrent les piliers sculptés du temple d’Amarah, entouré de datliers, qui produisent les fruits les plus estimés de toute la Nubie.

!lloskins, Travels in Ethiopia.

C'est là que commence la région de défilés et de rapides appelée li

« Ventre des Pierres » par les Arabes : les falaises se rapprochent d: part

et d'autre ; cependant la culture ne cesse pas au bord du fleuve, Là où la berge d'alluvions n’a qu'un ou deux mètres de large, on sème d'ordinaire des haricots ou des lentilles; la bordure de terre cultivable estelle moins étroite, on en fait un champ de dourrah ; plus large encore, elle porte quelques daltiers, sous lesquels s'abrite une cabane, Des murailles d'anciens camps retranchés et des tours de châteaux forts se dressent sur les crêtes des rochers voisins. Témoins d’un régime féodal qui ressemblait à celui de l'Europe, les manoirs de la Nubie différent à peine de ceux du Rhin; seulement murs erénélés et donjons du Botn el-Hagar sont bâtis en briques crues, et les parois, légèrement inelinées, ont plus de largeur à la base qu'au sommet; toutes les tours sont coniques*, Une des sourees thermales qui jaillissent dans ces gorges au bord du Nilest très fréquentée par les malades des environs, mais seulement pendant la saison des basses eaux, car la plage de la source est recouverte par les inondations, Plusieurs fontaines sourdent ainsi dans le sable; toutefois on peut se demander si plusieurs d’entre elles ne sont pas des filets d'eau qui reviennent au feux après s'être infiltrés dans la terre pendant les crues.

A Semné, l’un des rares villages situés dans le « Ventre des Pierres ; deux forteresses égyptiennes de la douzième dynastie se regardent du haut de leurs coteaux, de l’une à l'autre rive du fleuve, Lors des inondations, le large Hit du Nil est entièrement rempli par les eaux; mais pendant la période des maigres les roches de granit, noires et luisantes, percées de trous, coupées de failles sombres, occupent presque tout l'espace compris entre les deux berges : il ne reste plus qu'un chenal étroit, d'environ trente mètres de large, où une masse liquide de plusieurs centaines de mètres par seconde s'enfuit en éeumant : nulle part le Nil n'offre un aspect plus grandiose, Semné est le lieu fameux où Lepsius découvrit de nombreuses inscriptions taillées dans le roe, qui donnent la hauteur des crues nilotiques pendant le règne d'Amenemha HE et témoignent d'un changement considérable du niveau fluvial depuis quarante siècles. Du reste, mème à un niveau qui dépasse de beaucoup celui des inondations at temps des Pharaons, on remarque des labyrinthes de rochers polis absolument semblables à ceux que lave le courant actuel du Nil: là ausst past

jadis le grand courant. En face du village d'Emka, la roche est rayée par

‘ Sidney Ensor, Journey through Nubia to Darfoor. ? Georges Pouchet, Dongolah et la Nubie,

BOTN EL-HAGAR, SEMNÉ, 459

appelée le

une ligne horizontale plus foncée, que M, Pouchet croit être la limite pri-

hent de part mitive des hautes eaux du Nil. Près de Ià s'ouvre le Ouâdi-Sarras, où

euve, Là où 4

s'arrète actuellement (ESS4) le chemin de fer contournant les cataractes.

eme d'ordi- Ouâdi-Halfà où la « Vallée des Joncs » est située sur la rive droite,

able est-elle

à 2 kilomètres en aval du dernier rapide de la « deuxième » cataracte :

encore, elle quelques champs, un rideau de dattiers croissant dans le sable pur en-

es murailles bourent les hameaux du village, qui a pris une grande importance com-

dressent sur merciale et militaire comme lieu de débarquement pour les denrées et | ressenblai À comme point de départ des caravanes, En outre, Ouàdi-Halfà a pris un rôle : de ceux du 1 administratif, comme chef-lieu du district de la frontière, la limite offisont bätis eu delle de PÉgypte et de la Nubie ayant été portée de la première à la largeur à la deuxième cataracte, Les Anglais y ont établi leur principal dépôt d'approdes soureis À visionnements en Nubie et dès 1875 les Égyptiens en avaient fait le terfréquentée  minus septentrional d'un chemin de fer qui contourne les cataractes, et in des basses 1 qui doit atteindre prochainement Dongola; un pont sera construit près 1, Plusieurs à de Solib, à Koyeh, en aval de la troisième cataracte, pour gagner la cademander si | pitale de La Nubie par le désert occidental. Pour remonter les rapides nt au feux | de Ouàdi-Halfà, les Anglais ont employé des bateaux de construction spéà ciale dont 11s ont confié la direction à des matelots canadiens et iroquois, es Pierres : 4 habitués à franchir les « sauts » des rivières du Canada. Des pagayeurs ent du haut 1 iroquois sur les cataractes du Nil, est-il un fait qui prouve mieux combien inondations, 4 k vapeur a réduit les dimensions de la planète? ais pendant # Naguère Ouàdi-Halfà était moins peuplée que Derr, village de la rive tes, percées droite dont les maisons sont éparses au milieu de bois de palmiers, dans espace con h région la plus fertile de la Nubie, connue sous le nom de Bostan ou iroit, d'en- 1 «Jardin ». Pour le trafic, Ouàdialfà était aussi moins importante rs centaines É que la station de Korosko, située sur une plage de la rive droite, à l'exil n'offre un ; trémité septentrionale de la route de caravanes qui évite la grande courbe découvrit de 1 du Nil nubien, Entre OuàdiHalfà et Derr, le fleuve passe au pied de deux

hauteur des temples qui sont parmi les merveilles de Part égyptien : ee sont les monu-

ignent d'un ments d'Ibsamboul, plus communément, mais à tort, désignés sous le

siècles, Du

nom d'Aboû-Simbel, L'un et autre sont creusés dans le grès rouge ferrugi-

mdations au

neux de montagnes qui se dressent au-dessus de la rive gauche. Entre les

s polis ahso- deux rochers s'épanche une cataracte de sable jaune, amenée par le vent

‘ s | dssd , ù PUUASEES des déserts de Libye et formant au devant de chaque temple un talus gran-

St raxée par 4

disant : à diverses reprises il a fallu déblayer l'entrée des portes et les À slatues, Le temple méridional où grand temple, élevé en l'honneur Æ d\nmon-Ra, le dieu solaire, est en entier taillé dans le roc. Au devant

de la porte siègent quatre colosses de 20 mètres de hauteur, représentant

160 NOUVELLE GÉOGRAPHIE DNIVERSELLE,

Ramsès D, à la figure impassible et superbes mais de une des statu gantesques, décapitée par un voyageur anglus, ne resté plus que Li) Lie inférieure; tous les colosses sont couverts d'inseriptionss le res phénicien ont même trouvé place au milieu de ces hiérogliphes Du l'intérieur du rocher se succèdent trois grandes salles et douze plus peut dont les parois sont revétues de tableaux Wérogliphiques el de seutptir aux couleurs encore éclatantes une des compositions, qui ne comprend pas moins de onze cents figures, reproduit lt bataille de Kadeeh, score principale de Fiade égyptienne; presque toutes les autres sculptures rip pellent également la gloire de Ramsès, le vainqueur des Tittites, Kurt pla fond d'une salle sont parlutement ligurées diverses espèces d'antan qu'on ne voit plus dans li Nubie, mais seulement dans le Kordoln et le Senär!, Le petit temple, consacré à la déesse Hathor, a six colonnes de dix mètres de hauteur devant sa façade etquatre de ces masses énormes re. présentent encore Ramses Ti deux statues, lt deuxieme et lt einquieme, reproduisent les traits de Nofreart, Lace Beauté Divine 2, et les entints sont placés entre les genoux des deux époux.

Après les sanetuaires grandioses d'Aboû-Kimbel combien d'autres temples se succèdent jusqu'à première cataracte Les archéologues er ont décrit quatorze, sans compter les grottes funéraires, les pylônes et les tours. On dépasse le temple de Kaboua, presque enfout dans Le sable, puis les débris de la ville antique de Mahendi, donton voit encore les galeries passant en forme de tunnels sous les maisons? on voit ensuite les ruines romaines de Maharrakah, dressées sur un promontoire d'où la vue Sétend au loin; Dakkeh, aux deux pylônes gigantesques; Garf Hossain, noire cie verne tullée dans le roc caleure, refuge de chauves-souris, comme toustes édifices abandonnés de l'ancienne Euvpte. \u delà se montrent des débris d'un autre temple superbe blé par Ramsès IE celui de Kalabehei, où l'on a trouvé une inseriplion grecque racontant les victoires du rot nubien Nilco sur les Blemmyes; près de RS'ouvre le fameux spéos ou réduit funéraire de Beit ekOualli, dont les sculptures, figurant des” processions triomphales, des assauts, des scènes de cour et de batailles, ont été plus que d'autres popularisées par li gravure quoique ternies par les moulases,

les couleurs des peintures de Bet ekOualli sont encore très brillantes, Le

détilé de l'Égypte üurné vers li Nubie est précédé de temples el de

nécropoles formant comme une longue avenue de tombeaux. Les h\pogées

1 Russegger, Reisen in Europa, Asien unl Afrihu. # Héron, Notes manuscriles.

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OUÂDI-HALEX, ABOT-SIMBEL

sont plus nombreux que les demeures habitées et l'on

COLOSSES D'IBSAMBOUE.

Uéliogravure Dujardin, d'après une photographie de M D, Heron,

y compterail

peut-être moins d'hommes vivants que de dieux burinés dans les parois

des temples ou sculptés dans le granit.

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