‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 161 sur 225 · DEUXIÈME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME

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HISTOIRE, POPULATION DE L'ÉGYPTE, ait

inconnu : aux ouvrages d'Hérodote et des géographes grecs s'ajoutaient des documents plus précieux encore, les « tables » et des papyrus écrits depuis quarante sièeles par les Égyptiens eux-mêmes, Grâce aux fouilles de Marielle, continuées maintenant par M, Maspero, grâce aux lectures de Lepsius, de Birch, de Chabas, d'Emmanuel de Rougé, de Dümichen et de ant d'autres égyptologues, l'histoire de l'ancienne terre du Nil se reconsitue peu à peu ; on apprend à connaitre dans sa vie intime, dans sa morale profonde, dans son âme pour ainsi dire, ce peuple auquel nous devons une si grande part de notre héritage d'idées. Quoi qu'on en dise, les changements ont été considérables depuis les temps représentés sur les monu ments les plus anciens, Ilest vrai que le type des figures et les physionomies peuvent se retrouver chez maint descendant des Rétou; des modes même ont persisté, sinon chez les Égyptiens, du moins chez les Nubiens, qu'ilsavaient assujettis; le genre de culture ne s'est point modifié, du moins pour les villageois, et, comme autrefois, «la température toujours uniforme de l'Égypte » y fait, comme l'a dit Bossuet, « les esprits solides et constants». Mais les évènements de l'histoire ne pouvaient s'accomplir sans avoir leur contre-oup dans les populations égyptiennes: les immigrants de loute race ont modifié complètement la civilisation urbaine ; après avoir enseigné les nations voisines, l'Égypte a dû être enseignée à son tour : Romains, Byzantins, Arabes, peuples d'Europe, sont devenus ses maitres. ILest possible que l'Égypte soit moins peuplée qu'elle ne le fut à l'époque de sa plus grande puissance ; mais les bourgs et les villages ont toujours été nombreux sur les bords du Nil : ils se touchent le long des rives comme au temps d'Hérodote, Comparativement à la surface du sol cultivable, l'Égypte est une des contrées du monde où la population a le plus de densité, En effet, la véritable Égypte se compose uniquement des terrains bas qui peuvent être soumis à l'action des eaux : les espaces picrreux ou ableux qui s'étendent en dehors de la vallée fluviale font partie de la Libye où de « l'Arabie ». L'étroite bordure du «fil d'or » et de ses « franges » dans le delta, voilà tout le pays des fellàhin; par delà ces limites, quelques oasis à l'ouest, et dans les montagnes de l'est des fonds de pâturages, sont les seuls lieux habitables © : le triangle du delta et la vallée sinueuse du fleuve, qu'un piéton traverse facilement en quelques

' Superficie et population de l'Égypte en 1882 : Superticie officielle : 955 275 kilomètres carrés ; 6 806 400 habitants ; 7 hab. par kil, carré,

» de la vallée et du delta, avec fleuve, canaux et lacs, d'après Amici : 35 259 kil. carrés. Superficie du sol habitable de l'Égypte : 29 400 hab. Population probable, 6 900 000 hab, Pop. kil, 254 » » de la Belgique 29455 » » Ù 5 600 000 » » » 4190

heures, pourvu qu'il trouve un bateau pour franchir le Mi, c'est Hi tout 1 pays, ainsi qu'Amrou Pécrivait au ealile Omar 5 Un aride désert 60 un campagne magnifique entre deux remparts de montagnes, voilà l'Égy] le Officiellement l'Égypte aurait une superficie de près d'un million de kilo: mètres carrés, sans ÿ comprendre les possessions asiatiques d'outrescanal, mais en y ajoutant toute la région nilotique entre Assouän et Ouädiiit Pour cet immense espace, la population de 6800000 habitants, recensés en NS2, serait bien faible, moindre que ne Fest, en proportion du terrie toire, celle de la péninsule Seandinaves mais l'Égypte habitable, compo rable pour li forme à un cerf-volant triangulaire, muni d'une longue queue sinueuse, n'a pas même 90000 kilomètres carrés, ee qui donne à la contrée une densité de population triple de celle de la France, supérieure méme à celle de la Belgique et de la Saxe.

L'Égypte c'est le Nil, et son nom mème est celui que portait autrefois le fleuve, L'appellation a plus ancienne de Ha contrée, celle de Ken ou Kemi, ou « Noire », lui vient aussi indirectement du Nil, puisqu'elle est due à la couleur des alluvions à reflets violacés que dépose le courant et qui contrastent avec la « Rouge », c'est-ü-dire avec les sables et le: r0chers du désert : le nom de Kam où Cham, attribué dans la Genèse aux peuples africains, n'est probablement autre chose que la désignation méme de l'Égypte’. De cette glèbe noire, formée du limon fluvial, naissent les plantes nourricières; l'homme même en serait issu, répètent les anciennes légendes. Toutes les villes, tous les villages de P'Égypte se succèdent K long du fleuve et de ses canaux, dépendant pour leur existence de ses eaux viviliantes, Récemment, les communications de la haute à la basse

Egypte ne pouvaient se faire que par la voie du Nil, d'ailleurs très pro-

pice à une bonne navigation, puisque les barques le remontent ou le descendent avec une égale facilité, soit poussées vers lamont par le vent du nord, qui domine pendant presque toute l'année, soit entrainées vers l'aval par la force du courant, Les naufrages ou les arrêts prolongés sont à craindre surtout aux brusques tournants et par le travers des ravins, d'où soufflent des vents irréguliers, transversalement à la direction du fleuve.

De part et d'autre, d'Assouân au Caire, les rives du Nil sont dominées soil par des versants de montagnes, soit par des rebords de plateaux, dont

l'élévation varie de 50 à 350 mètres : de ces hauteurs on voit à ses pieds

! Brugsch, Geographie des alten Ægypten.

* Alb. Réville, Revue des Deux Mondes, 15 juin 1870

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