FAUNE, POPULATIONS DE L'ÉGYPTE
M. Maspero en à vu un certain nombre à Saqgqarah. La cause de cette rareté du searabée dans la haute Égypte doit être attribuée peut-être au trop grand espace de cultures qui sépare en maints endroits la plage du il et la lisière du désert; en Nubie, la distance qu'ont à parcourir les scarabées en roulant leur précieux fardeau est d'ordinaire beaucoup moindre", Des mères coptes pendent souvent au cou de leur enfant malade un chiffon où une coquille de noix renfermant un scarabée vivant?,
Les Égyptiens actuels, descendants des Rétou, ressemblent beaucoup à leurs ancètres, quoique depuis quatre mille ans bien des éléments étrangers se soient mêlés aux habitants originaires, du moins dans le delta et dans la moyenne Égypte : le type primitif se retrouve partout malgré le mélange des sangs. Les Coptes surtout doivent être considérés comme relativement purs : on leur donne encore le nom de « Peuple de Faroûn », c'est-à-dire de « Pharaon »°, Ilest vrai que sous le régime des Ptolémées, et plus tard à l’époque romaine, ils ont dû se mêler diversement à leurs voisins des bords de la Méditerranée ; mais depuis qu'ils ont été conquis par les mahométans, il y a plus de douze siècles, la haine religieuse à tenu es chrétiens à l'écart de leurs envahisseurs, et le type spécial s'est mieux maintenu que chez les autres Égyptiens. Ils sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le croyait naguère : d'après le patriarche d'Alexandrie, consulté à cet égard par Vansleb en 1671, il n°y aurait eu à cette époque que dix où au plus quinze mille Coptes'; récemment, on les évaluait à 150 000, et pourtant le recensement de 1882 en compta plus de 400000, soit la quinzième partie de la population ; les Coples ont, plus que tous les autres éléments {niques de la contrée, le droit de se dire Égyptiens. Leur non même, Loptes où Koubt, parait n'être qu'une corruption de l'ancien nom de Memphis, Hä-ka Ptah, « demeure de Ptah », dont les Grecs ont fait le mot Aïguptos, appliqué à la fois au fleuve et à la contrée; toutelois celte ay pellation de Coptes est aussi déri"ée 7 nom de Gouft ou Coptos, ville où ls sont encore fort nombreux : la destruction de la cité chrétienne par Dicelétien est le point de départ de l'ère coptique. Les Coptes habitent surtout la haute Égypte autour d’Assiout, la « capitale copte », et le
1 Amelia Edwards, À thousand miles up the Nie.
- l'runer, Arankheiten des Orierts.
5 Rudolph Kleinpaul, Die Panabiné.
* Nouvelle relation d'un voyaÿe fait en Égypte.
‘ Volney, Voyage en Syrie et en d'oyypte; — Brugsch, Alte Geographie von Ægypten
o0% NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,
Fayoum, où ils possèdent des villages entiers ; en certains endroits ik ont pris pour demeures des couvents à demi fortifiés, des der ou deir, dont tous les premiers habitants étaient voués au célibat. Dans ces régions éloignées de la capitale et situées partiellement en dehors du chemin des conquérants, ils ont pu garder leurs mœurs et la foi monophysite qu'ils avaient reçue de Byzance comme les Éthiopiens; au nord d'Assiout, dans la vallée du Nil, on ne les rencontre que dans les villes, comme artisans, changeurs et petits employés; grâce à la tolérance religieuse, il profitent maintenant du droit de s'établir dans toutes les parties de l'Égypte; mais aucun d'eux n’a jamais rempli de rôle politique, comme les Turcs, les Arméniens et même les Juifs. Avant qu'ils fussent assimilés aux musulmans pour tous les droits civils, les empiètements de lIslum étaient continuels, principalement par les mariages. La plupart des Coptes étant circoncis, conformément à l'ancienne coutume égyptienne, bien antérieure à Mahomet, sont accueillis comme musulmans dès qu'ils entrent à la mosquée. Le costume ne diffère plus : la couleur du turban chez les hommes, celle du voile chez les femmes, tels étaient les signes qui distinguaient un Copte d'un felläh mahométan, et souvent le Copte affectait d'enrouler autour de sa tête le turban blanc et de se vêtir comme les autres paysans pour accroître sa dignité, Ils ont actuellement 120 églises dans les diverses provinces; mais, en de nombreux distriets où l'on ne voit plus de Coptes, des ruines d’édifices religieux témoignent que la population élait encore chrétienne il y a quelques sièeles, Maintenant le nombre de ces indigènes s'accroit régulièrement par l'excédent des naissances sur les décès, car les Coptes, qui se marient en général plus tardivement que les autres Égyptiens, respectent plus les liens de la famille et soignen mieux leurs enfants.
Mais si la religion de Mahomet n’a pas triomphé de celle du Christ, l'idiome des Arabes a fini par l'emporter en Égypte : cette langue copte. qui a permis de déchiffrer les hiéroglyphes, en reconstituant l'égyptien des Pharaons, dont elle ne diffère que très peu, n'est plus parlée nulle part. La plupart des Coptes n'apprennent leur ancienne langue que pour réciter des prières dont ils ne comprennent pas toujours le sens'; même des livres religieux sont écrits en langue arabe, Le copte possède aussi son alphabet, composé de lettres grecques, auxquelles ont été joints quelques signes empruntés aux formes eursives de l'ancienne écriture nationale. Le premier document écrit de la langue copte date du milieu du troisième
Lenormant, Histoire ancienne de l'Orient.
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COPTES. d09
diième siècle, le copte était encore parlé
TYPE ÉGYPTIEN, == DAS-NELIEF DÉCORANT UN TOMBEAU DE CHEIRI ABD EL-GOURNAI, À TUÈDES.
Héliogravure Dujardin, d'après une photographie de M, D, Héron
communément par tous les Égyptiens, à l'exception des conquérants ?,
Depuis le dix-septième siècle,
‘Alfred von Kremer, Ægypten.
l'arabe est l'idiome général dans toute
l'Égypte; mais un grand nombre de mots égyptiens sont encore usités dans
le langage du pays. D'anciennes pratiques, certainement bien antérieures à l'invasion des religions étrangères, se sont maintenues chez les Coptes. C'est ainsi qu'ils construisent leurs tombes en forme de maisons, et que chaque famille se réunit une fois par an dans le mausolée pour un repas funéraire. Un des noms de baptême que l'on donne fréquemment est celui de Menas, qui rappelle Mena où Menès, le fondateur vrai où prétendu de la première dynastie égyptienne.
Les « laboureurs » où fellähin appartiennent comme les Coptes à la race indigène, plus où moins modifiée par les croisements : ceux d'entre eux qui vivent en dehors des grandes villes, le Caire et Alexandrie, se ‘sinent Je nom d'Aoulad-Masr, c’est-à-dire « enfants de Masr » où
eypliens ». Comme leurs ancètres, Coptes et fellähin ont en général la uiie moyenne, de 1,60 à 1,62, le corps souple, les membres adroits et forts. Leur tête est d'un bel ovale, le front large, le nez régulier, arrondi à l'extrémité, les narines dilatées, les lèvres fortes, mais d'un beau dessin, de grands yeux noirs et veloutés, dont là paupière est légèrement relevée vers l'extérieur, La plupart des enfants sont malingres et moroses ; ils ont l'œil terne, la peau blafarde, le ventre ballonné; mais ceux d’entre eux qui résistent au carreau el aux autres maladies deviennent beaux et forts : on s'étonne que de superbes jeunes gens, d'admirables filles, aient pu grandir dans les cabanes boueuses des villages', Très fréquemment on rencontre des hommes d'üne véritable beauté, rappelant les traits des sphinx, et la plupart des jeunes femmes sont d'une figure agréable, d’une tournure élégante et fière; 11 n'est pas de tableau plus charmant que celui d’une jeune mère portant son enfant nu à califourehon sur une épaule. Dans la campagne, les femmes ne se voilent pas le visage aussi strictement que dans les villes; presque toutes se peignent les lèvres en bleu foncé et se tatouent une fleur sur le menton; il en est qui s'ornent de la mème manière le front et d'autres parties du corps; en outre, celles qui ne sont pas tombées dans l'extrême pauvreté portent des diadèmes et des colliers de perles vraies ou fausses, de sequins ou de disques dorés: toute la fortune de la famille sert à les embellir, Le fellh n'a, pour ainsi dire, d'autre besoin que ce superflu dont il fait présent à l'épouse; sa demeure n'est qu'une hutte en terre, un amas de mottes enlevées au sillon ; il n'a d'autre vêtement qu'un caleçon, une chemise de coton bleu et le tarbouch ou la calotte de feutre; quelques galettes de dourrah, auxquelles le
! Luey Duff Gordon, Letters from Egypt.
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