HABITANTS DE L'ÉGYPTE
riche ajoute des fèves, des lentilles, des oignons, des pastèques, une ou
deux dattes, suffisent à le nourrir, aime la paix par-dessus tout, el dans
aucun pays du monde on ne voyait, sous le régime de la conscription,
mulilés TX OÙ Man-
d'exemples plus fréquents de s ES LL chots. IL est généralement bon, naïf, gai, serviable, aussi hospitalier que sa misère lui permet de l'être; S'ilcherche à se servir contre ses oppresseurs des armes du faible, le mensonge et la ruse, il n'y réussit guère : ses peliles machinations sont faciles à deviner et lui valent souvent un redoublement de brutalité chez ses maitres. Le Copte est d'ordinaire plus savamment rusé que le fellàh musulman : e'est qu'il a eu non seulement à souffrir de la misère comme PÉgyptien musulman, il a eu en outre à se faire petit pour éviter la persécution : de crainte d'être dépouillé de tout, il a dû cacher son petit avoir; if lui à fallu ramasser dans la boue la pitanec jetée avec mépris, épargner avaricieusement lout le produit du travail, de la ruse ou de la mendieité, Ceux des Coptes qui ont quelque éducation montrent d'ordinaire un vrai talent pour le caleul et le maniement des capitaux : ce sont les dignes fils de ces anciens Rétou dont on à découvert les livres de compte et les manuels d’arithmétique, avec problèmes des
fractions, règles de société, équations du premier degré". Sous le gouvernement des mamelouks, l'administration des finances était entièrement entre les mains des Coptes; grâce à un système de comptabilité spéciale, ils avaient rendu leurs livres incompréhensibles à tous, st bien que le monopole de ce travail devait leur être laissé. Mais l'introduction des méthodes occidentales pour la tenue des livres et surtout l'immigration, de plus en plus active, des catholiques syriens, non moins souples et non moins intrigants que lei Coptes, mais plus instruits et connaissant les classiques arabes, ont ravi les hautes positions administratives aux chréliens natifs. Les positions inférieures de caleulateurs et de scribes sont loujours réservées aux Coptes : l'ensemble de la bureaucratie égyptienne
comprend beaucoup plus de chrétiens que de musulmans”,
L'élément sémitique est fortement représenté dans la population
égvptienne, même depuis les temps antérieurs à lt conquête arabe, Ainsi,
d'après Mariette, les indigènes qui visent sur les rivages méridionaux du | le Menzaleh seraient peut-être les descendants directs et à peine mélangés | de ces « gens de race ignoble », les Hyksos, qui envahirent l'Égypte il y a |
plus de quarante siècles : leur type serait exactement celui des statues
! Papyrus Rhind du Musée Britannique: — À, Eisenlohr, Ein mathematisches Handbuch der allen Ægypter.
# Mackenzie Wallace, Egypt and the Egyplian Question.
d08 NOUVELLE GÉOGRAPITE UNIVERSELLE.
royales et des têtes de sphinx découvertes à San, l'ancienne Tanis, au mi- laine de
lieu des alluvions du lac', Ces fils d’Asiatiques peuplent les bourgades de d'exempl
Menzaleh, Matarich, Salkieh et les hameaux voisins, Grands, puissammen
musclés, ils ont la figure très large, comparativement à leur crâne arrondi,
le nez gros, les pommettes saillantes, l'angle facial très ouvert, le front
élevé, le regard et le sourire intelligents. D'après Bayard Taylor, les des
cendants des Hyksos seraient aussi très nombreux dans le Fayoum.
Ce sont les musulmans arabes et syriens venus à la suite d'Amrou qui
donnèrent à la population égyptienne la part la plus considérable de sing
sémilique. Nans doute ces Arabes ne se sont maintenus à l'état pur dans
aucune ville de Egypte, mais eux et ceux qui leur succédèrent furent assez
nombreux pour modifier profondément là race indigène, surtout dans les
villes, où tous les musulmans qui ne sont nt Tures ni Cireassiens sont dé-
signés uniformément sous le nom général d’Arabes, Sur les côtes de la
mer Rouge, des tribus arabes récemment immigrées, telles que les Abs,
les Aouâsim, les Irênat, vivent de la pèche et du commerce de cabotage*,
Dans les campagnes, sur les confins du désert, mainte tribu de Bédouins, pag ,
les Ahl el-Wabar ou « Hommes des Tentes », s’est conservée fièrement et
Lace sa généalogie jusqu'aux conquérants. Parfois, il est vrai, Ari
prendra femme dans la famille d’un felläh, mais ilne lui donnera jamais sa
lilie: à demi nomade entre les champs cultivés et le désert, 1 méprise le
malheureux laboureur, toujours courbé sur le sillon; qu'il abandonne lui-
méme la vie errante et, pour les Bédouins nomades, il ne sera plus qu'un
felläh comme les autres®; mais d'ordinaire il ne séjourne dans le village
des champs que pendant une partie de l'année, et retourne dans le désert
dès que la récolte est faite : le genre de vie plus que la race distingue les
populations *, Toutefois, même après s'être établis comme colons résidents,
les fils des nomades jouissent de grands privilèges pendant des généra-
tions : ils sont dispensés de la conscription et de la corvée. Du reste, les Bé-
douins de l'Égypte ne sont point indépendants : séparés en deux groupes
distincts par la vallée du Nil, ceux du désert «arabique », de même que ceux
des oasis libyennes, occupent des espaces faciles à bloquer de toutes parts,
et se trouvent sous la dépendance complète de leurs voisins pour le com-
meree et les approvisionnements, En outre, ils sont divisés en une einquan-
! Mariette, Revue Archéologique, 1S61: Édouard Naville, Journal de Genéve, 22 juin FS82 Couvidon, Hinéraire du Canal de Suez.
? Klunzinger, Bilder aus Oberägypten der Wüste und dem Rothem Meere.
1 Ar » Du Bois-Avmé, Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte; — Jomard, Desertp-
lendre la
biques »
les ancier tion de l'Egypte. 0
# Mackenzie Wallace, ouvrage cité. nemis hé
UT 1S Sd e le luilun lave Éserl les His, ér'a- | Bepes CUX arts, om-