JYPES ET COSTUMES, — ARABES DU CAIRE
Dessin de E
Ronjat, d'apres une photographie de M. Sebah,
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POPULATION DE L'ÉGYPTE, ù
qu'ils observent soigneusement les règles de l'hygiène, Mème la mortalité sur les nouveau-nés européens est moindre que sur les indigènes, qui ne peuvent, pour la plupart, donner les soins nécessaires à leurs enfants, à cause de leur pauvreté !; cependant la colonie étrangère, où les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes”, ne s'accroît que par l'immigration et non par un excédent de naissances sur les morts. Actuellement l'élément européen est représenté en Égypte, du moins dans Alexandrie et au Caire, par une colonie beaucoup plus considérable que celle des Turcs. En 1882 elle dépassait 90 000 personnes ; elle deviendra bien plus forte, maintenant que le pays se trouve sous le protectorat d'une puissance occidentale, Ce sont les Européens, et non les Tures, qui sont les véritables maîtres, par l'intelligence, par la force et l'argent. A cette immigration des maitres, arrivés du Nord, correspond celle des serviteurs, les Barâbra où Barbarins, venus du Sud : ce sont les « Auvergnats du Caire »°, Les figures de Nubiens sculptées sur les monuments anciens de l'Égypte prouvent que cette immigration dure depuis des sièeles*, Enfin, ces tribus hindoues auxquelles les Espagnols et les Anglais ont donné le nom de Gitanos et de Gypsies, c'est-à-dire « Égyptiens », ne manquent point sur les bords du Nil : ce sont les Ghagar. Chez ces peuplades errantes, les hornmes se font maquignons, élameurs, danseurs de corde, montreurs de singes, maréchaux ferrants, diseurs de bonne aventure : c'est également parmi eux que se recrutent les tatoueurs et les tatoueuses, les psylles ou charmeurs de serpents, de même que les derviches tonrneurs, considérés d'ordinaire, mais bien à tort, comme de fervents disciples de Mahomet. Quoique ayant le type asiatique et ces yeux sauvages et percants qui distinvuent les Bohémiens, tous se donnent d’ailleurs comme de purs Arabes et prétendent avoir émigré d’abord vers l'Afrique occidentale, d’où ils
! Mortalité des enfants jusqu'à dix ans, en 1878 :
Européens : 39,97 p. 100 ; indigènes : 55,59 p. 100.
(Essai de statistique générale de l'Égypte ; Bonola, Esploratore, 1879.) *? Européens d'Égypte, d'après le recensement de 1882 :
49054 hommes ; 41 852 femmes % Edmond About, Ahmed le Fellah.
4 Population de l'Égypte d’après le dénombrement du 3 mai 1882, non compris l'oasis de Siouah, la péninsule de Sinaï et Madian :
Sédentaires. . . . . . 6469 716 Musulmans... , . . . 6 001 625 Nomades, , . . . . . 9245 779 | Coptes , . . . . 108 905 Étrangers. . . . . . . 1 886 £Ù Catholiques . . . 57 589
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Ensemble, . . , . . . 6 806 581 i: Lure à iibit 7 | Arméniens grecs. . 1627
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seraient revenus depuis des siècles, La tribu la plus « noble » des Ghagar
se désigne même par le nom de Barmécides : c'est la peuplade que l'on connait d'ordinaire par l'appellation de Ghawâzi! et dans laquelle se recrutent surtout les almées où awalim, c'est-d-dire les « savantes », Faut-il voir dans ce nom de Ghawâzi l'origine du mot Gabachos où Gavaches qui l'on applique en Espagne et dans le midi de la F aux Gilanos, de mème qu'à tous les immigrants méprisés?
La nombreuse population de l'Égypte, presque triplée depuis le commen cement du siècle” et s'aceroissant en moyenne de 0 000 personnes par an, témoigne en faveur de la salubrité du pays”. Surtout dans la haute Égypte, où l'air n'est pas empli d'émanations humides, le climat est fort sain, malgré l'ardeur de la température ; il est encore meilleur dans le désert, ainsi que le prouvèrent les statistiques médicales, lors des travaux, pourtant si pénibles, entrepris pour Le percement du canal de Suez, L'Égypte est même visitée en hiver par un certain nombre d'Européens abusés qui viennent y chercher le rétablissement de leur santé, surtout pour les maladies de poitrine; mais il ne paraît pas que le séjour dans l'une on l'autre des grandes villes, Alexandrie et le Caire, où des trombes de poussière tourhillonnent sans cesse dans les rues, soit b' noisi pour le trailement de ces affections; au contraire, la phtisie tt sur les immigrants du haut Nil et fait chaque année an grand nombre de victimes, mème parmi les indigènes® ; au Caire, le septième de la mortalité est dû à des maladies de poitrine; dans les hôpitaux militaires on a vu jusqu'à un licrs des morts causées par la tuberculose; mais certaines maladies des voies respiratoires, telles que le eatarrhe, n'ont pas l'occasion de naitre et de se développer sur les Européens, Les affections que ceux-ei ont le plus à redouter sont la dysenterie et, dans certaines parties du della, les fièvres paludéennes, Les hépatites, presque inconnues chez les mahométans, qui s'abstiennent de spirilueux, « poison spécifique du foie », sont très communes chez les Européens à cause de leur genre de vie”.
Les principales maladies des indigènes sont celles qui proviennent de la misère : la peste, jadis si terrible, et qui en 1834 et en 1855 fit péri 45000 personnes à Alexandrie, 75 000 au Caire, a cessé de sévir sur les
Bavle StJuhn, Village Life in Egypt; — Alfred von Kremer, ouvrage cité, Population de l'Égypte en 1800, sous l'oceupation française, à 8 personnes par maison : 603 700 maisons, soit 2 514 400 habitants, (Félix Mengin, Histoire de l'Égyp'e.) # Mortalité moyenne : de 26 à 27 par 1000 habitants. # Wernich; —Schnepp; — Pruner-bey.
5 Wernich, Geographische medicinische Studien.
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