C. Perron
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Farama, sur les bords du golfe de Péluse, en utilisant peut-être des
coupures faites par Darius et par des Ptolémées; mais Omar, craignant,
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dit-on, que les Grecs ne prolilassent de cette communication pour attaquer
les pèlerins de la Mecque, refusa l'autorisation demandée, Le canal restauré
par Amrou ne dura pas longlemps : eent trente-trois ans après, il fut
lermé par l'ordre du calife Aboù Djafar el-Mansour pour empêcher un
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rebelle de recevoir des approvisionnements, Depuis cette époque jusqu'aux
temps modernes, pendant près de onze siècles, le lent travail de là nature s'est attaqué à l'œuvre des hommes : maisons, écluses, barrages ont disparu; des fosses ont ëté comblées par les alluvions et les sables, tandis que des mares se sont creusées à Ja place des berges; la forme du littoral a changé sur les lacs et sur les golfes, mais il reste encore de nombreux vestiges des conslruclions antérieures, égyptiennes, romaines el arabes; en quelques endroits, notamment près de Suez, les digues, construites en pierres d’une telle dureté que les Arabes les prennent pour des roches naturelles, s'élèvent jusqu'à 6 mètres au-dessus de Ja plaine", C'est probablement à un barrage dont on voit encore les restes que le seuil du Gisr doit son nom arabe, qui signifie « Digue ».
Pendant que les sables et les boues oblitéraient les œuvres des Pharrons et des Ptolémées, de Trajan et d'Amrou, les sultans de Constantinople, devenus maitres de l'Égypte, projetèrent souvent de recommencer le travail de leurs prédécesseurs; mais le projet de restauration du canal ne pril corps qu'avec l'expédition française : une plétade d'hommes débarquait «lors en Égypte, pleine du désir d'accomplir de grandes choses, et l'une des plus grandes lui parut être celle d'unir les deux mers, Lepère et d'autres savants se mirent aussitôt à l’œuvre pour niveler la surface de l'isthme et reconnaitre d'une manière précise les conditions dans lesquelles l'œuvre pourrait être allaquéc. Malheureusement, les résultats de l'exploration furent entachés d'une fâcheuse erreur, Lepère erut avoir trouvé que le niveau de la mer Rouge dépassait de 9 mètres #08, soit près de 10 mètres, le niveau de la Méditerranée, et, sous l'influence de cette forte méprise, il se laissa entrainer à partager l'illusion des anciens, qui craignaient pour les terres basses du littoral méditerranéen le débordement des eaux de la mer Rouge par la voie qui leur serait ouverte. Il renonça done à proposer le creusement d'un canal maritime direct, quoiqu'il reconnût le grand avantage qu'il y aurait pour le comnierce du monde à réunir les deux mers par une fosse profonde non assujettie aux allernatives des crues et décroissements du Nil’. Reprenant le plan des Pharaons, il proposait la construclion d'un canal de # à 5 mètres de profondeur, se dirigeant du Caire à Suez par quatre biefs étagés, deux remplis de l’eau douce du Nit, et deux de l'eau salée de la mer Rouge ; en outre, ce canal devait être complété par ane voie navigable creusée de la tête du delta au port d'Alexandrie, Utilisable ‘aulement pour les barques du Nil, le canal projeté par Lepère n'aurail
t Linant de Bellefonds, ouvrage cité; — Ferdinand de Lesseps, Percement de l'isthme de Suez.
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pu servir au trafie de mer à mer que pendant les hautes eaux du fleuve.
Le séjour des Français en Égypte fut trop court pour que l'œuvre pût êlre commencée, mais l'idée de séparer l'Afrique et l'Asie par un nouveau Bosphore ne devait plus être abandonnée, elle devint même le dogme d’une religion nouvelle, les Saint-Simoniens l'ayant introduite dans leur apostolat : dès 189%», ils en parlaient dans leurs journaux, et, quand plusieurs d'entre eux durent quitter la France, l'étude du canal de Suez fut une des raisons principales qui les firent se diriger vers l'Orient, Plus tard, quand la religion saint-simonienne eut cessé d'exister, mais que la plupart de ses anciens adeptes furent devenus des hommes puissants dans le monde de l'industrie, c'est parmi eux que l'idée du percement eut ses plus zélés défenseurs, Enfin l'opinion devint assez pressante pour qu'il fût nécessaire de procéder à un nouveau nivellement, contrôlant celui de Lepère, que de nombreux savants, entre autres Laplace et Fourier, avaient toujours tenu pour erroné". En 1847, une société européenne d'études se constitua, et sous Ja direction des ingénieurs Linant, Talabot, Bourdaloue, le sol de l'isthme fut mivelé, de Suez à Péluse, cette fois d’une mamière définitive : désormais le fait était mis hors de doute que, sauf les inégalités causées par les marées et surélevant en moyenne le niveau du golfe de Suez, les eaux n'offrent qu'une faible différence dans les deux mers*; les opérations du « nivellement Bourdaloue » furent contrôlées encore en 1855, en 1855 eLen 1896,et le résultat fut chaque fois presque identique.
Il semblait qu'après la démonstration de ce fait st important de géographie physique il ne restàt qu'à procéder au creusement du canal direct; cependant le premier projet, que présenta Fun des collaborateurs dans l’enreprise du nivellement, M. Paulin Talabot, demandait la construction d'un canal de Suez à Alexandrie par le Caire. Ce projet, qui à été repris récemment par quelques ingénieurs anglais, en opposition à l'entreprise actuelle du canal”, prévoyait la construction de biefs et d'écluses pour S'élever de part et d'autre au niveau du Nil en amont de la bifurcalion ; en
outre, il aurait fallu aménager des portes de flot pour résister aux inonda-
1 Ferd, de Lesseps, Percement de l'isthne de Suez. Exposition el documents, 2 série, 1856,
? Méditerranée à Tineh, sur le golfe de Péluse :
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Hattos MAONOOS ES 6 660 4 à DER 6 40) 0",38 Mer Rouge à Suez :
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5 John Fowler and Benjamin Baker, À sweel-water ship-canal through Egypt, Nineleenth Cenlury, n° T1, Jan, 1885.
EN
532 NOUVELLE GÉOGRAPIRE UNIVERSELLE,
lions fluviales et jeter un pont de halage sur le Nil, entre les deux moitiés du canal, pour le remorquage des navires d'une rive à l'autre. An point de vue de la navigation, linfériorité de ce canal de la basse Égypte, CON paré à celui de listhme, creusé sans écluses et près de trois fois plus court, est de toute évidence; mais utilité première de ce canal, long d'environ 400 kilomètres, devait consistér dans Pirrigation du delta, Or,
les intérèts de la navigation et ceux de Pirrigation étant tout différents et
N° Qi, — PROJET D'UN CANAL D'EAU DOUCE, DE SUEZ A ALEXANDRIE,
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190 kil,
même opposés, puisque les bateliers demandent le bas niveau pour leur canal, tandis que les agriculteurs ont avantage à tracer le Hit de leur rivière arUlicielle à la plus grande hauteur possible, il serait mauvais de cons uire un canal à double fin 2 ilest probable que si les terres riveraines du della sont jamais enfermées d'un fossé cireulaire, ce canal ne sera ulilisé que pour l'irrigation et le tralie local,
Enfin le firman qui concéda le percement du canal direet de mer à mer fut signé en [N5#, Le souverain qui signa l'acte de concession ne croyait pas à la possibilité de l'œuvre, et, même parmi les ingénieurs
employés à la grande œuvre, plusieurs manquaient de la conviction qui
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