‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 225 · PLATEAUX, FLEUVES DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

PLATEAUX, FLEUVES DE L'AFRIQUE

au qui font face à ceux de l'Espagne, l'ensemble du continent libyen peut le être comparé à un plan qui s'incline dans le sens du nord-ouest. 10S La forme rudimentaire qui caractérise l’ensemble du continent se el retrouve dans sa ramure hydrographique. Les fleuves de l'Afrique, engagés de en grande partie dans l'épaisseur du plateau, ont pour la plupart un cours au irrégulier et comme inachevé : ils sont coupés de rapides et de chutes ; A leurs vallées sont étroites et souvent se réduisent à de simples cluses. Méme ceux qui ont une grande abondance d'eau sont, toute proportion “TE gardée, moins accessibles aux embareations que les rivières des autres ° Jus continents : à cet égard, le contraste est complet entre les deux parties du de, monde que l’on compare le plus souvent l’une à l’autre, l'Afrique et l'AméirO- rique du sud, car dans cette moitié du Nouveau Monde les estuaires sont sde des golfes et les puissants cours d'eau qui s'y jettent sont largement ouverts “iles jusqu'au pied des Andes. La faible longueur relative des courants navi- Lee gables est certainement l’une des raisons qui ont contribué, avec la rareté AUS des îles côtières, le manque de ports et l’immensité des déserts, à détourst ner de l'Afrique l: mouvement général des nations commerçantes. Les trois igne fleuves principaux par la longueur de leur cours, le Congo, le Dhiôli-ba mer ou Niger et le Nil, sont coupés par des cataractes et des rapides qui dé- l on fendent l'accès de contrées populeuses dont la ramure fluviale s'étend sur ne des centaines de millions d'hectares. Le Congo et le Nil, naissant dans Ï à du la région des hauts plateaux où la pente est encore indécise, traversent Gite dans leur partie supérieure de grands lacs qu’une vague tradition reprédual sentait naguère comme une mer intérieure ayant une immense superficie. | nent Au seizième siècle, les explorateurs portugais avaient quelque idée de ce 1 sé régime hydrographique; ils dessinaient au centre de l'Afrique de grands { qué bassins lacustres'; mais en traçant les contours de ces lacs s’appuyaient-ils { US sur des renseignements positifs, comme le croient noiñbre d'auteurs, ou | ot le bien se bornaient-ils simpleraent, ce qui semble probable, à copier des { ee cartes anciennes*? Quoi qu'il en soit, les Portugais, obéissant peut-être à bte ces idées mystiques sur l’origine commune des grands fleuves qui préva- J dl laient en Chine, dans l'Inde, dans la Chaldée, croyaient à l'existence d’une ; dés seule source ou de fontaines entremêlées pour le Nil, le Congo et même 4 os. le Zambézi; mais on admettait aussi que les eaux traversaient de vastes k qui régions en souterrain; une carte italienne gravée au milieu du quinzième É ane siècle représente un Nil à trois têtes séparé par un grand espace des 1 Luciano Cordeiro, l'Hydrographie africaine au seisième siècle, k # Wauters, Bulletin de la Société belge de Géographie, 1878. & à +

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effluents de la fontaine mère’. D'ailleurs, ce même Nil traverse le continent du nord au sud : au petit delta d'Égypte correspond un delta beaucoup plus considérable de l'Afrique méridionale.

Les explorateurs modernes, en parcourant le pays même, se sont également laissé influencer par ces idées traditionnelles : c’est ainsi que Speke traçait le cours de quatre rivières s’échappant de diverses parties du Nyanza pour former le Nil, et que Stanley donnait le Tanganyka pour source à deux effluents, l’un descendant au nord vers le Nil, l’autre coulant à l’ouest vers le Congo. Toutefois, si le grand fleuve qui descend à la Méditerranée et celui qui roule vers l'Atlantique ne sont point épanchés par le

N° 2, — HNYDAROGRAPHIE DE L'AFRIQUE, D'APRÈS LES GÉOGRAPIIES DU MOYEN AGE.

mème bassin, du moins une grande partie du seuil de partage n'offret-elle qu'une faibie saillie entre les deux versants, et de légères oscillations du sol suffiraient pour changer la direction de maint tributaire. Peut-être même existe-t-il sur le faite de quelques bassins des lacs ou des marécages à double déversoir.

La forme inachevée des Peuves de l'Afrique centrale, les cascades qui en interrompent le cours, les réservoirs lacustres parsemés sur les plateaux donnent une certaine ressemblance aux régions centrales du continent libyen et aux terres du nord telles que la Scandinavie, Mais on comprend que dans les contrées boréales, encore recouvertes de glaces à une époque géologique récente, le double travail d'érosion et de colmalage accompli par les rivières soit à peine commencé, Au milieu de

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FLEUVES DE L'AFRIQUE. 9 l'Afrique, les phénomènes du climat ne sauraient se comparer à ceux de la péninsule Seandinave, et quoique certains indices permettent de croire à l'existence d’une ancienne période glaciaire, même dans la zone tropicale', les longs âges écoulés depuis cette époque doivent avoir effacé

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