‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 24 sur 225 · EXPLORATION DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

EXPLORATION DE L'AFRIQUE

La plus grande partie du littoral africain est annexée déjà comme terriloire de conquète à des États européens et chaque nouvelle exploration dans l'intérieur permet aux soldats, aux employés, aux collecteurs d'impôt, de pénétrer plus avant. Le commerce s'accroit d'année en année ; un pays, l'Égypte, fait à lui seul plus d'échanges annuels que tout le continent à l'époque de la génération précédente", Des routes se construisent des bords de la mer vers les plateaux de l'intérieur, pour faciliter les expéditions futures, et même des lignes de chemins de fer, se rattachant à quelques ports du littoral, se glissent dans les ravins, gravissent les escarpements et pointent vers le centre du continent, où ils se croiscront un jour, À ces premiers tronçons qui partent des côtes égyptiennes, de Tunis et de l'Algérie, du Sénégal, du Cap et de Natal, s'en ajouteront bientôt d'autres, comparables à des tranchées que des assiégeants ereusent autour d'une place forte, L'Afrique est comme une grande citadelle assiégée et les deux cents millions d'hommes qui en forment la garnison, partagée en d'innombrables groupes sans unité, inconnus les uns aux autres, sont condamnés d'avance à ouvrir leurs portes, c'est-à-dire à recevoir les Européens parmi eux, en vainqueurs ou en patrons. C'est aux maitres de la mer et du littoral que doit échoir inévitablement la possession de l'intérieur, Dût même, par un retour de fortune, l'un des États du centre de l'Afrique reconquérir pour un temps des régions de la côte, sa qualité de puissance souveraine le forcerait aussitôt d'entrer en accommodement pour la protection de son lit- Loral avec quelque nation maritime d'Europe, et cette alliance même faciliterait l'entrée de son territoire, Quoique non encore complètement découverte, l'Afrique n’en est pas moins déjà, au point de vue politique, une simple dépendance de l'Europe : en ouvrant le canal de Suez elen complétant ainsi le blocus de l'Afrique, on l'a doublement séparée de PAsie, C'est au tour des Européens d'initier les peuples d'Afrique à une civilisation nouvelle, de rendre aux noirs, sous une autre forme, celle culture qu'ils ont eux-mêmes reçue des riverains du Nil.

1 Commerce extérieur de l'Afrique en 1860 : 945025 000 francs. (Raveustein, fntroduction to Travels and Rescarches by Lewis Krapf.)

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