ORIGINES DU NIL
dans la direction normale du nord-est, Stanley a pénétré dans la vallée de ee haut Nilen aval de son confluent avec l'émissaire de lAkanyarou, appelé aussi, avant d'avoir été visité, « lac Alexandra ». À l'endroit où Stanley explora le fleuve, celui-ci traverse plusieurs laes et reçoit les affluents d'autres bassins lacustres parsemés dans les dépressions; sa profondeur moyenne est de 15 mètres, et des papyrus le bordent en une haute muraille cachant entièrement l'horizon. Speke et Grant, qui virent les premiers le haut Nil, le traversèrent beaucoup plus bas, en aval de la cascade de Morongo, à une ou deux journées de marche de son entrée dans le lac. Le Tangouré est une puissante rivière, s'élalant sur un espace de plusieurs kilomètres à droite et à gauche pendant la saison des pluies ; elle rappela au voyageur Grant le Hougly, entre Chandernagor et Caleutta. A l'endroit où Speke la franchit, en janvier 1862, c'est-à-dire à l'époque des eaux basses, sa largeur était seulement de To mètres, mais elle ressemblait à un canal ouvert entre les murs de roseaux ; l'eau était trop profonde pour qu'il fût possible aux bateliers d'employer des gafles : ils étaient obliués de ramer. Le courant du Nil d’Alexandra est très rapide, d'au moins 6 kilomètres à l'heure : c'est à grand’peine que les embarcations peuvent le remonter, À son embouchure, S'ouvrant en forme d'estuaire, il a plus de 150 mètres de large et sa profondeur varie de 25 à 40 mètres ; cependant la vitesse de ses eaux est toujours considérable, et l'on voit se prolonger à plusieurs kilomètres de distance la ligne de démareation entre le flot du Nil, « couleur de fer sombre », et les eaux bleues du lac'. Les indigènes ont une grande vénération pour leur fleuve, et Speke eut à diseuter longtemps avec les passeurs qui voulaient le forcer à se déchausser dans le bateau : ils craignaient que la conduite peu respectueuse de l'étranger n'amenât une ealastrophe; ils ne permirent pas non plus à Grant de jeter la sonde dans l'eau sacrée?, Un des noms que les riverains donnent à la rivière justifie l'hypothèse qui en fait la branche maitresse du Nil : d'après Stanley, ils appellent la « mère » du « Courant des Pierres », désignant par ee dernier nom l'émissaire de sortie, dans l'Ou-Ganda, A l'angle nord-oceidental du lac, se déverse une autre rivière abondante, la Katonga, qui naîl à l'ouest, dans le voisinage du lae M'woutan-Nzigé; son cours dépasse 200 kilomètres, mais il est certain que sa masse liquide est inférieure à celle du Tangouré, à
Le «N'yanza » par excellence ou lac d'Ou-Kerewé, qui reçoit ces affluents
# Stanley, Trough the dark continent.
> Journal of the Geographical Society, 1876: — Speke, Discovery of the source of the Nile.
et d'où s'épanche le grand Nil, estle plus vaste bassin lacustre du continent africain : d'après la carte provisoire de Stanley, que remplacera bientôt une œuvre plus longuement étudiée de Mackay*, ec lac n’est dépassé en superficie dans le monde entier que par le lac Supérieur du Dominion*; le Michigan et le Huron sont l’un et l'autre moins étendus de quelques milliers de kilomètres carrés. Même l’Aral, généralement désigné sous le nom de « mer », aussi bien à cause de ses grandes dimensions que pour la salure de ses eaux, ne recouvre pas une surface aussi considérable que celle du N'yanza. Et ce n’est pas seulement par la surface qu’elle oceupe sur la rondeur terrestre, c'est aussi par sa profondeur que la mer intérieure d'Afrique peut se comparer aux principales cavités laeustres des continents : dans le voisinage immédiat de la côte orientale, et non loin d'îles et d'ilots, la sonde n'a trouvé le fond qu'à 177 mètres. Il est probable que dans les parages du milieu, loin de tous les rivages, la profondeur est plus considérable : s'il en est ainsi, le N’yanza serait, parmi les mers d’eau douce, celle dont la masse liquide est la plus forte. L'altitude de la nappe d’eau a élé'diversement évaluée par les explorateurs, suivant les indications de leurs instruments : la hauteur de 1200 mètres au-dessus du niveau de la mer est provisoirement adoptée comme très rapprochée de la vérilé5, Speke, qui découvrit la mer intérieure de l'Afrique, lui donna, suivant l'habitude anglaise, le nom de sa souveraine : lac Victoria ou Victoria N'yanza. Chaque peuplade des alentours la désigne par une appellation différente ; pour les Souäheli du littoral de l'océan Indien, c’est le Bahart ya Pila ou la « Seconde Mer » ; en outre, l'histoire mentionne beaucoup d'autres noms qui se rapportaient évidemment à celle nappe lacustre des plateaux. Son appellation de Kerèwé lui vient de la plus grande île des eôtes méridionales, Ou-Kerèwé, que sépare de la terre ferme un simple fossé de quelques mètres de largeur, le détroit de Rougechi, presque entièrement
1 Proceedings of the Gecgraphical Society, may 18K4.
# Superficie des principaux lacs du monde :
Kilomètres carrés, Kilomètres carrés, Supérieur... . . . . 85 000 FUTONE ES Et pou à mm 4e 61 340 N'yanva . . . RNCS 66 500 Michigan. . . , . + . , 99 072 Mon d'Amls 4-0 Pos C'ÜED RMS ant DEDSAND 5 Alutude du Nyanza, d'après les divers explorateurs : D'après Speke, en 1858, 4... , . . . 1140 mètres,
» Dr... OMESO de us. v Liu 1008 »
» Stanley, en 1875... 0 4. . . . 1937 »
» Sinith, en 1876, , 0... . , .. 1158 »
n Pearson, en 1879, , . . . . . . 1251 »
» Wilkon et Felkin, en ASS, . . . . 1993 pp
Mackay, en SNS... . . 1006 »
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ORIGINES DU NIL, N'YANZA. Dh]
ontinent
; obstrué par des papyrus et autres plantes aquatiques ; mais, d'après Wilson, ntôl une
on désignerait généralement le lac sous le nom de N’yanza, la « mer Inté- 1 super-
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rieure » par excellence. Au sud de l’île Ou-Kerèwé, un golfe s'enfonce prolondément dans les terres : Stanley lui a donné le nom de Speke, son devancier dans l'exploration de l'Afrique centrale. D'énormes crocodiles
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