CATARACTES DU NIL
plus méridionale, dite la « sixième », entre Khartoum et la bouche de l'Atbâra, ne mériterait guère ce nom sur des fleuves comme ceux du Canada ou des rivières comme celles de la Scandinavie, contrées dont les vallées, jeunes encore, ont gardé leurs brusques ressauts, malgré lincessante érosion du flot, Cette cataracte de Garri est plutôt un rapide formé par l'étranglement du Nilentre des rochers de granit; mais il suffit pour arrèter la navigation pendant la plus grande partie de l'année. Lorsqu'un chemin de fer, destiné à devenir le débouché commercial de tout le bassin du haut Nil, rattachera au littoral de la mer Rouge le confluent de l'Atbära et du Nil, cette voie ferrée devra être prolongée en amont jusqu'à la cataracte de Garri pour que le trafic puisse se faire sans interruption. La « cinquième » cataracte, à laquelle font suite les rapides de Geracheb, de Mogrât et d'autres encore, entre Berber et Aboñ-Hämed, n'est un obstacle que pendant la période des maigres; mais plus bas se succèdent des barrages naturels plus éievés. La plupart des voyageurs qui traversent li Nubie entre le Soudan et l'Égypte suivent la voie de terre d'Aboû-Hämed à Korosko, non seulement à cause du vaste détour semicireulaire que le Nil déerit vers l'ouest dans cette partie de son cours, mais aussi parce que trois séries de cataractes en interrompent le lit, Un de ces groupes de rapides, connu sous le nom de « quatrième » cataracte, est assez long et se divise en plusieurs gradins comme une éeluse étagée. D'abord une roche élevée, l'île Doulga, portant les ruines d'une forteresse, divise le courant; puis d'autres blocs de granit montrent leurs pointes au-dessus de l'eau, mais sans arrêter la navigation; des îles, des banes de sable succèdent à ce premier barrage: d'autres rochers viennent ensuite, partageant le fleuve en canaux inelinés, et le défilé se termine, près de Gerendid, par une sorte de portail formé par deux rochers ayant chacun son débris de forteresse, Là, point d'arbres, comme à la cinquième cataracte où comme à la troisième, située en aval de Dongola le Neuf; pas une zone de verdure sur là rive qui adoucisse un peu laustère gravité du paysage : on ne voit que l'eau, la roche, le sable et le ciel, En aval, on voit se dresser la table du mont Barkal.
La « troisième » cataracte comprend, comme les autres, plusieurs chutes partielles, au-dessous d'un ancien lac semé de grandes îles, dans lequel s’étalent largement les eaux du fleuve, ayant une douzaine de kilomètres entre les deux rives. Au premier barrage de granit, celui de Hannek, ainsi nommé d'an château nubien de la rive gauche, l'eau du
courant, divisée en mille canaux écumeux, offre une assez forte déni-
vellation : là des rochers noirâtres, formés d'amphibole et de feldspath,
86 NOUVELLE GÉOGRAPITE UNIVERSELLE,
s'élèvent à T ou NS mètres au-dessus des basses eaux; les embarcations ne se hasardent point entre les brèches de ee mur inégal qui barre le fleuve; seulement, près de la rive orientale, s'ouvre un canal de fuite, par lequel deux barques pourraient passer de front, À l'entrée de la cataracte, quel-
NOUS, — CATANACTE DE HANNEK,
iapres de Gottberz GC. l'erron 1: 50 000
D 1 kil.
ques arbres festonnés de plantes grimpantes ombragent en voûtes épaisses des écueils évités avec Soin, à cause des serpents venimeux qui les habitent. Plus bas, d'autres îles sont éparses au milieu du fleuve, contrastant par leur verdure avee les noirs écucils®. La longueur totale des rapides de Hannek est de 6470 mètres, et la différence de niveau entre les deux points
1 Frédérie Cuilliaud, Foyage à Meroë. au Fleuve Blane, ete. — KE. de Gottberg, Des Cataracles du Nil,
elfe
mo
roc pen er ten
on
ma)
tions ne e fleuve; ar lequel te, quel-
erron
S épaisses habitent.
tant par ss de Han- Ux points
s, Des Cala-
CATARACTEN DE ONIL, #7
extrèmes est de 2,50 en temps d'étiage, de 3,20 pendant l'inondation ; on voit done que la chute est relativement minime, environ d'un quinze-cenième; dans la plupart des autres cataractes, la déelivité n'est pas plus forte, En aval de Hañnek, le Nil tourne brusquement à Fest pour se reporter, non moins soudainement, dans la direction du nord, vers le seuil de Kaïbar ou Kadjbar, qui en temps de maigre semble fermer complètement le
fleuve de sa masse luisante on dirait une digue arüficielle, qu'un singulier Date
\ 16, — CAPARACTE DE NAIBANR,