‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 73 sur 225 · D PS · texte numérisé non relu

D PS

hèvre

GAMBIL, KOMA, 187

que de faibles débris. Les guerres d'extermination suscitées par les « eivilisateurs » égyptiens se sont propagées jusque dans la plaine du Komandyr. Privés de leurs bestiaux par les traitants arabes, les Denka du Nil se précipitèrent sur leurs voisins les Gambil pour reformer leurs troupeaux : une guerre implacable de pillage sévit entre les deux nations, et les Gambil eurent le dessous, Quelques-uns, s'enfonçant à l'est dans les hautes vallées du pays éthiopien, allèrent demander asile au peuple galla des Lega, mais on ne les accueillit que pour les réduire en esclavage; d'autres s'enfuirent dans les régions du sud; un petit nombre seulement errent encore dans les plaines natales, Leur capitale, Komandjok, n'est plus qu'une ruine, de mème que leur ancien marché, Kepiel, où les Lega apportaient des métaux et des verroteries.

Mieux défendus par leurs montagnes, les Koma, qui vivent au nord-est de l'ancien territoire des Gambil, au sud des hauts affluents du Yal, consituent une nation considérable, Les Arabes n'ont encore pénétré chez eux que comme marchands et le « Ture » n'est pas mème assez connu de nom pour qu'on redoute ses attaques, D'ailleurs les Koma sont une nation pacilique et n'ayant eu depuis des générations aucune guerre à soutenir contre leurs voisins. Ils sont mauvais archers, n'ayant aueun besoin de veiller à la défense de leur pays et ne S’occupant nullement de capturer des esclaves chez les tribus des alentours. Mais si les Koma ne se distinguent pas comme guerriers, ce sont d'excellents agriculteurs, et leurs récoltes d'excellents ignames et de céréales sont amplement suffisantes pour alimenter la nation et lui fournir le superflu ; pour leurs achats de fer, de sel et d'autres objets, le miel sauvage que les forêts fournissent en abondance est la seule denrée d'échange qu’on leur demande. Les montagnes des Koma, hautes de 2000 mètres environ, forment une des régions les plus agréables de l'Afrique par la température égale du elimat, assez frais pour qu'on ne souffre pas de la chaleur, assez chaud pour qu'on n'ait pas besoin de vêtements et de fourrures; le sol, assez incliné pour que les eaux n'y séjournent pas, est d’une salubrité parfaite, et de toutes parts les coteaux pittoresques, les vallons remplis de verdure, les ruisseaux clairs offrent de gracieux paysages. Les abanes sont éparses au milieu des arbres, preuve de la sécurité générale : ni ennemis, ni bêtes féroces ne rôdent autour des habitations. Pendant onze voyages à travers le monde, Schuver ne rencontra nulle part d'hommes qui lui parussent être mieux en rapport avec la nature environnante par leur vie tranquille, leurs joies simples, leur bienveillance mutuelle, Les communes républicaines des Koma ne sont jamais en guerre les unes avec les autres, et nulle autorité jalouse n'empêche les familles d'en agir à leur

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