‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 83 sur 225 · LA ‘2 Z · texte numérisé non relu

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victimes! : en 1848, trois cents hommes périrent dans les neiges du col de Bouahit. M. Antoine d'Abbadie raconte la légende d’une noble dame qui s'assit pour se reposer un moment au passage du col. Elle ne bougea plus, et pendant huit jours les passants terrifiés la virent à côté du sentier, siégeant comme une déesse des frimas, drapée dans ses vêtements pré- CiCUX.

A lorient du Tigré, la chaîne qui forme le rebord oriental de l'Éthiopie se continue régulièrement du nord au sud, échancrée* par des brèches de 2900 à 5000 mètres d'altitude qui permettraient de descendre vers les plaines riveraines de la mer Rouge si le pays n'était pas occupé par les redoutables Afar, La hauteur de la chaîne bordière se maintient sur un espace d'environ 500 kilomètres; mais en certains endroits les saillies, presque complètement émoussées, se confondent en une haute plaine irrégulicre dont les dépressions sont emplies par des lacs, tels que l'Achangi, le Haïk, lArdibbo. A lorient, un contrefort montagneux s’avance au loin dans le pays des Somal : c’est la terrasse de Zeboûl, haute d’un millier de mètres et dominée par des cimes de 500 à 600 mètres plus élevées. En comparaison des grandes montagnes de l'Éthiopie, les pitons de Zehoûl sont de modestes sommets; pourtant il est difficile de les gravir, non que les escarpements en soient trop raides, mais une épaisse végélalion les recouvre, entremêlant les réseaux de lianes aux branches épineuses*, L'une des rivières qui descend du faite de râyonnement des eaux près des sources du Takkazé et du Bechilo, la Bekenna ou Berkona, affluent de l’Aouach, sépare la chaine bordière d’un massif latéral, l'Argobba, qui s'avance au loin dans les plaines. C’est, au sud-est, le dernier contrefort de l'Abyssinie proprement dite.

La ligne de dépressions transversales indiquée sur la côte par le golfe de Tadjourah et dans l'intérieur de l'Éthiopie par la cavité quiemplit le lac Tana, est bien marquée dans la terrasse bordière par un nœud de vallées divergentes. Là est le principal centre de rayonnement pour ls rivières éthiopiennes; non loin de la source thermale qui est lorigine du puissant Takkazè, naissent d'autres rivières qui vont grossir ce cours d'eau; les principaux affluents du Bechilo ou Bechlo, le rival de PAbäi dans la formation du Nil Bleu, sourdent aussi dans ces montagnes, lndis que sur le versant oriental jaillissent les premières eaux du Gwama où Golima, qui va se perdre dans les plaines des Banakil, et celles

! Eduard Rüppell, Reise in Abyssinien * Abargues de Sosten, mémoire cité. ù

de plusieurs tributres de l'Aouach: dans le voisinage du lac Haïk, à l'est

de la forteresse de Magdala, une brèche de la crête s'éléverait à peine au-

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