‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 84 sur 225 · N° 59, — LACS DE L'ADYSSINIE ORIENTALE · texte numérisé non relu

N° 59, — LACS DE L'ADYSSINIE ORIENTALE

Daprès divers documents C Perron 11-1500

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dessus de 2000 mètres : là serait le seuil le plus bas de la chaine bordière sur le front oriental de l'Éthiopie. Mais en deçà, dans les régions déjà découpées en fragments distinets par les profonds koualla des rivières, plusieurs montagnes atleignent une élévation considérable et ne le cèdent en hauteur qu'aux sommels du Simên et du Godjam : à l'est du lac Achangi, dans le massif presque insulaire de Lasta, limité par la courbe du Takkazè supérieur et la rivière Tzellari, les monts Biala ct Gavzigivla dépassent 5800 mètres.

L’Aboûna Yôsef et l'Imaraha, non loin des sources du Takkazé, ont plus de 4000 mètres d'altitude. Au sud de la rivière naissante un plateau découpé se prolonge dans la direction de l'ouest et se termine par l'énorme massif de Goûna, lun des plus hauts sommets de l'Abyssinie(#251 mètres):

son contrelort occidental, qui s'inceline vers le lac Tana, est le fameux Debra Tabor, ou « Mont Thabor », où se trouve la capitale militaire de

l'Ethiopie actuelle, Au nord s'élèvent

les montagnes du Beghemeder, puis celles de Belessa, encore très peu connues, qui se relient aux monts du Wagara et du Koualla Wagara, se succédant comme les gradins d'une

pyramide dans la direction des plaines nilotiques.

A l’ouest du plateau des Galla Wollo, que l’on croit être un vaste champ

de laves, les pentes s’inclinent graduellement vers le Nil Bleu, interrom-

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Les monts Talba Waha s'abaissent en escarpements rapides à l'est et au nord, comme la plupart des autres chaînes de l'Éthiopie, tandis qu'à l'ouest ils s'inclinent en pente douce vers le pays des Goumous et des Berta. Au nord et au nord-ouest, le reste du plateau, découpé en d'innombrables fragments par les rivières, forme une succession de gradins dominés par quelques pyramides d’une faible élévation relative : les sommets du Waldebba, à l'angle nord-occidental du lac Tana, atteignent 2540 mètres, Toute cette région de l'Éthiopie est d'origine volcanique et se termine du côté de la plaine par des masses abruptes ayant jusqu’à 50 mètres de hauteur verticale et portant des colonnades basaltiques à leur sommet. Au delà du promontoire appelé Ràs el-Fil ou « eap de l'Éléphant», que limite au sud-ouest le cours du Rahad, le sol uni de la steppe est percé de dents et d’aiguilles de diverses grandeurs qui donnent à la contrée l'aspect le plus bizarre, Une montagne de granit complètement isolée, le Gana ou Djebel Arang, est le bloc le plus avancé de cette étrange formation; de grands arbres, parmi lesquels des baobabs, qui sont en cet endroit à la limite septentrionale de leur zone, croissent sur les pentes du Gana et en couronnent la cime, à près de 600 mètres d'altitude”.

En dehors des plateaux éthiopiens, quelques massifs et des monts isolés se dressent dans le voisinage de la mer Rouge. Tel est le Gadam ou Gedem, qui fut jadis une roche insulaire et qui S’avance maintenant en promontoire entre le golfe de Massaouah et la baie d’Adulis, se terminant du côté de l’est par d’abruptes parois. De forme admirable comme un volcan, le Gedem est pourtant une masse granitique, mais les roches en ont été crevassées et des matières fondues se sont épanchées à la surface, hé-

1 Beke, Journal of the R. Geographical Society, 18%#, # Th, von Heuglin, Reisen in Nordost-Afrika.

rissée de saillies et çà et là presque ingravissable, Quoique visible de Mas. saouah, de la base au faite, le Gedem n'a pas été toujours mesuré avec pré. cision : les évaluations des voyageurs varient de STE à 1029 mètres !; par la géodésie, M. Antoine d'Abbadie à trouvé 995 mètres pour le plus haut sommet. La péninsule de Bouri qui limite à l'est la baie d'Adulis se termine aussi par une montagne conique d'un grand aspect : c'est un volcan dont les laves divergent dans tous les sens en longues coulées s'avancant au milieu des flots en chaussées raboteuses, que la mer a rompues sur divers points pour en former des îlots et des écueils. Le volcan de Bouri ou mont Aouen, le Hurtow-peak des cartes anglaises, paraît se reposer, mais quelques fumerolles s'ouvrent dans ses rochers, assez actives parfois, disent les Afar, pour que les vapeurs sulfureuses soient visibles de loin; en outre, des sources abondantes, chauflées par le foyer souterrain des laves, jaillissent sur le pourtour de la montagne ; au milieu des écueils de la grève sourdent des milliers de filets d'eau, à 67 degrés centigrades, sur lesquels les indigènes passent en courant pour ne pas se brûler les pieds *.

Au sud de la péninsule de Bouri, d'autres collines, coupées pour la plupart en terrasses et en falaises par d'anciennes plages, sont aussi formées de roches volcaniques, complètement séparées des montagnes de l'Abyssinie proprement dite. Mais une cime encore famante se dresse à l'ex-

trémité d’un contrelort du plateau d'Ethiopie, au sud-ouest de la baie de

Hanfila ou Hamfalé, Ce volcan actif, témoignage d'un travail intérieur dont le continent africain offre actuellement si peu d'exemples, est connu des Afar sous le nom d’Artali ou Ortoalé, c’est-à-dire « mont de la Fumée ». Hildebrandt, le seul voyageur qui ait gravi cette montagne jusqu'à une faible distance du cratère, la décrit comme un cône de laves noirâtres, coupé de crevasses, et laissant échapper en rouleaux épais une vapeur blanchäire. Dans le voisinage, un autre mont, maintenant en repos, renferme des gisements de soufre : de là son nom de Kibrealé où « Mont de Soufre »; plus au nord, dans la plaine saline, s'élèvent les solfatares isolées de Delol où Dallol, aù les Abyssins du plateau viennent chercher le soufre qui leur est nécessaire pour la fabrication de la poudre; enlin, à l'est, près du pelit havre de Edd, un chaos de solfatares et de monts à eratères donnent au pays l'aspect d’une mer tourmentée. Les marins parlent d'éruptions de laves qui auraient eu lieu « à une journée de marche » de Edd, notamment en 1861, mais on ne sait pas où se trouve la montagne

1 Marine anglaise; — Rohlfs; — Stecker, ete.

2 J.-M. Hildebrandt, Zeitschrift der Gesellschaft für Erdkunde, 1875,

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GEDEM, ORTOALÉ, ALALBED, 217

ignivome et peut-être n'est-elle autre que le volean d'Ortoalé, situé, il est rai, à plus d'un jour de marche, à une centaine de kilomètres dans l'intérieur des terres. Les monts à cratères sont très redoutés des indigènes, qui les considèrent comme le séjour des mauvais esprits; guidés par les magiciens, ils y mènent une vache en sacrifice, mais dès que l'animal a été placé sur le bûcher flambant, les assistants s'enfuient sans oser regarder derrière eux ; le malheur Îes atteindrait s'ils voyaient les esprits dévorer leur proie.

Si le volcan d'Ortoalé n'est pas situé au bord de la mer, du moins dresse- Lil son cône fumant au-dessus d'une plaine lacustre qui fut une baie marine, Cette dépression de Râg2d, à laquelle Munzinger donne aussi le nom d'Ansali, d'une butte isolée qui s'élève au milieu de la solitude, occupe une superficie d'environ 2500 kilomètres carrés et son niveau moyen est à une soixantaine de mètres au-dessous de la surface de la mer Rouge : c’est un «ghor » en miniature comme celui dans lequel coule le Jourdain et “étend le lac Asphaltite. Sur presque tout le pourtour de cette plaine se développe une sinueuse falaise de gypse, interrompue de distance en distance par des ouâdi, et de ces roches jaillissent des sources ombragées de palmiers doum; un cercle de verdure entoure ainsi l’espace désert et nu où se voient seulement des acacias, quelques broussailles et des salsolées, Une lisière de sabies entoure les argiles du centre. En s'éloignant des berges, on voit apparaître des efflorescences salines, qui s'épaississent peu à peu vers le milieu de la plaine et se changent en une dalle d'un demi-mètre d'épaisseur, offrant çà et là l'aspect d'un parquet grisâtre, dont les joints sont emplis de cristaux d’une blancheur resplendissante. Dans la partie la plus profonde de la dépression, entre la butte d'Ansali elle volean d'Ortoalé, s’amassent les eaux d'un lac, P'Aalbed où Allolebod, dont les dimensions changent suivant la quantité d’eau qu'apportent ies torrents : en moyenne, il n'aurait qu'un mètre de profondeur. On s'explique l dessiccation de l'ancienne baie d'Ansali par une poussée du littoral, qui se soulèverait graduellement à l'ouest de fa mer Rouge, aussi bien que sur la rive orientale, en Arabie : des bancs de coraux, des coquillages modernes que l’on rencontre au nord de la plaine témoignent du séjour des eaux marines sur ie seuil actuellement émergé, entre la plaine de Râgad el la baie de Aouwakil'. Les rivières qui descendent de la chaîne éthiopienne, même le Ragouâli ou Ragoulé qui reçoit plusieurs tributaires et dont le flot permanent entretient sur ses bords une riche végétation, ne

1. NW. Munzinger, Journal of the R. Geographical Sociely, 1869. x. £

As ‘ NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE,

sont pas assez abondantes pour compenser l'humidité qui s'évapore, et c'est ainsi que l'ancien lac, jadis très étendu, s'est graduellement rétréci aux dimensions d'un marais sans profondeur. Les Taltal qui habitent les contrées environnantes racontent aux Abyssins, probablement afin de les détourner d'une visite, que parfois le lac « se met en marche », délaissant les anciens fonds et en recouvrant de nouveaux. Malheur aux caravanes que surprend l'inondation soudaine! D'ailleurs, même loin du lac, elles

N9 40, — LAC D'ALALDEDe

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D'après W,. Munzinger et Hildebrandt. C. Perron,

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seraient en danger de s'enlizer dans le sol trompeur et des troupes entières auraient ainsi disparu, hommes et bêtes". Néanmoins les bancs qui entourent le lae sont exploités sans péril par des centaines de Taltal qui en retirent presque tout le sel servant à la consommation des Abyssins et les bâtonnets que l’on emploie comme monnaie divisionnaire dans l'Éthiopie méridionale, D'après Munzinger, on retirerait des fonds d’Alalbed environ trente millions de bâtonnets par an, représentant à Antâlo, sur le plateau, une somme de huit millions de francs.

Les îles du littoral voisin, notamment la grande île Dahlak, la plus étendue de la mer Rouge, qui abrite à Pest la baie de Massaouah, sont en

1 Lefebvre, Voyage en Abyssinie.

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partie de formation coralligène; mais des cônes voleaniques s'y élèvent aussi et la terre est frangée de promontoires par les coulées de lave, En maints endroits le sol est coupé de crevasses profondes qui paraissent avoir été causées par des commoltions souterraines. Les deux lèvres de ces abimes ne se sont pas loujours maintenues à la même hauteur lors de la rupture, el l'écart des deux bords est d'une quinzaine de mètres pour quelques crevasses, Pendant la saison des pluies, l'eau s'y amasse, puis quand elle s'est évaporée, elle est remplacée par des prairies qui naissent dans le sol humide, en joyeux contraste avec les âpres rochers des alentours', Les tremblements de terre causés, disent les indigènes, par les secousses du taureau « qui porte le monde » sont fréquents dans l'ile dé Dahlak. Des sources d'eau thermale, dont la température dépasse 60 degrés centigrades, ee qui n'empêcherait pas des poissons de s'y propager, juillissent dans l’intérieur de l'ile ?

L'Éthiopie, dont les sommets se dressent dans la zone des neiges persistantes, tandis que la base de ses rochers plonge dans la zone torride, et baigne par ses promontoires dans l'eau de la mer Rouge, à naturellement, suivant l'altitude locale et l'exposition, toute la série des climats : sur les pentes des plateaux et des montagnes s'étagent diversement les saisons, entrecroisant à l'infini le réseau de leurs lignes isothermiques, si régulièrement recourbées sur les cartes qui figurent le continent sans relief, ramené au niveau uniforme des plages marines. Que de fois des voyageurs, cheminant sous l’âpre vent des plateaux, ont eu à lutter contre la mort ou méme se sont endormis de ce sommeil de froid dont on ne se réveille point! Dans les expéditions guerrières, des bataillons entiers ont été gelés iu passage des cols neigeux; une chronique citée par M. Antoine d'Abbadie raconte mème que le froid fit périr toute une armée dans le Lasta. Mais a fond des étroits koualla, c’est par la chaleur que l'on risque fréquemment de périr, Au fort du soleil pendant l'été, le sol de ces fournaises, sur lequel se réverbèrent les parois éclatantes, s'échauffe parfois à 70, même à 1 degrés’, L'air est ordinairement calme dans ces eluses sans issue apparente; mais que l'équilibre aérien se rompe tout à coup, et le vent s'élève en lempête pour remonter furieusement la vallée en courbant les arbres devant lui, puis soudain l'air redevient immobile. Le manque de cou- ! Rüppell, Reise in Abyssinien; — Raffray, Abyssinie.

* Léon des Avanchers, Annales de la Propagation de la Foi, nov. 1851. à Ferrel ct Galinier; — Antoine d'Abbadie.

220 NOUVELLE GÉOGRAPITTE UNIVERSELLE,

rants réguliers balayant les impuretés de l'air rend le fond des koualla tri dangereux à traverser, Avant ou après la saison des pluies, 1 faut se he ter de les franchir, s'élever rapidement sur les pentes, gagner la région qu s'étend au-dessus de la zone des fièvres, Presque aussi brûlantes, les plaines bordières de la mer Rouge sont beaucoup plus salubres ; le elimat nv es dangereux que dans les années où la quantité de pluies dépasse la moyenne: alors les fièvres règnent duns le pays.

Mais les extrêmes de climats, ceux des plateaux supérieurs et des eluses profondes, sont inconnus dans l'Éthiopie moyenne, où s'est groupée la population presque tout entière, où se sont élevées toutes les étés, à l'ex. ception de celles qu'ont fait surgir autour d'elles une forteresse où une (Un ment dans l'Éthiopie est comprise entre 1800 et 2500 mètres : é'est le ro

lise de pèlerinage, perchées au sommet d'un mont, La zone de peuple.

deg où région de la vigne, entre le dega et le koualla, A ces altitudes, li moyenne de la température correspond à celle des bords de la Méditer-

ranée, mais avec cette différence que l'alternance des saisons, de l'hiver à

l'été, s'y fait beaucoup moins sentir, Le plateau de l'Ethiopie s'élevant

dans la zone tropicale, les rayons du soleil y ont toujours une force à pet près égale, et de l'hiver à l'été l'écart est peu considérable ; les oscillations de température proviennent surtout de la pureté du ciel et de l'épaisseur des nuées', De même que dans les Antilles et dans les contrées où aller nent les moussons, l'année éthiopienne se règle par l'apparition et la dis parition des pluies?.

La saison des pluies varie pour l'époque et pour la durée suivant hi latitude, la hauteur, l'exposition des diverses contrées éthiopiennes : quel: ques régions ont même deux saisons pluvieuses, comme territoire de transilion appartenant à la fois à deux domaines météorologiques, Les hautes terres de l'Éthiopie du sud ont deux hivernages : l'un qui commence en juillet, lorsque le soleil est presque vertical au-dessus du sol, et qui se termine en septembre; Faites, moins long, qui tombe en janvier où bien

en février el mars, lorsque fa bande de nuages qui se forme à la zone de

Maximum de température à Gondar, d'après Bruce, en avril : 29",17, Mininum » » » » en août : 197,49.

* Températures comparées du plateau de l'Éthiopie et des bords de la mer Rouge : Temp. moyenne Moyenne du Moyenne lu Latitude, Alütude. annuelle, mois le plus froid. mois de pius esta Littoral : Massaouah, . 15 36 00 510,4, 0, Janvier. 950,0, Juin, 960 \ Gondar. 12e SUN 2250 190,4 Décembre, 179,6, Avi, 92,7, { Aukober.. . UG4#N 2500 15v,0. Décembre. 11°,0, duin, 16,7. (Rüppell, Ferret, Galinier, Steudner, Roulfs, tlann, Handbuch der Klimatologie.)

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CLIMAT DE L'ETIHIOPIE ol

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d'ordinaire en avril el se continue avec quelques intermittences jusqu'à la

lin du mois de septembre; mais à la base nord-occidentale des monts,

dans les provinces des Bogos, de Galabàt, de Gedäref et de Senàr, cette saison pluvieuse se décompose en deux, celle d'avril ou du commencement de mai, et l'époque des grandes averses pendant les mois de juillet, d'août et de septembre’. Les pluies, apportées par les vents qui soufflent de là mer Rouge ou de la mer des Indes, tombent presque toujours l'après-midi, accompagnées d’orages; après la chute des averses, le ciel reprend <a sérénité pour la nuit et la matinée suivante, Sur le versant oriental des monts éthiopiens, l'ordre des saisons est changé : c’est en hiver, c'est-à-dire de novembre en mars, que tombent les pluies, apportées par ie vent du nord : les côtes africaines de la mer Rouge se trouvent dans le domaine des pluies hivernales de la Méditerranée, tandis que les côtes arabes, l’intérieur de l'Égypte et la haute Éthiopie appartiennent à une autre zone elimatique?. Telle montagne, située sur la limite des deux zones, est battue alternativement par les pluies d'hiver et par les pluies d'été, et les pasteurs abyssins n'ont qu'à tourner autour de la montagne pour trouver, suivant la saison, l'herbe nécessaire aux troupeaux ou la terre convenable aux cultures’. Dans cette saison, l'air ani pèse sur les plaines basses du territoire éthiopien est d’une singulière humidité : lhygromètre n’indique jamais une proportion moindre de 60 pour 100. Sur les plateaux, l'air est au con- Lraire généralement sec.

Dans les régions de l'Éthiopie où la quantité annuelle de pluie à été sommairement mesurée, elle varie de 7 à 8 décimètres par an, mais elle doit être bien supérieure dans quelques hautes vallées où les nuées orageuses sont comprimées par les vents; la proportion des gréles y est très considérable. On sait que les avalanches d’eau sont des plus redoutables dans les vallées que dominent des escarpements raides et dépourvus de végélation; sur le versant oriental des montagnes bordières de l'Éthiopie, où le lit des torrents est si fortement incliné, ces déluges soudains sont plus dangereux qu'ailleurs : à peine at-on entendu la rumeur lointaine du torrent qu'il faut se hâter de gagner les pentes de la montagne, et l'on voit passer à ses pieds l'énorme masse d'eau, de boue et de cailloux. Pendant la saison pluvieuse, les communications sont complètement interrompues entre les plateaux que séparent de profonds koualla. Dans les plaines du Samhar, au milieu des sables, des argiles salines et des laves, les cara-

vanes sont arrêtées parfois par lintolérable chaleur que renvoient le sol

1 G, Schweinturth, Petermann's Miltheilungen, 186$, n° V, 2 (1. Rohlfs, In Abessinien.

5 Werner Muuzinger, Ostafrihanische Sludien; — Ach. Raffray, Abyssinie

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