‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 87 sur 225 · SUIS · texte numérisé non relu

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232 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE,

vont pratiquer certaines cérémonies au pied des rocs. Au commencement

« D'T 0 CON 0 Û “ F de le ve de son règne, Théodoros eut l'idée de les convertir de force à la rerie k | PA + NA : , est mer gion chrétienne; mais on lui fit remarquer qu'il ne serait pas convenable É : s À 2e, SMS sang d de traiter comme des égaux devant Dieu des êtres de condition méprisée, ! [LIE] que

bétail, | ETS : ; x fa ; des vac servir d'exemple aux Abyssins qui se croient leurs supérieurs : c'est grâce

R ‘ ! à s UT le lot du à eux que Gondar et les autres villes du voisinage reçoivent chaque matin

qui servent de porteurs d'eau et de coupeurs de bois aux familles bourgooises de Gondar, Les Kamant sont très laborieux et à cet égard pourraient

#4 les approvisionnements nécessaires! Comme les Orejones du Nouveau ; ae Monde, comme les Wa-Kouafi voisins du Kilima N'djaro et les gens de hs Docs diverses tribus bantou, les femmes kamant se percent le lobe des oreilles uns au moyen de disques en bois, de manière à faire tomber le cartilage exté- a

LÉ ! à à rieur sur leurs épaules. Les Woïto des bords du Tana, chasseurs d'hippopo- as me . lames et pêcheurs, qui récemment encore parlaient la langue des Agaou, ; # ti P'En appartiennent aussi aux populations aborigènes : ils ne font point cireoncire UE | à 1 #3 leurs enfants et se nourrissent indifféremment de la chair des animaux purs “ a fe L: " etimpurs. Les Tsellan, dans la même région, sont des pasteurs errants, PE Re A : Le NE chants cc CM: Me Les Mensa et les Bogos ou Bilèn, qui vivent sur le versant septentrional ne 2x Me ds EN à SA Jetaient ï des monts éthiopiens, dans le Senhit, Sennaheït ou « Beau Pays » qui sépare Éte 1 ' le Sahel du Barka, seraient également d'origine agaou, tandis que, d'après Bu ! + ee k ces tomb M. Antoine d'Abbadie, ils descendraient des Blemmyes. Les Bogos, ou plu- Ita JE CA tôt les Boasgor, c’est-à-dire les fils de Boas, ont pour ancètres, disent-ils, Aus LE un Agaou du Lasta, qui se serait enfui vers le milieu du seizième siècle \u Ni pour éviter la vendetta. Placés, comme ils le sont, dans une marche de és ren MARY # guerre entre les mahométans de la plaine et les chrétiens du plateau, es le lon | Bogos ont été presque exterminés par les uns et les autres; en IS, ils He De TRAURE n'étaient qu'au nombre de 8400 environ; toutefois ce faible débris de Et Fe * nation a gardé sa langue, le bilên, et quelques restes de ses pratiques Le l'A ï chrétiennes. Quoique réduit à quelques groupes de familles, ce petit peuple EL sL africain est pourtant un de ceux qui ont été étudiés de la manière la plus be n. j approfondie, leurs coutumes étant prises comme {pe de celles qu'on observe ie de chez toutes les populations du nord de l'Ethiopie”. La société se divise en DT ie &: deux classes absolument tranchées, celle des « anciens » ou choumaglié tt LE ee celle des « clients » ou tigré, ce qui permet de supposer que ces plébéiens Ft . : 4 | sont des vaincus abyssins ou des immigrants accueillis en qualité de sup- Takué P | h és pliants. Le tigré est le serf du choumaglié, mais celui-ci n’a pas le droit pe a

que comm

! Slern, ouvrage cité. iles pauvre * Werner Munzinger, Ueber die Sitten und das Recht der Bogos; — G. Lejean, Revue des Deur Mondes, 1° juin 1865; — Antoine d'Abbadie, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 1865. ia LU. Lejean

ment QUTE able INETUTA bourrent race malin LAN ens de retlles e extepPpopo- Auaou, Coneire ax purs nts, itrional l sépare d'après ou pluent-ils, e siècle rehe de “au, Îes SN, 11 bris de atiques peuple la plus observe ivise en aglié et léhéiens de suple droit

» «les Deux ris, ANG6.

KAMANT, BOGOS, MAREA, HE

de le vendre ; il ne peut que le céder avec sa terre à un autre suzerain; il est mème tenu de le protéger, de le défendre, de venger ses insultes ; le sang d'un tigré est estimé à un autre sang de tigré ou à 95 vaches, tandis que le sang d'un ehoumaglié vaut un autre sang noble où 158 têtes de

bétail, Le fils aîné du gentilhomme hérite de son épée à deux tranchants, des vaches blanches, des terres et des tigré, mais la maison paternelle est le lot du plus jeune des fils. Les filles, presque toutes mariées très jeunes, n'héritent point. La vertu des femmes est estimée très haut, et celui qui lui porte outrage est assimilé au meurtrier; mais la femme, non respectée

comme un être humain, l'est seulement comme propriété : personnellement elle est sans droits, sans responsabilité, sans devoirs mème; elle est assimilée à l'hyène, l'animal le plus méprisé de l'Éthiopie. Chez les Bogos, le mari ne voit jamais le visage de sa belle-mère et mème n'en prononce point le nom. De son côté, la femme ne saurait sans erime dire ceux de son mari où de son beau-père, D'après la tradition, l'admirable contée qu'habitent aujourd’hui les Bogos était la patrie des Rom, que les chants célèbrent encore comme des vaillants guerriers, « si hardis qu'ils

jetaient leur lance contre le ciel ». Des monuments de pierre recouvrent leurs ossements; de mauvais génies, dit-on, gardent les trésors enfouis dans ces tombeaux, Qu'étaient ces Rom d'autrefois? Peut-être des colons de civilisation byzantine qui se glorifiaient du nom de Romains, peut-être les Adulitains, chassés dans l’intérieur par la conquête musulmane

Au nord des Bogos, et comme cux sur les terrasses avancées des monts éthiopiens, vivent les Takué, qui sont aussi d'origine agaot et qui parlent le bilên, d’où le nom de Bilèn qui leur est donné quelquelois comme aux Bogos. De même que la plupart de leurs voisins, ils se vantent, probablement à bon droit, d’être une nation de conquérants ; mais ils sontoriginaires de l'Afrique, au moins depuis un temps immémorial, et lon montre encore dans le Hamasen les champs qui appartenaient à leurs familles. Les Dam-

belas, à l’ouest, sont aussi des Abyssins, tandis que les Mensa, sur les pla-

leaux de l'est, et les Marea, dans la région montagneuse que liste au nord le cours de l’Anseba, se disent d'origine arabe et descendraient même d'un onele du Prophète; ils sont à demi nomades, quoique agriculteurs, et vivent sous la tente. Pourtant Mensa et Marea étaient chrétiens, comme les Takué et les Bogos, et c'est pendant la première moitié de ce sièele seulement

que commença l'œuvre de conversion au mahométisme, d'abord par la foule

des pauvres et des asservis ; les chefs ne sont devenus mahométans qu'après

# G. Lejean, mémoire cité,

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le gros de la nation; dans les grands désastres ils ont parfois recours À l'ancien dieu Egziabeher, remplacé par Allah dans les prières ordi. naires, Depuis leur entrée dans le monde de l'islam, les Marea né. vent plus de tombelles sur leurs morts comme les Bogos, Au nombre d'environ 46 000, ils se divisent en deux tribus, les « Noirs 01 les « Rouges »; or, par un contraste bizarre, ceux-ci, qui forme: liVis sion méridionale, cultivent des terres noirâtres, tandis que les Mare « Noirs », ceux des collines septentrionales, vivent sur un sol de couleur rouge, Leur langue est celle du peuple vaineu, les Tigré, tristes ilotes qui vivent sans droits, esclaves de chaque Marea et de la nation tout entière, en dépit des préceptes de l'Islam qui donnent à tous les fidèles le nom de frères. Lors de la mort d'un Marea, chaque chef de famille tigre est tenu d'amener une vache aux héritiers du noble, I n'est pas de race d'aristocrates qui égale le Marea en fierté, Aussi la « mort sans phrases » estelle la seule peine qui puisse lui être infligée ; il ne comparait de. vant aucun tribunal, n’a point l'humiliation de s’excuser où de se défendre. Quanc le sang de la race à été contaminé par une naissance hors mariage, père, mère, enfant sont tués ensemble : ainsi disparais t les traces de l'attentat!

Les Az-Hibbès où Habàb, pasteurs qui parcourent, au nord des meusa et des Marea, les plateaux montueux limités à l'est par le Sahel riverain de la mer Rouge, à l’ouest par la vallée du Barka, se rattachent également aux

populations éthiopiennes par leur langue, — dérivée du ghez comme le

gré, — el par leurs traditions, ear ils furent chrétiens, au moins de nom, jusque vers le milieu du dix-neuvième siècle; devenus nomades d'agrieulteurs qu'ils étaient, ils ont pris la religion des autres pasteurs qui les entourent, Divisés en petites républiques pastorales, qui n'ont d'autres richesses que le bétail, les Habäb voyagent des montagnes aux avant-monts et à la plaine, à la recherche des eaux et des pâturages : pendant l'hiver, l'admirable plateau de Nafka, qui peut être considéré comme le centre du pays des Habab, est complètement abandonné aux bêtes sauvages; cependant des restes de constructions, des tombeaux disposés en trois où quatre degrés circulaires”, prouvent que la contrée fut autrefois habitée d’une manière permanente : on attribue ces ruines aux Bet-Malié ou « Gens de la Maison Riche » 5, petite tribu que l’on croit être d’origine autochthone. L'éléphant du pays des Habàb est nomade comme les hommes. Tant que durent les 1 W. Munzinger, Ostafrikanische Studien.

# Th, von Heuglin, Reise in Nordost-Afrila.

5 Henri Duveyrier, Notes manuscrites.

pluies d la lisièr pour des sauts de A l'ou une 70h d'Abyssi

pour la nom de par leurs giques. L Wibus de vivent di presque | Bogos el pour pot mariage + comme d on r'encor aux pomr Hadendoa à l'œil su Quant :

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MAREA, HABAB, CHOHO,

pluies d'hiver, il fréquente par troupes les pentes orientales du plateau, sur la lisière du Sahel; puis, en été, il remonte vers les hauteurs du Nafka, pour descendre ensuite à l'ouest et gagner la vallée du Barka et les versants des monts abyssiniens".

A l'ouest, au nord, à l'est des Habäb, dans les terres basses, s'arrondit une zone mixte, celle des Beni-\mer, qui semblent issus d'un mélange d'Abyssins et de Bedja et chez lesquels l'idiome « bédouin » des Bedja lutte pour la prépondérance avec le dialecte tigré, connu dans le pays sous le nom de hassa, Les Nebtab du Sahel, tous nobles et econnus comme tels par leurs voisins, sont également partagés entre les deux zones glossologiques, L'élément éthiopien est d'autant plus fortement représenté que les bus des Beni-Amer sont plus rapprochées du grand plateau : celles qui vivent dans le voisinage des Mensa, dans les plaines du Samhar, parlent presque exclusivement le tigré*; les alliances se font par les filles des Bogos et d'autres peuplades des montagnes que les Beni-Amer prennent pour épouses ; mais eux-mêmes sont trop fiers pour donner leurs filles en mariage aux hommes des tribus abyssines. Dans ces régions intermédiaires, comme dans les marchés d'esclaves qui entourent la région des plateaux, on rencontre les types les plus différents, ceux de l'Agaou à la figure large, aux pommetles saillantes, et ceux des Arabes ou Arabisés, tels que les Hadendoa ou les Chaïkieh, au front haut, aux joues plates, au nez mince, à l'œil sauvage, presque hagard.

Quant aux Saho ou Choho, qui occupent, à l'occident de Massaouah, le versant du plateau de Hamasen et qui ajoutent aux ressources que leur procure l'élève du bétail, les bénéfices de leur métier de guides entre le port de mer el les montagnes, ils sont considérés par quelques auteurs comme de vrais Abyssins, tandis que la plupart des voyageurs les rattachent aux Afar ou même aux Galla*; leurs dialectes, d’origine afar, ressemblent à ceux qu'on parle dans toute la région du sud jusqu’au fleuve Aouach. Quoique très sobres, ils ont la figure pleine, le teint d'une fraicheur admirable. La religion dominante des Choho, comme celle de toutes les populations du littoral, est le mahométisme ; cependant dans le voisinage du plateau il en est qui mêlent des réminiscences chrétiennes à leur foi musulmane et quelques villages, où résident des missionnaires, sont devenus catholiques. Les Choho, quoique nominalement soumis au « roi des rois », sont indépendants en réalité et leurs chefs n'ont d'autorité que le nom : tous les

"Th. von Heuglin, Bulielin de la Société de Géographie du Caire, 1876. * Werner Munzinger, Ostafrikanische Stulien.

# Ed, Rüppell, Reise in Abyssinien,

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membres de la tribu discutent en égaux dans les assemblées et celui d'entre eux qui chercherait à dicter ses volontés serait exclus où mis à mort : l'ohservance des coutumes héréditaires, le respect de lopinion, unissent les Choho en un corps de nation, La loi du sang est observée avec une extrême rigueur, [faut que le meurtrier meure où qu'il acquitte le prix fixé pour une existence, Lorsque assassin fugitif n’a pas de parents qui puissent répondre à sa place, la tribu doit se substituer à lui et lon tire au sort pour savoir qui sera le débiteur du sang. Cependant il arrive parfois que là famille du meartrier-consente à son exécution et, dans ce cas, les parents etles amis viennent, chacun à son tour, prendre leur part de responsabilité de la mort, en tirant une corde que l'on attache aux pieds du patient".

A l'ouestdes plateaux éthiopiens, sur les avant-monts tournés vers PAthära, le Rahad, le Dender, le fleuve Bleu, et son affluent le Toumat, les croisements de la race abyssine, au lieu de se faire avee Arabes et Afar, se sont opérés avec d'autres éléments ethniques, ceux des populations nègres. Le nom général, mais étranger à tous, que l'on donne à ces indigènes qui peuplent le versant occidental des monts d'Éthiopie est celui de Changalla où Chankalla : sous cette appellation sont réunies un grand nombre de tribus diverses par l'apparence, l'idiome et l'origine. Elles se ressemblent seule ment par la nuance presque noire de la peau et par l'état de barbarie relative dans lequel les maintiennent des guerres continuelles et Fincessante chasse à l'homme. Depuis un temps immémorial et de nos jours encore, les «barons » éthiopiens qui vivent dans le voisinage de tribus changalla tiennent pour un de leurs droits les plus précieux eelui de descendre dans les lorèts des avart-ments avec leur bande de rabatteurs et de üreurs, de tuer les malheureux qui osent défendre leurs villages et de ramener une chiourme de captifs pour en faire cadeau à leur souverain on pour les vendre aux marchands, Dans le voisinage de la plaine, les Changalla ont d’autres ennemis à redouter, les Arabes, et ecux-ei ont également réduit en eselavage une partie considérable de la population noire, Enfin, au sud, les invasions des Galla où Fm-Orma ont eu souvent pour résultat

le dépeuplement de la contrée; 1Pest vrai qu'après avoir ravagé certains

districts, des Galla sv sont établis à demeure : tels sont, à l'ouest de l'Abä,

ceux de la province de Metcha, devenus résidents en territoire abyssin; ces Galla n'ont pas d'ennemis plus acharnés que leurs anciens compatrioles:

le patriotisme à changé avec le sol”.

1 Ach, Ralfrav, Abysstne.

# Arnaud d'Abbadie, Duuse ans dans la haute Éthiopie.

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