CLERGÉ D'ABYSSINIE
astreints au célibat, mais il leur est interdit de se remarier. Il existe en outre de nombreux ordres religieux, comprenant environ 12000 moines, sans compler les nonnes, qui sont pour la plupart des dames âgées que des chagrins domestiques entrainent à se retirer du monde. Princes déposés, fonctionnaires prévaricateurs, soldats sans ressources cherchent aussi leur asile dans les monastères, Une grande partie du sol de l'Éthiopie appartient aux prêtres et aux moines, et resterait constamment en jachère si les paysans des alentours n'étaient tenus à la corvée, Les églises et les couvents sont les écoles du pays, et les professeurs qui n'ont pas été choisis dans la classe des dabtara sont tous prêtres où moines : ce sont eux qui enseignent le plain-chant, la grammaire, la versilication, et qui font réciter les textes des livres saints et de leurs commentaires, car à ces connaissances se borne le savoir classique des Akyssins. Du moins l'acquisition de la science est-elle gratuite. Le devoir du professeur est de donner volontairement aux autres l'enseignement qu'il a reçu de la même manière : au plus peut-on se permettre de lui faire quelques cadeaux en nature. Les gens d'église ont un autre devoir, celui de donner l'hospitalité à tous ceux qui la réclament. Jadis les lieux de culte, les couvents, même les domaines ecclésiastiques, étaient des asiles inviolables; mais des degrés se sont établis dans la sainteté des refuges, et maintenant il est bien peu de sanctuaires desquels les souverains ne puissent arracher les suppliants pour les livrer au bourreau. Nombre de couvents qui attiraient autrefois des mullitudes de pèlerins ne sont plus visités aujourd'hui; mais il en est encore quelques-uns où la foule se porte par une vénération à laquelle se mélent les instincts de commerce, car chaque lieu de pèlerinage est en même temps un champ de foire. On sait que parmi les couvents célèbres des Éthiopiens se trouve l’un des monastères du Saint-Sépulere de Jérusalem. Des pèlerins s’y rendent en assez grand nombre, mais sans en rapporter d'ordinaire cette auréole de sainteté qui resplendit sur la tête des hadji de la Mecque. On a vu des Abyssins se faire musulmans à Djeddah pour trouver l'argent nécessaire à la continuation de leur route vers Jérustlem, où ils abjuraient de nouveau".
Plus versés dans la connaissance de l'Ancien Testament que dans celle du Nouveau, les théologiens d'Éthiopie aiment à justifier ce que les mœurs
nationales ont encore de sauvage par des exemples que leur offre la vie de |
s ancêtres prétendus, David et Salomon”. Quant au troupeau des
1 Th, Lefebvre, ouvrage cité, ihlis, ouvrages cités,
250 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE.
fidèles, la plupart, quoique peu zélés pour la prière et très ignorants de ja doctrine, sont de rigides observateurs des pratiques extérieures du culte, Ils se soumeltent à la pénitence imposée par les confesseurs, rachètent leurs péchés par des aumônes faites à l'Église, s'astreignent aux pénibles jeûnes qui leur sont ordonnés, à moins pourtant qu'ils ne payent un remplaçant pour jeûner à leur place’. Ils ont deux carêmes, dont l’un, fort rigoureux, dure quarante-cinq jours; en outre, deux jours de la semaine sont réservés pour le jeûne ordinaire; comme en Russie et en Roumanie, plus de la moitié de l'année se compose de jours de fête ou de pénitence, sans compler ceux qui sont inslitués pour les divers évènements de famille. Tout homme à deux noms, celui de baptême, tiré de l'hagiographie, et son nom d'usage, composé des premiers mots que sa mère a prononcés en le mettant au monde; les chefs ont un troisième nom, leur cri de guerre?. Les enfants des deux sexes sont circoncis par des femmes deux semaines après leur naissance, puis ils sont baptisés, les garçons au quarantième jour, les filles au quatre-vinglième, et dès le jour de leur baptême ils sont reçus par la communion dans le troupeau des fidèles. Quant au mariage religieux, qu'on célèbre aussi par la communion et qui est réputé indissoluble, c'est une cérémonie des plus rares : sur eent unions, dit un voyegeur, il en est une à peine pour laquelle on ait cru nécessaire d'appeler un prètre, Légalement, l'homme ou la femme ne peuvent divorcer que trois fois, mais en fait les mariages se dissolvent aussi souvent qu'il plait aux conjoints : dans ce cas les fils suivent le père, les filles accompagnent h mère; lorsqu'il n'existe qu’un seul enfant, il revient à la mère s’il a moins
de sept ans, au père s'il est plus âgé”. De toutes les pratiques religieuses, lu plus importante est celle qui suit la mort. L'homme le plus juste serait considéré comme indigne d'entrer au ciel si les parents ne faisaient dire à son intention une messe de délivrance et ne payaient un somptueux banquet funéraire : on voit des pauvres épargner pendant toute leur vie pour acquitter avec honneur cette dette sacrée du teskar. Comme dans l'Europe chrétienne, les enclos au milieu desquels s'élèvent les églises servent de cimetières, #t !es arbres qu'on plante sur les tombes des Abyssins seraient aussi considérés dans l'Occident comme des arbres de deuil; ce sont des conifères : cèdres, 1fs, genévriers,
Le pouvoir royal est illimité en droit, quoique en fait il soit contenu par la force de la ee: frieet surtout par la puissance de mille vassaux remuants
1 Th, voa Heuglin, Rise nach Abessinien.
2 G, Lejean, Voyage en Abyssinie; — Arnaud d'Abba lie, Pouse ans dans la haute Étlnopre. 5 Combes et Tamisicr, Foyage en Abyssinie,
Las
et de € line, } tique | SUIVaN les uns l'Éthio village.
un fief comme (ours, ( la corv Certain tiques dévoués soldats lés de f à l'app égaleme son am la fortu derne d mains, « SOU mon el portent manque une nor n'est m ment ot Telle os cesseur bour de
De mé les LouY
de chaq
ee n'est « Guide
date cer
dans le
de ia culte, hétent nibles rene 1, lort maine nanie, tence, mille, el son s en le 1erre?, maines ntième Î1s sont nariage ndisso- Il YOYeappeler ue trois ail aux nent la moins ICUSES, » serait nt dire ix ban- 1e pour Europe ent de eraient
ont des
‘nu par muanls
tlaopre.