‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 107 sur 471 · N° 50, — DELTA DE D'INDUS · texte numérisé non relu

N° 50, — DELTA DE D'INDUS

C Perron

Dir aLÉCau.delà

TeCilIn cel 1 700000

6 20 kil.

courant côtier, vont en grande partie se perdre au sud dans une pro-

fonde vallée sous-marine, qui s'ouvre directement au sud des bouches

! Tremenheere, mémoire cité,

fluviales et dont la sonde ne trouve pas le fond à 400 mètres. Cet abime, connu par les marins anglais sous le nom de swatch, est le pendant géographique parfait de la cavité sous-marine du même nom, creusée de l’autre côté de la Péninsule, en face du delta du Gange'.

La partie orientale de la dépression qui s'étend jusqu'aux monts Aravali est occupée en grande partie par le désert : les solitudes commencent à une faible distance au sud de la zone de villes et de cultures qui longe la base des avant-monts himalayens. Retardées dans leur marche par l’horizontalité du sol, bues par les canaux d'irrigation, les rivières issues de la montagne ne fournissent pas une longue étape; elles diminuent peu à peu en avançant, puis se fractionnent en mares, et plus loin n’ont plus même assez d’eau pour humecter le sable. Les pluies allongent leur cours de quelques lieucs vers le sud; les sécheresses le font reculer de nouveau vers le nord. Cependant ces rivières continuent de suinter dans les profondeurs jusqu’à une certaine distance en aval de l'endroit où elles ne sont plus visibles, et des puits creusés sur leur parcours souterrain vont chercher l'eau à 50 mètres, puis à 60 mètres, à 100 mètres même; à Djaïsalmir, on ne trouve l’eau qu'à 170 mètres de profondeur. Au delà, la nappe est absolument tarie; jusqu'à l'océan Indien, sur un espace de 500 kilomètres environ, il n'existe plus un seul cours d’eau apparent ou caché, à l'exception des anciens émissaires de l’Indus et de la Louni ou « rivière Salée », descendue des montagnes du Radjpoutana; on entre dans les solitudes redoutables du Thar.

Cette région n'est point une plaine uniforme comme on la représente souvent. C'est un pays de dunes, une vaste mer de sables, dont les vagues, pareilles à celles de l'Atlantique sous les vents alizés, se suivent en gonflements parallèles. Burnes dit que près de Djaïsalmir ces monticules sont orientés dans le sens du nord-ouest au sud-est? ; mais, d’après les cartes qu'ont publiées les ingénieurs topographes du gouvernement anglais, l’orientation générale des dunes est celle du sud-ouest au nord-est, et, dans quelques parties de la contrée, celle du sud au nord; mais partout elles maintiennent dans leur direction une régularité presque géométrique. Toutes ces dunes ont leur pente rapide tournée du côté du sudest ou de l'est, et leur pente douce regardant au nord-ouest ou à l’ouest. Ces monticules ont-ils été dressés par le vent? S'il en est ainsi, le courant aérien qui souleva le sable et qui en forma les rangées du Thar

1 Tremenhecre, mémoire cité.

* À. Burnes, Journal of the Geographical Society of London, 1854.

proven droit d la mot généra mosph

nète.

dunes si fré analc bran si c hom

DUNES DU THAR. 223

provenait du nord-ouest, c'est-à-dire il eût soufflé précisément à angle droit des courants qui dominent de nos jours, le vent alizé du nord-est et la mousson du sud-ouest; mais on ne saurait admettre que la direction générale des airs à pu différer à ce point des mouvements actuels de l'atmosphère, puisque ceux-ci ont pour cause première la rotation de la pla-

Page 1