‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 113 sur 471 · SIKH, HINDOUS DU PANDJAB · texte numérisé non relu

SIKH, HINDOUS DU PANDJAB

leur vaillance pendant la guerre : les soldats sikh sont les meilleurs de l'armée Indienne ; égaux aux Gourkha en courage, ils leur sont supérieurs par la discipline et par la noblesse du caractère. Très-aventureux, ils ont volontiers suivi les Anglais en Chine et en Abyssinie et demandaient à les suivre

en Egypte où dans l'Asie Mineure. Quant à leur amour de l'instruction,

ilest tel, que leur principale association scientifique, à Lahore, a demandé au gouvernement d'assurer à Lous les enfants sikh les avantages de la fréquentation des écoles. Aucun des autres éléments ethniques du nord-ouest de l'Inde n'offre une proportion de lettrés aussi considérable.

Les Iindous proprement dits, Brahmanes ou Vaisya, sont relativement peu nombreux dans le bassin de lIndus, quoique les religions d’origine aryenne y aient pour sectateurs au moins un tiers des habitants et que les langues dominantes, le pandjabi au nord, le sindi au centre, le goudzerali au sud, le marwari au sud-est, soient d'origine sanscrile. Réunis principalement dans les villes, où ils oceupent les places les mieux rétribuées et se livrent au négoce et à l’industrie, ils ont reconquis la supériorilé sur les musulmans, leurs anciens oppresseurs : c’est à eux, mahadjan ou «gros bourgeois », qu'appartient l'argent et ils ne le prêtent aux agriculteurs mahométans des alentours qu’en prélevant des intérêts usuraires. Les Baniahs ou Banyans de ces régions sont les plus habiles commerçants de l'Inde et ils ne craignent pas de s’expatrier pour vendre des pacotilles d'objets de toute espèce. Dans toutes les villes de l'Asie centrale, on rencontre de ces marchands hindous du Pandjab, connus en général sous le nom de Moultani, d’après le marché central du Pandjab et du Sind : ce sont les porteurs des nouvelles et des rumeurs de guerre qui se propagent avec une si étonnante rapidité des bords de lOxus à ceux du Gange; sans le vouloir, ils forment l'avant-garde des Russes sur la frontière de l'Inde el proclsment sa puissance, Dans l'Inde centrale, dans le Bengale et jusque sur les fronuères de la Barmanie et de la Chine, les Baniahs, marchands, prèteurs à la petite semaine ou banquiers, sont des Marwari ou des Hindons du pays radjpoute de Marwar ; ils ont le monopole du maniement de l’argent, comme en d’autres pays les Arméniens et les Juifs. Les Hindous de l'Inde occidentale sont pour la plupart des adorateurs de Vichnou, mais la marque rouge qu'ils portent sur le front, en témoignage de leur foi, est sou« vent tracée horizontalement, comme s'ils invoquaient Siva. Entourés de musulmans et de sikh, éloignés des centres brahmaniques, ils ne s'attachent pas strictement aux observances de leur eulle et scandalisent par leur manque de zèle les eipayes de l'Hindoustan oriental qui viennent tenir garnison dans leurs cités. L'usage des liqueurs fortes est lès répandu chez eux, et plus

VI, ou

encore celui du bhang ou chanvre indien, drogue plus funeste que l'opium.

Dans la plupart des villages du Pandjab, un groupe de cabanes est habité par BIRT CE, des Tchoura, gens de caste inférieure qui ne diffèrent point physiquement HER de leurs voisins, mais qui sont tenus pour impurs, même par les musulmans ; la fonction de veilleur de nuit est héréditaire chez les Techoura!. A l'est, des Bhil du Radjpoutana se sont avancés au loin dans les oasis ” du désert, tandis qu'à l'ouest, Afghans, Baloutches, Brahui, Persans, Bokha- +. | riotes, Turks et Arabes ont à diverses époques, depuis l'hégire, pénétré dans la contrée, soit en conquérants, soit comme aventuriers ou colons, et HET se sont plus ou moins mêlés aux populations aborigènes. Ces immigrants ES CINE constituent le gros des musulmans sur les bords de l’Indus et dans toute la HSE à + | région occidentale du Pandjab, tandis qu'à l'est les fidèles qui se réunissent dans les mosquées sont en majorité des Hindous convertis à l'isla- ME à misme. Du reste, la division est loin d’être bien tranchée entre les deux grandes classes des mahométans de l'Inde; grâce à la suppression des castes | par l'Islam, il est facile aux musulmans zélés de s'attribuer l’origine qui F Dos leur convient. Des centaines de milliers d'individus dans le Pandjab disent appartenir à la descendance du prophète, et prennent en conséquence le Lire de said et de chah : les Daoudpotra ou « Fils de David », qui règnent au Bahawalpour, sont de ceux qui croient être de la famille de Mahomet. D'autres prétendent au titre de Mongols, et ceux-ci paraissent du moins on avoir droit à un nom spécial, car dans les villes où ils demeurent, ils se liennent rigoureusement à l'écart et se livrent à des occupations spéciales ; WE fiers d'avoir eu parmi leurs ancêtres les compagnons des Timourides, ils ne aan mélangent point leur sang, et chez plusieurs d’entre eux on reconnait en ï effet ces figures larges et plates qui caractérisent les Mongols du Gobi. On & | qi: leur donne ordinairement le titre de beg ou mirza. Quant aux musulmans ke de race afghane, presque tous groupés sous le nom de Pathan ou de Rohilla; ils sont fort nombreux dans les districts du Trans-Indus, où leurs o ST chefs de famille se rangent sans exception au nombre des khans. Enfin, tous les autres musulmans non hindous, qu'ils soient de race persane, turque ou baloutche, se disent cheikh, titre devenu tellement banal, qu'il a cessé d'en être un et de constituer la moindre distinction : tous les riches l’échangent pour une plus haute dignité. C'est là ce qu'exprime un

proverbe ironique du Pandjab :

« Aujourd'hui cheik, manant hier; — demain saïd, si le blé se vend cher?. »

1 Campbell, Ethnology of India.

Ce * Elliot, Races of the North-Western provinces of India.

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