‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 114 sur 471 · SAGE LE · texte numérisé non relu

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HINDOUS ET AFGIHANS DU PANDJAR. 257

Le régime de la petite culture domine dans le Pandjab, mais en beaucoup d'endroits l'antique propriété collective s'est maintenue; tous les cultivateurs sont considérés comme de simples fermiers de la commune et lui payent une rente annuelle; en outre, ils sont solidairement responsables envers l'État et l'impôt s’acquitte pour le village entier. Il arrive aussi que des communiers aliènent une partie de leurs terres pour l'affermer à des étrangers; dans ce cas, ils partagent le profit de la vente en proportion de leurs droits à la propriété de tous; ils ont aussi le droit de racheter le sol à des conditions plus favorables que les gens d’autres villages. Parmi les Wibus afghanes du district de Dera Ismaïl-khan, on procède tous les six ans à une nouvelle distribution du sol. Mème dans les districts où des conquérants se sont emparés de la terre, quelques coutumes témoignént encore de l’ancienne communauté du sol et le village a gardé sa constitution républicaine. La nécessité d’arroser les terrains devait nécessairement grouper les habitants d’un mème district pour le creusement des canaux d'irrigation : presque partout l'unité de la commune a pour raison d'être matérielle l'existence d'un canal, d'un étang ou d'une source’. Il a fallu les grands bouleversements produits par les conquêtes et les guerres intes- Unes, pour détruire la commune agricole et séparer les intérêts des ayants droit. Dans quelques distriets, les canaux et les fontaines appartiennent à d'autres propriétaires que les champs arrosés, et depuis l'intervention de l'État pour le creusement de grands canaux, les communes riveraines ont dà s'inféoder aux concessionnaires des travaux d'irrigation. Néanmoins, les cullivateurs du Pandjab sont, parmi les rayot de l'Hindoustan, ceux qui, pris en masse, peuvent être considérés comme ayant le plus d’indépendance, et cette liberté relative est certainement l’une des causes qui donnent aux Djat du nord leur audace et leur fierté. Dans le Sind, au contaire, la domination baloutche et les prêts usuraires des marchands hindous ont réduit la population agricole à une véritable servitude, et la dégradation morale, pour les Djat aussi bien que pour les autres éléments ethniques, en a été la conséquence.

’armi les immigrants des plateaux de l'Occident, il en est qui ont conservé leur caractère comme tribus on classes distinctes; tels sont les Swati, les Momound, les Yousoulzaï, qui vivent au nord de Pechaver, dans la plaine et sur les montagnes voisines. Ce sont des Afghans, parents de ceux qui, franchissant l’Indus et pénétrant dans le bassin du Gange, fondèrent au pied de l'Himalaya ces petits États de guerriers connus sous

1 Punjab Administration Report for 1872-75.

le nom général de Rohilkhand ou « Pays des Montagnards ». Les Yousoufzai où Yazoufsai sont l'une des tribus afghanes que l'on a le plus souvent comparées aux anciens Juifs, et nombre de missionnaires ont aceepté la tradition musulmane qui voit dans ces Afghans les descendants des aptifs de Judée amenés à Babylone, Ilest certain que leurs mœurs et leurs coutumes religieuses sont bien celles des habitants de la Palestine aux temps

des Juges : à près de trois mille années d'intervalle, ils traversent la même

période de civilisation. Naguère nomades et maintenant agriculteurs, mais HU. l. loujours guerriers, frémissant d'impatience au récit de leurs batailles, les Fri ‘4 Yousoufzai se divisent en un grand nombre de elans, subdivisés eux- . Le OT ES mêmes en groupes secondaires, souvent en lutte les uns avec les autres. l'OIT De longues vengeances se succèdent entre les familles de génération en gé- NUE nération; pour terminer leurs disputes, il leur arrive de choisir une fête ‘ nationale et de se provoquer en duel publie, parfois cause de mêlée et de HN FA nouvelles dissensions héréditaires. Mahométans sunnites, ils se distinguent 1ù 14 par l’âpreté de leur fanatisme et servent régulièrement la dime à leurs ar 2 prètres nombreux; ceux-ci, constitués en tribu spéciale, comme les enfants KOAT de Lévi chez les Juifs, ne payent point de taxes, et leurs villes, considérées nu comme saintes, sont de lieux d'asile pour les criminels. Mais quelle que soit la ressemblance de mœurs entre les anciens Juifs et les Yousoufzaï, à HOTEL ceux-ci sont bien de purs Afghans, et leur langue est le pouchtou, peu À différent de celui des habitants du plateau. Ils ont fourni quelques mots Eee À à l'ourdou, l'idiome prépondérant dans les plaines du nord de l'Inde. FN t D'autres tribus afghanes, celles des Afridi, occupent le massif de mon- SAN dort lagnes qui limite au sud la plaine de Pechaver, et se divisent en kheïl, | c’est-à-dire en clans, souvent en guerre les ans avec les autres. Plus au sud, les vallées du Soulaïman-dagh sont habitées par les Marwatti, peuplades agricoles et pastorales, dont le naturel est beaucoup plus doux que

celui des Afridi et qui se distinguent par leur franchise, leur simplicité de manières, le respect qu'ils témoignent aux femmes. Les Bannoutchi ou gens

AAA UE de Bannou, au contraire, depuis longtemps asservis par de petits chefs et

RE soumis par eux au travail forcé, n'ont rien de la fierté et de la droiture des de G “. s montagnards des alentours : petits, émaciés, maladifs, ils forment un ra- les s QAR 1 massis de gens d'origines diverses, mais ayant également les mœurs de la 8 JE # l’esclave. À cet égard, ils contrastent singulièrement avec les libres Waziri, Indu ta que dont les races parcourent les montagnes à l'ouest de Dera Ghazi-khan. Tou- ADG

peu LE ES jours armés, de même que les Pathan leurs voisins, les Waziri se rappel- d'ai MA lent que leurs ancêtres ont souvent guerroyé dans l'Inde, conquis Delhi, |

commandé aux rois et aux brahmanes, Encore maintenant ils servent vo-

AFRIDI, ATTOK, PECHAVYER, 259

lontiers comme soldats ; au moindre signal, les Waziri se montrent en armes autour du chef qui les appelle à une expédition de guerre,

Au nord-ouest de l'Hindoustan, Pechaver est la forteresse gardienne par excellence, Située au milieu de la plaine que parcourt le Lander ou rivière

N° 64 — PLAINE DE PECHAVER:

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D'apres | Indian Atlas C. Perron

de Caboul avant de s'unir à l’Indus et que des canaux arrosent dans tous les sens, elle forme, pour ainsi dire, à l'extrémité de l'empire indien, et sur la grande route du commerce et des conquêtes, la tête de pont du Trans- Indus. Attok est le lieu de passage, Pechaver la place d'armes, d’où les Anglais surveillent les populations guerrières des montagnes. Ce n'est d’ailleurs qu’une ville de briques et de pisé, défendue des voleurs par un

! Raverty; — Rowney, The wiid Tribes of India.

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mur de boue ; mais au nord s'élève le fort imposant de Bala-hissar, et des cantonnements anglais oceupent les pentes d'un renflement du sol, d'où la vue embrasse toute x plaine et s'étend au loin vers les cols des monts afghans, D'autres postes fortifiés complètent la défense du vaste camp relranché que le gouvernement anglais a dù établir sur ce point faible de ses frontières, vers lesquelles se projette déjà la grande ombre de la Russie : au nord, le fort d'Abazaï garde l'entrée des gorges du Swat, et d'autres ouvrages s'élèvent de distance en distance au pied des montagnes; au nord-ouest, la vallée principale, celle de Ha rivière de Caboul, est surveillée, à la bifurcation des canaux de la plaine, par le fort de Michni; à l'ouest

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