AMRITSAR. — TEMPLE D'OR ET LAC DE L'IMMORTALITÉ
Dessin de Thérond, d'après une photographie de M. Rousselet,
racontent les luttes d'extermination dans lesquelles s'y rencontrèrent jadis les Kourouides et les enfants de Paadou, et depuis les temps mythiques c'est encore dans ce territoire, chemin naturel des nations et des armées, qu'ont été livrées presque toutes les grandes batailles où s'est décidé le sort
des peuples dans le nord de Ta Péninsule. Aussi les Anglais n'ont-ils pas
manqué d'établir dans cette région une chaîne de camps fortifiés pour assurer leurs communications. Au sud d'Amritsar, sur la rive droite du Salledj, Firozpour ‘est devenu le plus vaste arsenal de l'Hindoustan. Au nord-est, sur la ligne maîtresse du chemin de fer, Djallandar, réunion de villes groupées dans une même enceinte, est aussi l’un des points d'appui de la puissance militaire anglaise, et ses cantonnements occupent plus d'étendue que toutes les cités hindoues de la contrée. Plus loin, Loudianah, qui surveille de la berge orientale le passage du Satledj, traversé par un pont-viadue de 1900 mètres de longueur, est elle-même eommandée par une forte citadelle, et ses marchés de grains approvisionnent toutes les garnisons du Pandjab. Puis vient Ambala, sur le Ghaggar, dont le camp, plus peuplé que la ville, occupe 2900 hectares de superficie. Toute une division militaire garde cette position centrale, doublement importante comme place intermédiaire entre Lahore et Delhi, et comme gardienne de Simla, la capitale d'été de l'Hindoustan, qui n'est pas encore rattachée au réseau des chemins de fer de la plaine. Point de départ des voyageurs qui chaque année se rendent en foule dans les hôtels et les maisons de plaisance de la ville himalayenne, Ambala est, pour les plaines seplentrionales de l'Hindoustan, le marché le mieux approvisionné en objets importés d'Angleterre. Construite près de la lisière des solitudes, sur un sol où les rivières ne coulent déjà plus que difficilement, Ambala n'avait à sa disposition qu'une faible quantité d'eau, souvent malsaine; pour remédicr à cette cause de maladies, on a récemment creusé près de la ville un puits artésien de 159 mètres de profondeur.
Les stations militaires anglaises du Pandjab oriental ont singulièrement dépassé en population les anciennes villes hindoues de la contrée, même les capitales des petits États suxquels le gouvernement anglais a concédé un simulacre d'indépendance, telles que Kapourthala et Poutiala. Sarhind, qui fut jadis le chef-lieu du royaume de Satadrou ou Satledj, n’a laissé que des ruines, quoique tout le pays environnant soit encore désigné généralement sous son nom. Un de ces jeux de mots dont la nomenclature géographique offre tant d'exemples a donné à ce terme de Sarhind le sens de « Frontière de l'Hindoustan », comme pour indiquer la limite approximative entre les terres musulmanes du nord-ouest et les régions purement hindoues'; mais par les souvenirs nulle contrée de la Péninsule n'est plus indienne : c’est la terre sainte par excellence des Aryas et la tradition des temps antiques n’est point perdue. Les pèlerins se portent
1 A. Cunningham, Ancient Geography of India.
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AMBALA, THANESAR, MOULTAN, 253
encore en foule à Thanesar, à Pihoia, vers tous les sanctuaires qui bordent le cours incertain de la Narasvati; parfois 500 000 baigneurs viennent successivement se tremper dans le bassin vaseux de Thanesar, et des milliers de veuves parcourent les places de Pihoia en se lamentant et en S'arrachant les cheveux. La ville de Sirsa, bâtie près des ruines de Sarsouti, se trouve bien au sud, aux confins du désert; mais pendant les
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3 l'erron.
temps de crue la rivière qui lui donna son nom lui porte encore quelques gouttes de son onde sacrée.
La forme des « Cinq Vallées » du Pandjab est celle d'un éventail; très écartées les unes des autres dans la région du « Piémont » où Daman-i-koh, elles se rapprochent graduellement vers le bec de Mithankot. Tandis que dans la région du nord, parfaitement arrosée par les cinq rivières, les grandes villes se sont distribuées tout le long de la voie historique aux passages des cours d'eau et dias les doab intermédiaires, l'angle méridional du Pandjab, beaucoup plus étroit, moins bien arrosé, plus exposé aux sécheresses et aux tourmentes de poussière, n’a pu avoir qu'un centre de commerce, C’est la ville de Moultan, l'ancienne capitale des Malli, que vainquit Alexandre; ses origines datent des temps mythiques, et la
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