y Nc
. À. ÿe } ad AE Ti ® j À | DE Br ©,£, A, x à k alcutt A . i
bras du Nil hindou'. Mais l'ensemble du delta s’est graduellement déplacé vers le sud : à mesure que les alluvions gagnaient sur Lx mer et que le courant fluvial se prolongeait, les terres des campagnes supérieures se consolidaient, et le Gange s’y maintenait dans un lit plus fixe, sans s'épancher à droite et à gauche en branches latérales. Actuellement la tête du delta est à 2S kilomètres au sud des ruines de Gaour, à 590 kilomètres de la mer à vol d'oiseau, à 480 kilomètres en suivant les sinuosités du courant; le territoire embrassé par les coulées extrèmes du Gange et du Brahmapoutra dépasse 80 000 kilomètres carrés. Le bras principal, qui perd le nom de Gange pour prendre celui de Padma ou de Padda, « Fleur de Lolus », serpente dans la direction du sudest à la rencontre de la Djamouna, qui est le vrai Brahmapoutra : le bras secondaire du Gange garde le nom de Bhagirati, comme la source sacrée du Gange, et c'est en effet dans ce lit, maintenant rétréci, que passe le flot le plus vénéré, Sans nul doute, la Bhagirati, maintenant fermée, mème pour les barques, pendant une grande partie de l'année, et près de devenir un « bras mort », était autrefois le véritable Gange; la rupture
des terres argileuses, çà et là mélées
; de kounkour ou concrétions calcaires, qui limitaient le cours du fleuve, per-
mit à la Padma de s’épancher vers lorient pour aller rejoindre le Brah-
besmanegramennaemmts | TR Ë *
et ! 1 Carl Ritter, Asien, Band IV, 6 ter Theil,
BE mapoutra, jadis distinct du Gange; tel est probablement le sens de la légende, d'après laquelle un génie aurait englouti en cet endroit les
cn € fluv ma ten mo gra var qu foi ait
GANGE, BHAGIRATI, HOUGLI. 515
eaux de la rivière saerée'. En continuant de descendre vers le sud, serpentant en méandres qui forment des ovales presque complets, la Bhagirati s'unit à La Djellinghi et à la Tehourni (Mata bhanga), que lui envoie le bras principal du Gange, et prend alors un autre nom, celui de Hougli, qu'il porte jusqu'à la mer. A l'est, toute la région qui s'étend jusqu'au Brahmapoutra est parcourue par des rivières entremélant leurs eaux, perdant et represant leurs noms : chaque inondation modifie la géographie et la nomenclature de ce territoire. A l'ouest se voient aussi des traces d'anciens lits du Gange : l'estuaire de la Roupnarayan est encore désigné par les riverains comme une embouchure du fleuve sacré,
Le Hougli lui-même a singulièrement changé depuis l'époque où les commerçants européens établirent des comptoirs sur ses bords, et nombre de cités, jadis importantes par leurs relations directes avec les ports de l'Atlantique, ne voient plus que des barques mouiller devant leurs quais. Mais si les Anglais ont laissé s'envaser les chenaux de Satgaon, de Hougli, de Tehinsourah, de Chandernagor, de Serampour, comptoirs qui appartenaient ou qui appartiennent encore à d’autres puissances que la Grande- Bretagne, ils ont d'autant mieux soigné la partie du Hougli qui forme l'entrée de leur grand port de Caleutta; ils n'ont reculé devant aucune dépense pour maintenir et approfondir les passes du chenal, fixer les berges, empêcher les déplacements des banes de sable, baliser les dangers, et grâce à la discipline qu'ils ont su imposer au flux et au reflux de marée, ils ont en effet réussi à transformer en un chemin relativement facile une des voies fluviales les plus périlleuses jadis. Le mascaret, dont le rouleau, s'élevant de 2 mètres au-dessus de la rivière, remonte le courant avee une vitesse de 8 mètres par seconde, est encore un danger pour les petites embarcations; mais les navires ayant un tirant d’eau de près de 8 mètres cinglent mainlenant avec passagers et marchandises devant les deux estuaires de la Damoudah et de la Roupnarayan, dont les sables ont englouti autrefois un si grand nombre de bâtiments. Dès qu'un navire touche les banes, le courant qui tourbillonne en cet endroit soulève les sables autour de la earène, qui s'enfonce peu à peu, comme par une sorte de succion : on vit parfois, en l'espace d'une demi-heure, des bateaux à trois mâts s’engloutir ainsi jusqu'aux vergues.
Si le Hougli est devenu le Gange au point de vue commercial, si même, historiquement, il doit être considéré comme la continuation de la rivière
! Walter S. Sherwill, Report upon the Bhaugiruthee River, 1857 ; — Fergusson, Proceedings of the Geological Society, april 1865.
RE
sacrée, la vraie bouche du Gange pour la masse des eaux est le courant de la Meghna, qui emporte aussi les eaux du Brahmapoutra et qui suit du nord-ouest au sud-est la direction de la Padma. La Meghna, qui d'ailleurs se ramifie elle-même en plusieurs bras autour des îles de son estuaire, large d’une centaine de kilomètres, est, de tous les courants du delta, celui qui mériterait le plus de donner son nom au système hydrographique commun du Gange et du Brahmapoutra. C'est par ce canal que roulent les caux ingouvernables des deux fleuves unis, rasant les iles, en formant de nouvelles, se perçant des graus vers la mer, comblant les anciens passages. C'est aussi par la Meghna que le flot de la mer pénètre le plus avant dans l'intérieur des terres : tandis que dans le Hougli le flux marin s'arrête devant la ville de ce nom, il se propage par la Meghna et la Padma bien audelà du delta, jusqu'à Radjmahal et même au confluent de la Gogra ; à l'embouchure, la différence de niveau entre le flux et le reflux est d'environ 4 mètres. Le phénomène du mascaret, imposant dans le Hougli, l'est encore bien plus dans la Meghna : parfois, dit-on, la vague, haute de 6 mètres, remonte le fleuve avec une vitesse de 25 kilomètres à l'heure. Le choc de l'onde contre la rive s'entend à des kilomètres de distance ; c'est probablement à ce fracas que doit s’attribuer la légende locale relative au « canon de Barisal » dont le vent du soir apporte le bruit aux riverains de la Meghna : le bombardement que l’on entend de cette ville est celui des flots s’écroulant sur le rivage. Il est rare que, pendant la mousson, les bateaux s’aventurent la nuit sur les eaux de l'estuaire.
Les grands animaux marins, tels que les souffleurs, remontent au loin par la Meghna jusqu'à des centaines de kilomètres de l'Océan. Mais le Gange, de même que l'Indus et le Brahmapoutra, possède déjà une espèce que l’on croit d'origine océanique : c'est le dauphin d’eau douce appelé platanista ; il se joue à côté des bateaux jusque dans le voisinage même de la porte de Hardwar. Comment ce cétacé a-t-il pu s'accommoder graduellement aux eaux douces dans lesquelles il se développe de nos jours? Comment a-til franchi le seuil qui sépare actuellement le bassin du Gange et celui de l'Indus”? Ce sont là d'importantes questions d'histoire naturelle que l'on eherche à expliquer par des hypothèses sur l'existence d'un ancien golfe de Ja mer d'Arabie qui se projetait «u nord-est vers l'Himalaya et qui se serait graduellement transformé en estuaires, puis en plaines fluviales. D'ailleurs, on le sait, le seuil qui sépare les deux bassins du Gange et de l'Indus, entre Saharanpour et Loudiana, est à 281 mètres d'altitude seulement, et souvent les rivières qui descendent des montagnes vers ce faite ont modifié leur cours, portant leurs eaux, tantôt dans l’un, tantôt dans l’aütre
bassin est l'is dans le dans | la I du siè lui rer la dépé abondi:
d'eau crue, nl cubes le débi que pi 12 00 moitié tions, les cat lenter exister n’ont décade et que mème versé rempa du Mi:
cham} unes ment vanch est ép mis b aux Y naltur