‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 155 sur 471 · Î ; He É · texte numérisé non relu

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lants, ils ont malheureusement appris à se défier de l'étranger, et l'arrivée d'un Hindou dans leur pays les effraye « plus que la présence d'un léopard où d'un tigre » ; cependant ils accueillent toujours bien le voyageur et devant chaque maison se trouve un siège d'honneur, le € banc de l'étranver », où les passants, quelles que soient leur race, leur couleur, leur religion, sont invités à s'asseoir et à jouir de l'hospitalité familiale. N'ayant point d'artisans de leur race, ils ont été obligés d'inviter des forgerons, des tisserands et d'autres ouvriers de race étrangère, mais ils traitent ces immigrants comme des hommes de leurs propres tribus, les admettent par mariage dans leurs familles et peu à peu la naturalisation de ces Hindous est complète. Sur les douze tribus des KSantal sept se sont conservées presque pures, sans aucun préjugé de caste; mais, dans le voisinage des plaines, des peuplades se sont déjà à demi indianisées, et se laissant pénétrer peu à peu par les mœurs des Bengali, perdent leur dignité de nation libre pour tomber au rang des demi-castes métissées, que méprisent les hommes de.sang pur. La langue que parlent les Santal appartient au groupe kohlarien, qui se distingue par ses formes agglutinantes. De tous les idiomes de cette famille, le leur est le plus développé; il semble avoir emprunté beaucoup de radicaux au sanserit, mais en revanche il lui en a donné plusieurs, et c'est mème dans le dialecte santal que la «€ divine écriture » aurait pris quelques-unes de ses consonnes". Cependant le santal n'a point de littérature, ni même d'alphabet qui lui appartienne en propre; quelques éerits religieux rédigés par les missionnaires et des traductions de la Bible sont jusqu'à maintenant tout l'avoir littéraire des indigènes : dans les écoles, ils apprennent la langue de leurs oppresseurs détestés, les Bengali.

La famille est très fortement constituée chez les Santal. Les mariages ne sont pas décidés d'avance par les parents, comme chez les Hindous; les jeunes gens font leur choix librement, mais toujours dans un clan différent du leur; l'intirvention du père n'a lieu que pour la forme, afin de régulariser la venue de l'étrangère dans la tribu. La polygamie n’est pas défendue, mais 1] est rare que le Nantal en profite; les mœurs nationales ne le lui permettent que si la première épouse est stérile. Les divorces sont rares. Le respect que les Santal témoignent aux femmes se révèle surtout par leurs habitudes d'élégance et de propreté: ils aiment à S’orner de fleurs, de plumes, de houppes d'étoffes et de crins; ils couvrent leurs femmes et leurs filles d’ornements en métal, en fer quand ils sont pauvres, en euivre où mème

1 P, W. Ellis, Preface to Campbell s Telugu Grammar ; — Munter, Annals of Rural Benaal.

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