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quand sa provision de riz ne lui a pas été fournie par des usuriers au taux habituel de cinquante pour cent par an', il doit payer trois ou quatre fois l'impôt aux sous-fermiers des zamindar. Dans la plupart des distriets, les rayat ne sont pas même assurés du droit de séjour sur le sol qu'ils cultivent. Il est vrai que, d’après la lradition, une résidence de douze, vingt ou trente années, suivant les provinces, garantit le paysan contre une expulsion sommaire; mais avant que cette période ne soit icoulée, il est à la merei du propriétaire*, et plus tard la misère, parfois mème la disette ou la famine le forcent à subir toutes les conditions qu'il plait au maître de lui imposer. Dans les provinces du haut Gange, que le gouvernement anglais possède depuis moins longtemps que le Bengale, un
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grand nombre de communes agricoles sont encore constituées en bhayatchara ou « fraternités », mais les marchands et banquiers, djaïna et banya, se sont emparés de villages entiers qu’ils exploitent à leur profit. C'est dans le Behar surtout que la situation du paysan est lamentable et que le poids des dettes en fait l'esclave des usuriers. Dans les distmiets orientaux et septentrionaux du Bengale, les paysans sont moins rongés par la misère et quelques-uns mème, surtout parmi les musulmans, jouissent d'une vérilable aisance; mais là aussi l’ancienne organisation communale n'est plus rappelée que par de vaines pratiques : des pamtehayat où « conseils des cinq » se réunissent encore çà et là, mais leurs délibérations n'ont aucune force contre le jugement des tribunaux ou la volonté des propriétaires. Cependant la plupart des villages nomment leur conseïller officieux, et c’est lui que l’on choisit d'ordinaire comme arbitre dans les discussions. Telle est, en dépit des révolutions, la persistance des coutumes qui reposent sur le sentiment du droit, que les habitants des communes reconnaissent généralement comme moundoul où « chef de village » héréditaire un homme de basse caste, représentant des anciens possesseurs du sol avant l'invasion aryenne ; lors des fêtes locales, ils l’ornent de guirlandes et lui (ont un présent de bois de sandal. Dans la région de Calcutta, 15 « chefs de village » seulement sur 6000 appartiennent à de hautes castes; 1300 sont de eastes intermédiaires, 5600 de castes inférieures”, Deux mille années de domination n’ont pas encore donné à l’'Aryen ses droits de naturalisation définitive,
Les deux moitiés de la plaine du Gange, dont les capitales sont Delhi et Calcutta, contrastent l’une avec l’autre par la distribution des habitants;
1 Hunter, Imperial Gasetteer of India.
# Richard Temple, India.
5 Hunter, Imperial Gasetteer of India; -- Official Reports.
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BASSIN DU GANGE, KARNAL, PANIPAT, MIRATH. 339
d'un côté, les grandes agglomérations urbaines sont nombreuses, de l’autre, la population, en dehors du chef-lieu, est presque exclusivement rurale. Les provinces du Doab, où se suecédèrent les capitales d’empire, appelant le commerce et l'industrie, se sont couve:tes de villes où s’établissaient les immigrants de la Perse, de l'Afghanistan, de la Boukharie, groupant autour d'eux par millions les artisans de la contrée. Le Bengale, au contraire, est resté un pays essentiellement agricole, bien que sa capitale soit en mème temps celle de tout l'empire anglo-indien. Calcutta est la seule grande cité de la province; la plupart des Bengali vivent en de petits villages environnés de bouquets d'arbres. Quoique le pays soit l’un des plus populeux de la Terre, le voyageur qui le traverse pourrait le croire inhabité,
tant les cabanes sont discrètement cachées sous le feuillage.
Limite officielle du Pandjab et des provinces dites « du Nord-Ouest », — quoique formant le centre de la plaine hindoue, — la Bamna serpente dans les campagnes de la « Belgique » de l’Hindoustan, où se décida le plus souvent en de sanglantes batailles le sort des dvrusties du nord. Karnal, ville qui date des temps légendaires dont le Maka-Bharata raconte les grandes luttes, est mentionnée dans Fmstoire de tomtes les earnpagnes, depuis les invasions mahométanes ; de même, Panipat, située au sud de Karmal, et comîne elle sur une ancienne berge abandonnée par la Djamna, qui coule maintenant plus à l'est, est devenue célèbre dans Les fastes de l'Inde par les cinq victoires décisives qu'y remportérent les « Mongols » de Timour, de Baber et d’Akbar, en 1598, en 1596 et en 1556, Les Persans de Nadir chah en 41759, et les Afghans d'Ahmed éhah en 1761. C'est à Panipat que se décidaitentre les armées le sort de Delhi, et en même temps celui de toute l'Inde septentrionale. La grande « route troncale » de l'Hindoustan traverse Panipat et Karnal; le chemin de fer passe plus à l’est, au ailieu du Doab, et les points stratégiques se sont déplacés en conséquence. Saharanpour, Deoband la ville sainte, Mouzaffarnagar, Mirath se suecèdent du nord au sud sur cette voie ferrée. Mirath, déjà fameuse du temps du roi bouddhiste Asoka, qui y fit élever un de ses piliers à inscriptions, transféré maintenant à Delhi, est l’un des principaux cantonnements de l’armée anglo-indienne : c’est là qu’éelata en 1857 la terrible insurrection des cipayes; pourtant les troupes anglaises purent s’y maintenir pendant toute la durée de la guerre. À 55 kilomètres au nord-est de Mirath, sur une berge qui dominait un ancien lit du Gange, se voient quelques décombres:; c’est tout ce qui reste de la « ville des Éléphants », Hastinapoura,
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