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la cité que se disputèrent si longtemps les Kourouides et les fils de Pandou. Depuis plus de deux mille ans, les érosions du Gange ont renversé les murailles de cette Troie de l'Hindoustan.
Delhi (Dehii, Dihli, Dili), qui fat aussi l'une des capitales de l'Inde et dont le gouvernement anglais fit récemment choix pour y dresser le trône impérial de la reine d'Angleterre, à maintes fois ‘té détruite comme Hastinapoura, non par les débordements d'un fleuve, mais par la main des hommes et par l’action du temps. La ville actuelle, dont le nom officiel est Chahdjahanabad, du nom de son fondateur, date seulement de la première moilié du dix-septième siècle, mais jusqu'à 20 kilomètres de distance autour des murs se voient des ruines qui appartenaient aux nombreuses Delhi d'autrefois; la surface sur laquelle s'élèvent d'anciens monuments ou des amas de décombres est évaluée à 116 kilomètres carrés. De toutes ces villes, la plus antique, encore indiquée, à # kilomètres au sud de l'enceinte actuelle, par les murailles d'Indourpout, est celle d’Indraspatha, dont l'épopée attribue la fondation à Youdichtira; trentre-quatre siècles se seaient écoulés depuis que le fils de Pandou conquit ce pays sur les Naga, adorateurs indigènes du serpent. Il y à dix-neuf siècles que les villes successives portent le nom de Delhi. D'après la légende, le pilier de fer de Radjah-dhava, colonne isolée de métal qui marque le milieu de lune des anciennes villes, reposerait sur la tête du roi des serpents : un prince incrédule voulant s'assurer du prodige, fit déterrer le pilier, dont la base se trouva teinte de sang.
La moderne Delhi, demi-cercle dont le diamètre longe la berge occidentale de la Diamns et qui tourne vers le sud-ouest le croissant extérieur de ses murailles, occupe une superficie d'environ 7 kilomètres carrés; quelques saillies parailèles de rochers qui rasent la partie nord-oceidentale de l'enceinte et dont ia dernière arête disparaît au nord sous les alluvions de la Djamna, expliquent l’étonnante fortune de Delhi, Tà se trouve en effet la pointe du iriangle de hautes terres que limitent d’un eôté les plaines du Gange, de l’autre le désert du Thar et les campagnes de l'Indus; les plateaux de tout le système des Vindhya, quoique découpés au sud par de nombreuses vallées, ne se terminent complètement qu'au ridge où « erêt » de Delhi : là finissent tous les obstacles que les inégalités du sol opposent à la inarche des caravanes et des armées. Delhi occupe done exactement l'endroit de l'Inde où divergent les grandes voies historiques de la Péninsule, vers le bassin inférieur du Gange, les passages de l'Hindou-kouch, les bouches de l'Indus et le golfe de Cambay. Avant la construction des grandes routes, Delhi était le point stratégique par excellence de tout le nord de l'Hin-
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doustan, et les capitales devaient y renaître après chaque désastre ou période d'abandon; de nos jours, elle est devenue le principal entrepôt de commerce et la station centrale des voies ferrées entre les trois points extrèmes, Caleutta, Pechaver et Bombay. Même l'hydrographie locale témoigne du rôle d'intermédiaire de Delhi entre lorient et l'occident de l'Inde. En amont de la ville, la Djamna se divise en deux branches, dont l’une se dirige au sud-ouest, comme pour aller se joindre à l'Indus; elle emplit