N9 76. — DELHI
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la dépression marécageuse ou djhil de Nadjafgarh, qui, à son lour, après les pluies, reverse dans la Djamna le trop-plein de ses eaux.
Dans son enceinte actuelle, Delhi se partage en deux cités distinetes. Le quartier du nord, où vient aboutir le chemin de fer, après avoir franchi sur un beau pont de fer les sables, les îlots et l'étroit courant de la Djamna, forme la ville anglaise, séparée de celle des indigènes par de vastes jardins
Le) ? d et de larges avenues. L'ancien palais du Grand-Mongol Chah Djahan, généralement connu sous le nom de « fort », est également isolé du reste de la cité par des places ombragées d'arbres. Transformé maintenant en
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casernes, il a singulièrement perdu de sa beauté; néanmoins l'énorme parallélogramme, qui ne couvre pas moins de #7 hectares, le long de la berge de la Djamna, renferme encore quelques-uns des remarquables édifices de l'Inde : la salle d'entrée, longue de TF4 mètres, est une des nefs les plus majestueuses du monde entier, et la salle d'audience, dont les pavillon: dominent le cours de la rivière et ses iles boisées, est une merveille d'élégance et de grâce, juslifiant par ses arabesques et ses entrelacs l'inscription qui se développe autour du plafond : « V'ilest un ciel sur la terre, le voici, le voici! » La grande mosquée qui s'élève dans la ville indigène, sur une saillie rocheuse, est aussi lune des gloires architecturales de l'Hindoustan ; comparées à cet édifice de si nobles proportions, qui dresse bien au-dessus de la ville ses porches ouvragés, ses minarets, ses trois coupoles de marbre blanc, les bâtisses des Anglais, collège, musée, hôpitaux, casernes, églises, paraissent œuvres de barbares.
Mais c'est en dehors de la ville actuelle, au milieu des anciennes Delhi, que se voient encore les monuments les plus remarquables, temples, mosquées, tombeaux, colonnes, fortifications, appartenant à toutes les époques de l'art hindou depuis plus de deux mille années, Le palais de Ferozabad, renfermant le pilier d'Asoka, les ruines d'Indourpout, le tombeau de Houmayoun, l'observatoire qu'éleva le radjah de Djeipour en F2S, se succèdent dans la plaine au sud de la ville et les avenues d'édifices se terminent, à 15 kilomètres des murs de Delhi, par le groupe des mosquées et des colonnades de Koutab. Une « tour de la Victoire », élevée au treizième sièele, domine ces constructions : c'est un faisceau de colonnes divisé en cinq étages par des galeries circulaires, des cordons de sculptures et d’inseriptions en relief. La tour diminue 4 crgeur de la base au sommet, et sa hauteur, qui est de 72 mètres, se trouve ainsi accrue en apparence par un effet de perspective. De la coupole, en partie brisée par le tremblement de terre de 1S05, on aperçoit à ses pieds, limitée à l'ouest par la chaine des collines, toute l'étendue de la plaine historique où surgirent tant de cités.
Il est facile de comprendre l'orgueil qu'éprouvent les patriotes de l'Inde à la vue de ces témoignages de la gloire des aïeux. En 1857, lorsque les Anglais, après avoir été chassés par les cipayes révoltés, furent obligés de reprendre la eité d'assaut, puis de faire le siège du tombeau de Houmayoun, pour s'emparer de là personne du € Grand-Mongol », ils expulsérent tous les habitants de Delhi, hindous et musulmans, et ceux-ci, tant que dura le régime de la loi martiale, durent rester en dehors des murs. entrés dans la ville, ils y sont maintenant plus nombreux qu'avant la
cuerre, et c'est à eux principalement qu'appartiennent, dams la rue de