‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 175 sur 471 · RARE · texte numérisé non relu

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purt et l'ensemble du delta s'appelait « ile de Kasimbazar ». En 1815, le commerce s'était déjà en grande partie déplacé pour se porter vers la nouvelle ville de Barhampour (Brahmapour), où ks Anglais avaient établi leurs cantonnements militaires, lorsqu'un soudain détour de la Bhagirati laissa Kasimbazar au milieu des marais; le mouvement de dépopulation devint une véritable déroute, et la Compagnie des Indes, qui possédait en cet endroit une très importante filature, dut l'abandonner. L'ancienne colonie européenne n'est indiquée que par les nombreuses pierres tombales du cimetière. Au sud de Barhampour, le champ de bataille de Plassey ou Palasi a subi le sort opposé : au lieu d’avoir été délaissé dans les terres, loin du fleuve, il a été emporté en entier par les erues.

Nadiya, l'une des capitales qui précédèrent Mourchidabad, était au onzième siècle la résidence du dernier souverain de race hindoue qui régna sur le Bengale. Elle n'a pas disparu comme tant d'autres eités de cette région dont le sol est incessamment remanié par les eaux; mais le fleuve à, pour ainsi dire, joué avec elle : fondée sur la rive droite de la Bhagirati, etle se trouve maintenant sur la rive gauche. Krichnagar, située à ane dizaine de kilomètres à l'est sur la Djellinghi, l'a de beaucoup dépassée en importance; de même, les deux villes très commercantes de Kalna et de Kantipour, siluées en aval sur des méandres de la Bhagirati, qui à déjà pris en cet endroit le nom de Hougli. Les villes de cette région du Bengale étaient jadis fameuses par leurs écoles, et Krichnagar se distingue encore par son collège d’études sanserites. D'une autre eité d'écoles, Tribeni, il ne reste qu'un ghat, escalier sacré où descendent les pèlerins pour se baigner dans les eaux du fleuve. Tribeni ou les € Trois Fleuves », ainsi nommée du confluent de deux coulées avec le Gange, n’a pas changé de nom depuis plus de dix-huit siècles : Pline et Ptolémée la mentionnent comme l’une des grandes places de commerce de l'Inde.

A Tribeni, l’on entre déjà dans la banlieue de Caleutta. L'ancien port de Satgaon ou Saptagram, c’est-à-dire les « Sept Villages », fut longtemps le chef-lieu commercial du delta gangétique, mais, le chenal s'étant empli de vases, le lieu d'ancrage dut changer, et les Portugais, qui arrivaient alors dans le pays, fondèrent la cité de Hougli : c'était en 1547. L'église et le monastère de Bandel, que l’on voit encore au nord de la ville, sont les plus vieux édifices chrétiens qui existent dans l'Inde septentrionale. Les Portugais restèrent près d’un siècle dans leur colonie, mais en 1629 l'empereur Djahanghir mit le siège devant Hougli et prit la ville d'assaut : presque toute la flotte portugaise fut capturée et les prisonniers furent tués ou convertis de force à l'islamisme. En 1642, les Anglais apparurent à leur tour,

NADIYA, HOUGLI, CHANDERNAGOR, 571

et, comme les Portugais, en vinrent bientôt aux mains avec leurs hôtes : la victoire leur resta et Hougli devint un de leurs points d'appui pour d'autres conquêtes, La ville de Tehinsourah, située au sud de Hougli et ne formant avec elle qu'une même municipalité, était une colonie hollandaise; c'est en 1826 seulement qu'elle a été cédée à l'Angleterre, C'est à Tehinsourah qu'un pont fixe de 400 mètres de longueur unira prochainement les deux lignes de chemin de fer qui bordent le Hougli.

Le comptoir français de Chandernagor, — Techondan nagar, la « Ville du bois de Sandal, » où Tehandra nagar, la « Ville de la Lune », — rappelle les temps où Dupleix cherchait à conquérir pour la France l'empire de l'Inde. Occupée en 1675, achetée au Grand-Mongol en 1688. Chandernavor devint pendant la première moitié du dix-huitième siècle une ville considérable et les navires ancraient par centaines devant ses quais; en 1797, la trahison de Terraneau la livra aux Anglais !. Ruinée par les guerres, par le cordon des douanes dont elle est entourée et par l'envasement du fleuve, qui n'a plus maintenant que 5 mètres d'eau dans le chenal, Chandernagor est restée du moins l’une des plus gracieuses villes du Bengale; ses temples et ses palais dégradés sont entourés du vaste jardin que lui forment des bouquets de palmiers, des massifs de multipliants et autres grands arbres. Farach-dounza ou la « Commune Française » occupe avec tout son territoire une superficie de 940 hectares seulement, et son trafic est sans importance aucune: les navires français s'arrêtent à Calcutta*.

Toutes les nations commerçantes de l'Europe voulaient posséder un comptoir sur le fleuve du Bengale et prendre leur part des précieuses denrées du pays. En aval de Chandernagor, et sur la même rive occidentale du Hougli, les Danois avaient acquis la ville de Serampour, qu'ils désiunaient sous le nom de Frederiksnagar. Vendue à l'Angleterre en 184, Serampour est maintenant une dépendance de Caleutta où de nombreux négociants ont établi leur séjour habituel. Cette ville fut longtemps le centre des missions protestantes de l'Hindoustan et son collège de propagandistes religieux est un établissement considérable, dont la bibliothèque renferme de rares manuscrits. En face de Serampour, sur la rive gauche du Hougli, se voit le beau pare de Barrackpour, l'une des résidences du vice-roi des Indes. Ce nom hybride de Barrackpour indique le voisinage des

! Journal of the Asiatic Society of Bengal, li, 1867. ? Commerce de la France avec le Hougli en 1878 :

Importation à Caleutta. . . + +. . + - +. 7 006 000 francs. Exportation de Caleutta . . . . . ose < 00681000 »

Ensemble, . . . . + «+ . « + . . + 97 687 000 francs.

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cantonnements militaires qui ont remplacé l'ancien fort de Nyaranagar, construit par un radjah de Bardwan. En 1824, un régiment de cipayes campé à Barrackpour refusa de partir pour la guerre de Barmanie : il fut exterminé,

Caleutta, la capitale de l'empire anglo-ndien, et, après Bombay, la cité la plus populeuse de l'Asie méridionale, est d'origine récente. Ilexistait bien en cet endroit un petit village, Kalikota, mentionné en 1596 dans les registres d'impôt dressés par l'ordre d'Akbar, mais c'est près d'un siècle plus tard que les marchands anglais de Hougli abandonnèrent ce comptoir pour s'établir sur la rive gauche du fleuve, à l'abri des incursions des Mahattes, Ils bâtirent leurs magasins et leurs demeures sur l'emplacement des trois hameaux de Soutanati, de Kalikota et de Govindpour, et le nom du hameau central, qui rappelle le culte de Kali, la déesse sanguinaire, finit par prévaloir, Les marins et les étrangers transformèrent cette appellation en celle de Golgotha, par allusion à l'effrayante mortalité de la ville, que des marais entouraient de toutes parts et qui se trouvait en maints endroits au-dessous du niveau des inondations fluviales. De nos jours, les divers quartiers sont assainis par un réseau d'égouts, par de beaux pares, et des eaux pures coulant en abondance: en 1N7T, la mortalité était devenue plus faible à Caleutta que dans plusieurs cités d'Europe, telles que Naples et Florence: néanmoins la zone des terrains marécageux et des ritières souvent inondées entoure encore la ville à Fest et au sud : le marais de Dhappamanpour, appelé « Lae Salé » par les Anglo-Indiens, S'étend à l'orient de Calcutta sur un espace d'environ KO kilomètres carrés, et se remplit des immondices de la ville, qu'y apporte un chemin de fer spécial. Depuis ISTE, la mortalité s'est accrue de nouveau, au point de dépasser la moyenne des naissances, et la population urbaine à régulièrement diminué, quoique le nombre des habitants se soit prodigieusement accru dans les campagnes du Gange ‘. ;

La possession du sol mouvant sur lequel s'établirent les marchands de la Compagnie des Indes ne leur fut point abandonnée sans lutte, En 1756, le nawab du Bengale, Saradj-oud-Dhoula, mit le siège devant la citadelle de Fort-William et S'en empara: les prisonniers européens, au nombre de 146, furent enfermés dans une étroite chambre, le fameux « trou noir » (Black Hole) des annalistes anglais, et le lendemain, quand le eachot fut

1 Mortalité de Calcutta :

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