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se forment de nouveaux ravins, On sait que dans aucun pays du monde les averses ne dépassent en abondance celles de Tehera pondji où € Nillage des Ruisseaux », dans les monts Khasia. EU non seulement la quantité des plaies est exceptionnellement forte dans éette partie de FAssam, la durée de la saison pluvieuse est aussi plus grande que dans les autres régions de l'Inde; elle commence en mars et ne finit que vers le milieu de novembre, de sorte que, dans le voisinage des rivières, les plaines restent pendant huit mois sous l'eau, Sur ces campagnes inondées, atmosphère est presque toujours lourde, moite, chargée de miasmes, Mème pendant la saison des sécheresses et des froidures, de novembre en février, un épais brouillard s'élève vers minuit des régions basses et durant toute la matinée sa masse insalubre pèse sur les campagnes. Toute communication se trouve interrompue entre villages voisins pendant la saison des averses: telle est la cause principale de l'extrême fractionnement de maints groupes parmi les populations de même langue et de même origine : les londrières et les marais formés par le débordement des ruisseaux séparent plus es hommes que ne le feraient des bras de mer, Outre les chemins naturels qu'offrent les cours d'eau, ilexiste çà et là quelques hautes chaussées, construites à une époque de civilisation antérieure el soigneusement entretenues par les Anglais. En dehors de ces routes, il serait absolument impossible de voyager, si l'on ne disposait des services de l'éléphant. Les forêts des plaines basses et des vallées sont encore plus épaisses que celles du pays des Garro, mais les plateaux sont presque tous déboisés; e'est Be que se sont établies les tribus des Khasia et des Djaïntia, abattant les arbres pendant la courte saison des sécheresses et les livrant aux flammes pour en débarrasser le sol, La flore des monts Khasia est la plus riche de Plnde et probablement de toute Asie : on n’y trouve pas moins de 290 espèces d'orchidées, Cette étonnante richesse végétale provient de l'extrême variété des sols dans un espace étroit : marais et lourbières, éboulis, roches, pentes nues ou boisées, plateaux, entremêlent leurs végétations partieubières! dans la plaine, le banyan où € multipliant » forme à lui seul toute une forêt ; sur les pentes eroit le gigantesque gardjan, droit et ferme, étalant son branchage à 60 mètres au-dessus du sol : les indigènes en percent le Lrone pour y allumer des feux qui font jaillir du bois une huile odoriférante,
De grandes routes militaires que les ingénieurs n'ont pu tracer sans livrer combat aux indigènes, toignent à travers les monts Khasia la haute
1 ooker, Himalayan Journals.
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lois, d'après une photographie de M. Frith
Dessin de P. Lans
MONTAGNES DES NAGA, HAUT BRAHMAPOUTEA. SJ
vallée du Brahmapoutra à celles de la Sourmah et du Barak, et ees votes arllicielles, mieux que les brèches naturelles du plateau, forment les lignes de séparation entre les divers groupes de hauteurs. Mais à l'est des Djain- Ua, une dépression profonde interrompt presque complètement le système montagneux. Il recommence aux monts des Naga, dont l'exploration <cienülique n'a commencé qu'en 1872, sous la direction du géologue Godwin- Austen. La région de ces montagnes qui continue directement le système orographique au nord-est s'abaisse graduellement, et de distance en distaneec les rivières descendant vers le Brahmapoutra la coupent de larges et proloudes vallées où Godwin-Austen à découvert des traces d'anciens glaciers". Les sommets les plus élevés de ces crêtes n'atteignent pas 1000 mètres: mais au sud elles se rattachent à d'autres chaînes, beaucoup plus hautes, qui forment le faite de partage entre le bassin de la Meghna et eelur de lrraouaddi. L'une de ces chaines, le Barel, à 2000 mètres de hauteur moyenne, et même un de ses dôme:, souvent couvert de neige, s'élève à 970 mètres : Godwin-Austen à désigné provisoirement par une simple lettre de l'alphabet ce point eulminant de la frontière entre l'Inde et Findo- Chine. Le faisceau de crêtes diminue peu à peu en hauteur vers le nordest, et les monts Patkoï présentent des brèches nombreuses, de 600 à 1000 mètres d'altitude, qui permettent de passer facilement du haut Brahmapoutra au haut Irraouaddi; les principaux obstacles proviennent de l'épaisseur des forêts et de l'étendue des marécages,
C'est au nord du Dihing, l'un des grands affluents orientaux du Brahmapoutra, que commence la « terre inconnue ». On sait pourtant qu'elle est très montueuse el que ses pies s'élèvent à une hauteur considérable, Un sommet qui se dresse au nord du Dihing, le Doup'a Boum, n'a pas moins de 4175 mètres, et les rares voyageurs qui ont parcouru cette contrée, essayant de pénétrer dans le Tibet oriental, décrivent uniformément le pays comme un des plus difficiles à parcourir à cause de l'escarpement des pentes, du manque de chemins et du lacis de lianes qui rattache partont les arbres les uns aux autres, Le village de Nimé, point extrème qui ait été alleint dans cette direction, est déjà dans le cœur des montagnes appartenant au système du Tibet oriental : seulement d'étroites vallées, où passent les hauts affluents du Brahmapoutra, séparent dans cette région les divers massifs qui continuent à lorient la saillie des monts Himalaya. C'est à Simé que furent massacrés, en 1854, les deux missionnaires Krick et
Doury, qui s'étaient aventurés dans ce pays sauvage.
5 Journal of the Asialic Society of Bengal, aug. 1875: — Ocean Highways, may 1K75.