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sis NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Il n'est probablement pas de fleuve sur la Terre qui accomplisse un travail géologique aussi considérable que la Maha naddi, relativement à la superficie de son versant et à la portée moyenne de ses eaux. Il est vrai, la Maha naddi a 856 kilomètres de longueur et son bassin comprend un territoire dépassant 100 000 kilomètres carrés, environ le einquième de la France; mais, en comparaison du Gange, du Yangtze et des autres fleuves puissants de l'Asie, la Maha naddi où « Grande rivière » est d'ordinaire un cours d'eau de médiocre apparence. Pendant la plus grande partie de l'année, elle n’est qu'une légère nappe glissant avec lenteur dans un trop large lit: on à vu son courant se réduire à 51 mètres cubes par seconde; c'est le débit d'une petite rivière comme la Somme, le üers de Ta Charente. Mais dans les grandes erues Ta Maha naddi devient plus qu’un Rhône, plus même qu'un Nil ou qu'un Mississippi: à la sortie de sa gorge des Ghat, où l'inondation s'élève de 20 mètres au-dessus du bas niveau d'hiver, on l’a vue rouler une masse liquide représentant plus de 50 000 mètres cubes à la seconde, un tiers de plus que le Mississippi au plus fort de ses débordements. Mais ce n’est pas tout : li Brahmani et la Baïtarani débouchent dans le même delta que la Maha naddi, apportant respectivement, lors de leurs déluges périodiques, 11500 et 5650 mètres cubes d'eau; les rivières d'Orissa ont alors une masse d'eau près de deux fois supérieure à celle du Mississippi débordé. Les lits errants frayés dans le delta n'ont pas une section suffisante pour contenir le flot qu'ils reçoivent; les débordements sont inévitables !
Les rivières d'Orissa, et notamment la Maha naddi, peuvent être assimilées pour leur régime hydrographique à des ravins creusés sur le flanc des montagnes. En haut s'ouvre le cirque d'érosion où s'amassent les eaux et les boues et qui fut une mer intérieure; plus bas vient l'étroit couloir où se précipite la masse liquide chargée de débris, puis à l'issue de la gorge commence le talus de déjection, étalant au loin dans la mer la courbe régulière de sa base. Comme sur tous les talus de ce genre, les courants partiels du delta rejettent en dehors de leurs rives les vases dont ils sont remplis, exhaussant ainsi graduellement leurs lits au-dessus du sol environnant. Lors des inondations, l'eau se déverse à droite et à gauche dans les parties basses du della, où elle S'étale en flaques eten marais, sans pouvoir rentrer dans le Bt fluvial, à moins que le courant n'ait changé de place et ne se soit, lui aussi, jeté dans la dépression pour lexhausser peu
à peu. C'est ainsi que, pendant le cours des âges, se régularise la déelivité
1 Harris, Records op the Government of Bengal. AK60.
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