‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 206 sur 471 · EME · texte numérisé non relu

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mais par de simples marques parallèles, tracées sur le frontet sur les tempes,

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indiquant par leurs dimensions et leur écartement le elan et la tribu d'origine, La nuance de la peau varie du noir au rougeâtre, suivant le lieu de séjour et le genre de nourriture; mais les Kohl ne se mélangent que peu

avec les gens de race différente; leurs mariages se font toujours en dehors

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du elan, dans une subdivision de la même tribu. Ils vivent en répu-

bliques, portant régulièrement leurs impôts au chef-lieu de distriet, sans permettre au percepleur de mettre le pied dans leurs forèts', Les seuls étrangers qu'ils tolèrent dans leurs communautés sont des tisseurs, des potiers et autres artisans de race aryenne, descendants d'anciens captifs; après la culture du sol, dans laquelle ils se distinguent par leur zèle et leur habileté, ils ne se sont réservé qu'une industrie, le travail du fer. Ils tiennent beaucoup à leur patrimoine, et e'est pour le défendre contre les empiètements des Hindous de la plaine qu'ils ont maintes fois expédié la fèche de guerre à leurs voisins et qu'au jour fixé ils sont descendus pour ravager les villages de leurs ennemis. Comme les Santal et les Oraon, comme maintes tribus mongoles, comme les Indiens de l'Amérique du Nord, les Koh donnent à leurs divers clans des animaux pour symboles; chacun a son totem. Hs révèrent les mânes des ancêtres, conjurent par des offrandes la malveillance des animaux féroces, du tigre surtout*, vénèrent le soleil, « père des hommes », les fleuves, les montagnes et toutes les forces de la nature: près de chaque hameau se trouve encore un bosquet sacré, reste de l'ancienne forêt vierge, et c'est un crime de porter la hache sur un de ces arbres où les dieux font leur demeure, Parfois ils offrent au soleil des animaux en sacrifice, mais son autel ne doit pas être façonné de main d'homme : chez les Kharria, c'est une fourmilière qui reçoit le sang des victimes. Les Kohl n'ont point d'institutions qui rappellent le matriareat : à cet égard, ils contrastent absolument avec les Garro et autres indigènes

de l’Assam. Chez eux, l'héritage passe directement du père aux fils, et ceux-

ci se partagent la fortune par fractions égales, à lexelusion des sœurs,

qui leur appartiennent comme le bétail; c'est à eux que revient la somme payée par l'amant pour l'achat de sa femme. Loin de pouvoir choisir son mari, comme la jeune Garro, la fille Koh doit attendre long-

Tone. de

! Tickell, Journal of the Asiatie Sociely of Calcutta, \S#0: — Stohr, Mittheilungen von Petermann, ASGI, n° 6.

* Pelplace, Annales de la Propagation de la Foi, mu 1879,

temps, à cause du haut prix anquel elle est cotée par la famille, Les mariages sont en moyenne beaucoup plus tardifs chez les montagnards du Tehota- Nagpore que dans toute autre partie de linde; ilest rare qu'ils ne soient pus heureux. L'union, suivie trois jours après d'une fuite de l'épouse et d'un enlèvement fictif, rend la femme légale de l'homme, et celui-ci ne manque jamais de la consulter dans les actes importants, Quant aux rites funéraires, ils ressemblent à ceux des Khasia, Les Kohl brûlent avec le mort les objets qui lui plaisaient et recouvrent les cendres de dolmens et de pierres dressées: maint village se reconnait de loin à ses mégalithes. Les Kharria agissent autrement : de même que les Santal, ils confient les cendres aimées au courant d'une rivière; le flot sacré est pour les Santal celui de la Damouda, pour les Kharria celui de la Brahmani.

En général intelligents et très désireux de plaire, — trop désireux même, ar une offense, un manque d'égards, les poussent souvent au suicide!, — les Koh] sont peut-être les indigènes qui acceptent le plus facilement la religion des Anglais. Tandis que chez les diverses peuplades les églises pro: lestantes se composent seulement de quelques faméliques, en dehors des des missionnaires et de leurs familles, les communautés chrétiennes du pays kohl comprennent des milliers d'individus : Finimitié contre les Hindous aide en beaucoup d'endroits au changement de religion. L'influence anglaise s'est exercée d'une autre manière sur les tribus des Khond où Khand, dont le< familles vivent éparses dans la région des Ghat orientales, et principalement au sud de la Maha naddi, dans l'Orissa méridional, le Kalahandi, le Bastar et quelques districts de la province de Madras. Ces Khond ont gardé leur religion, mais ils n'ont plus la coutume horrible des sacritices humains, et linfanticide, jadis très commun ehez eux, est maintenant considéré comme un crime.

Dravidiens par le langage’, les Khond, qui d'ailleurs sont assez nombreux, puisqu'on en compte 75 000 dans lOrissa seulement, autant dans le Kalahandi, sont de race mélangée. Chose étrange, à côté de peuples si remplis de scrupules sur la démarcation des clans ou des castes, ils ne prennent aucun soin de conserver la pureté de leur sang: des milliers d'Hindous de basse caste vivent au milieu d'eux; en outre, la pratique du meurtre des filles, qui distinguait si tristement les Khond de toutes les peuplades environnantes, les obligeait à se procurer des femmes de tous les côtés, chez leurs voisins les Kohl, chez les Hindous de la plaine et les Gond

1 Dalton, Ethnology of Bengal 2 Dalton, ouvrage cité,

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des Provinces Centrales; dans quelques villages, on eût cherché vainement une petite fille : ehacune avait été placée immédiatement après sa naissance dans un vase de poterie neuve el enfouie à l'endroit indiqué par l'astrologue comme celui d'où pouvait souffler le mauvais sort, Mais si les Khond s'allient volontiers à leurs voisins, ils tiennent avec âpreté à la possession du sol, qui leur appartient & depuis le commencement », cet jusqu'à maintenant a plupart ont résisté aux tentatives des zemindar qui voudraient annexer ces terres à leurs domaines: même ils ont su éviter de payer Fimpôt aux Anglais, Afin de mieux lutter pour le maintien de leurs droits, les Khond se sont organisés en fédération et se réunissent

N° 05, == PAYS DES KIHOND,

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