‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 208 sur 471 · TRIBUS DU :CHOTA-NAGPORE · texte numérisé non relu

TRIBUS DU :CHOTA-NAGPORE

limitrophes de Madras et des Provinces Centrales : de huit à dix millions d'hommes constituent le groupe du langage ouriya. Les Hindous qui parlent cet idiome appartiennent à toutes les castes, dont quelques-unes, entre autres celles des Pan, qui s'occupent du commerce de détuil, et des Telinga, établis comme pêcheurs autour du lae Chilka, sont évidemment de race mélangée, dravidienne et kohlarienne. A maints égards, on se trouve dans l'Orissa sur la frontière commune du monde aryen et du monde dravidien, et c'est peut-être à ce fait que T'Orissa doit sa sainteté particulière pour les deux races, qui s'y combattirent souvent et y élevèrent des monuments en souvenir de leurs combats. Parmi les castes hindoues, il en est qui, pendant le cours de ce sièele, se sont relevées de l'opprobre qui ies accablait : 11 leur a suffi de vouloir, Les Tehamar du Tehatisgarh, auxquels on ne laissait que le métier d'équarrisseurs et de lerrassiers, se groupérent un jour autour d’un prophète qui proclamait l'abolition des castes et ! égalité des hommes, Ne reconnaissant plus de supérieurs parmi les autres Iindous, ils ont cessé d’être considérés comme des inféricurs, L'usage populaire à même changé leur nom : on les appelle Satnami, d'après l'exclamalion Sat nam, sat nam! qu'ils poussent matin et soir en se proslernant devant le soleil, Ces HMindous qui ont su reconquérir une place respectée et qui forment lune des classes les plus industrieuses, sont au nombre de près de 500 000!

Habités en grande partie par des populations sauvages et non encore lraversés par un chemin de fer qui les rattache à Caleutta où à Bombay, les hauts bassins de la Soubanarekha, de la Baïtarani, de la Brahmani, de la Maha naddi n'ont point de villes populeuses ; mais les ruines et les amas de seuies, près des gisements d'or et de cuivre* prouvent que le pays appartenait jadis à un peuple eivilisé. Le bloc prismatique de grès appelé Ramgarh où « château de Rama » que l'on voit, comparable à un fort gigantesque, se dresser au-dessus de Ta forêt de sal, près des sources de la Noubarnarekha, porte, à laltitude de S00 mètres, les restes d'une ville dont la double enceinte offre les plus remarquables détails de style hindou mêlé d'arabe ; les grottes naturelles du Ramgarh sont couvertes de seulp- Lures et d'inscriptions, Tehaïbasa, le chef-lieu du distriet de Singbhoum

ou Pays des Seigneurs », — ainsi nommé d'après des princes radjpoutes,

unter, mperial Gaseltcer of India.

* Stohr, Mitlheilungen von Petermann, 4851, n° 6,

198 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSEULE,

— n'est qu'une petite ville sur un haut affluent de la Baïtarant, mais elle D est fort curieuse par ses marchés, où les sauvages de races diverses aecou- ol rent par milliers. pl “ue fe Dans le bassin supérieur de la Maha naddi, la ville plus considérable est ri uk sd gt" Raïpour, située à moins de 500 mètres d'altitude, presque au centre de Ci | ! FA TR la plaine jadis lacustre, qui est devenue le fertile distriet de Tehatisgarh ue FA ou des € Trente-six Châteaux ». Sa position en à fait un marehé très actif, tr EE LRU Dongargaon, naguère hameau perdu dans la jongle, est devenu le prineipal ce OA Re lieu de rendez-vous pour les marchands de blé; on y voit pendant les foires on k 1 ut ÿ L N° 90. — RÉGION DES MINES DE DIAMANT, PRÈS DE SAMBALPOURS de \ M hy ' à re Lee qu ii vert #1 1° - pr NE LS ni TA To AE es su “ ; les Ë Let ÿ Bh l ; res Fra d’o “A or « r'ac À 1: 300 000 ï; Qu L . 7 ni tan url pi plus de cent mille étrangers, avee 40000 bœufs et 15 000 charrettes, Sam- l a balpour, dans les gorges de lt Maha naddi, a l'avantage de se trouver au ré We k bord de ce fleuve navigable, qui, suivant les saisons, varie de 40 à 1600 tan 4 mètres sa largeur devant la ville. Elle est devenue célèbre par ses mines di es diamants, déjà visitées par l'Européen Motte en 1766 : l'endroit où on Bai les trouve en plus grande quantité est près du confluent de la rivière pré Ib (Hebe), À l'époque des basses eaux, environ cinq mille Djhara où € La- rh veurs » accourent au bord de la Maha naddi pour barrer le bras de ce usl fleuve qui passe sur le Hira kound où € Fontaine de diamants » et chercher les pierres précieuses, mêlées aux galets du Hit fluvial. Plus d'une fois ,

les Européens se sont fait concéder le monopole de ectte industrie, mais les Ê

SAMBALPOUR, CATTAK. 1929

bénéfices de l'exphitation n'ont pas suffi à couvrir les frais", Quelques géographes ont identifié Sambalpour avec la ville de Soumalpour, mais il est probable que ce marché de diamants se trouvait plus au nord, sur la rivière Goel, haut affluent de la Brahmani, En aval, Sonpour et Bod, deux capitales d'États médiatisés, ne sont que des bourgades.

Cattak, c'est-à-dire le € Fort », capitale de l'Orissa, occupe le sommet twiangulaire du delta, entre la Maha naddi proprement dite et la Kadjouri : ce serait à une position géographique admirable, si le courant de la « Grande rivière » n'était pas si dangereux el st la navigation pouvait utiliser régulièrement les bras chamgeants du delta. Cattak à dù s'entourer de hautes levées qui là transforment en ile pendant les crues : ces travaux hydrauliques et les barrages du fleuve sont les constructions les plus remarquables de la ville; quant au fort qui Jui valut son nom, il n’est plus qu'un monticule de débris. Mais les montagnes des alentours ont gardé de précieux monuments des époques bouddhique, mahométane et brahmanique, images laillées dans le roc et grottes transformées en temples. Toutes les révolutions religieuses de J’Inde ont laissé leurs traces sur le sol sacré d'Orissa, el ce sont les sites les plus grac'eux que lon à choisis pour les orner de colonnades et de sculptures. Le groupe le plus eurieux de temples se trouve à une trentaine de kilomètres an sed de Cattak, près de Bhouvanechvar, bourgade qui fut capitale de royaume. La plupart des restes d'architecture qui se trogsent dans les grottes envirommantes sont d'origine bouddhique, Une imseription des roers est une de celles que fit uraver en tant d’endroits l'empereur Asoka; une autre, plus ancienne, raconte l'histoire d'un roi de Magadha qui vivait y a vingt-deux siècles”. Quelques sculptures des temples reproduisent Les formes humaines avec tant de grâce et de vérité, que des archéologues les ont attribuées à des artistes gréco-bactriens.

Comme « terre sainte » des Hindous, le pays d'Orissa se divise en quatre régions, qui d'ailleurs sont toutes des € parvis du ciel » et dont les habilants ne peuvent manquer d'entrer après leur mort dans le monde des esprits bienheureux, Dès que le pèlerin, venant du nord, a franchi la « tiède Baïtarant », le € Styx des Hindous », il entre dans un monde nouveau : le prètre lui souffle à l'oreille qu'il vient de pénétrer dans le domaine du tervible Siva et de Parvati. Au sud-est, vers les bouches de Ta Maha naddi, est la région Au Noleil, actuellement peu visitée, quoique des sanetuaires

UV, Ball, The Diamonds, Coal and Got of India, ? Rajendralala Mitra, Antiquilies of Orissa,

s'y élèvent encore le long des rives désertes. Les bords du Tac Chilka, entourés jadis de 7000 temples, dit la légende, sont aussi voués à Niva. Mais la région sainte parmi les saintes, celle € dont Kiva lui-même ne peut S'imaginer la gloire », est le territoire de Pouri, compris entre deux plages marécageuses du litoral océanique, ex dehors du chemin que suivaient les conquérants, C'est PR que Vichnou règne depuis quinze siècles el que s'élève le temple fameux de Djagganath, visité parfois par trois cent mille pèlerins dans une seule année, Trois fois béni est celui qui a le bonheur de mourir en vue de la @ Perte du Paradis » et de la tour que surmontent là roue et le drapeau de Vichnou® NE puissante est la vertu qui S'atlache à Ta pagode sacrée, qu'elle efface toute différence de easte. En présence du dieu, le brahmane et lécorcheur de bétul sont égaux ? € Le fidèle qui n'est cher, dit Vichnou, ce n'est pas le savant versé dans les quatre saintes écritures, mais lhumble croyant ; est à lui qu'il faut donner, de lui qu'il faut recevoir, Vénérez-le comme vous me vénérez moiméme, » Dans la cour du temple, les pèlerins, mêlés sans distinetion de classe où de race, se partagent fraternellement le naha prasad, à nourriture sacrée, [est vrai que, pour éviter d'avoir à reconnaitre lemporairement pour égaux les Telinga méprisés, les gardiens du sanctuaire leur en interdisent l'entrée. Hs admettent volontiers les gens de basse caste qui viennent de loin et qu'ils ne reverront plus, mais ils tiennent à distance les êtres méprisés qu'ils sont exposés à rencontrer tous les jours.

L'édifice sacré, qu'entoure une enceinte de plus de 200 mètres de côlé, s'élève sur le Nil ghiri où € montagne Bleue », faible butte, probablement formée des débris d'un temple bouddhique. H date de x fin du douzième siècle; les conquérants mahométans, qui détruisirent la plupart des sanetuaires hindous de FOrissa, respectèrent celui de Djagannath, qui, grâce au fermage des aumônes, leur procura des revenus considérables, La religion est en effet la grande, presque l'unique industrie de Pouri, dont les vingt mille habitants vivent directement où indirectement de l'exploitation des fidèles. Conimandés par un radjah, qui a l'office hérédiire de balayeur du temple, les prêtres et les servants de Djagganath sont au nombre d'environ 6000, divisés en 936 ordres et 97 classes. Hs envoient des COMMIS-VOYALEUrS dans toutes les provinces pour raccoler des pèlerins, auxquels ils promettent le salut en échange de quelques présents faits au dieu et à ses ministres, el recueillent ainsi chaque année près d'un

million de francs, auxquels S'ajoutent les revenus de terres eoncédées par

1 W. W. Hunter, Orissa

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