DE LA TAPTI ET DE LA GODAVERI
Encore au milieu du sièele, cette région était en grande partie € terre vennue ». En dehors des villes et loin des routes principales s'éten-
bient les espaces redoutés que parcouraient les voleurs Pindar: où qu'ha-
# Mouvement du port de False Point en 1875 :
116 navires, jaugeant 118 575 tonnes; valeur du commerce : 6 550 009 Lamrs kw, Abstract of Reports of the Surveys in India for 1876-17. %. %. Hunter, Statistical Account of Bengal.
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156 NOUVELLE GÉOGRAPHIE l'XIVERSELLE.
bitaient les tribus sauvages des Gond. Certains distriets, dévastés par les Mahrattes, étaient devenus complètement déserts et la jongle avait recounvert champs et villages. Maintenant les Provinces Centrales sont, à l'excepon de la partie sud-orientale, confinant à l'État indigène de Bastar, au nombre des régions les mieux explorées de la Péninsule, Un chemin de fer, le plus important de l'Inde, traverse le Gondwana pour rattacher Bombay à Caleutta, par Allahabad et Bénarès: une autre voie ferrée, qui pénètre dans la partie méridionale du pays, fournira bientôt une commu nication plus directe entre les deux capitales. La contrée, qui est encore en proportion l'une des moins populeuses de linde, accroit rapidement le nombre de ses habitants!
Le Gondwana ou « pays des Gond », dont les limites naturelles correspondent d'une manière générale à la division administrative désignée par les Anglais sous le nom de Provinces Centrales, est le faite de la Péninsule par la disposition de ses versants. Les trois grandes rivières de la Tapti, de la Godaveri et de la Maha naddi prennent leurs sources au sud du grand sillon transversal que les vallées de la Narbadah et de la None forment, du golfe du Cambay à la plaine du Gange ; les eaux S'écoulent dans tous les sens autour des massifs. Cependant les montagnes du Gondwana sont loin d'être aussi élevées qu'on le eroyait, lorsque des populations sauvages et le manque de routes en défendaient les abords. Les monts Satpoura, qui constituent la chaîne principale de la contrée, n'ont qu'une hauteur moyenne de 650 mètres. Is n'en eurent pas moins jadis un rôle historique considérable, car ils se dressent comme la deuxième enceinte d'une forteresse, au sud des chaines du Vindhya et de la profonde vallée de La Narbadah, comparable à un fossé de défense: eux-mêmes s'appuient au midi sur une troisième rangée de hauteurs, celles qui forment, de l'autre côté de la Tapti, la chaine bordière du plateau du Dekkan. Ainsi le flot montant des populations hindoues <e brisait contre une triple ligne d'obstacles ayant plus de 1000 kilomètres de l'occident à lorient, sur une épaisseur de 900 kilomètres du nord au sud. Il à fallu de longs siècles de commerce et de guerres avant que la culture ait pu S'élever des plaines le long des vallées et par-dessus les brèches des crêtes jusque sur les hauteurs des plateaux. Ce lent travail de conquête n'est pas encore
terminé.
{ Provinces Centrales, sans le Tehatisgarh, les distriets de Sagar et de Damoh :
Supertier Population en 1872 Pogalstson kilométrique. 155 LS kilomètres carrés. 5 042 900 habitants. 55 habitants. Population probable en 1SS2. 6 500 000 » 42 ,
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MONTAGNES DL GOXNPWANA. 157
Le nom de Katpoura où « Septuple Rangée » est donné par les géographes à tout le système orographique des Provinces Centrales; les Hindous l'appliquent seulement à la partie occidentale des montagnes eomprises entre les deux vallées presque parallèles qu'arrosent la Narbadah et la Tapti dans leur cours moyen. Quant aux indigènes, ils n'ont point d'appellation générale pour ces massifs; ils se bornent à désigner chaque groupe isolé, chaque sommet distinet par le nom d'un village rapproché, d'arbres qui eroissent sur les pentes où de la divinité qui règne sur la contrée, D'ailleurs les hauteurs ne se succèdent point en une chaine connue telles s'élèvent sur un plateau de trapp, d'une altitude moyenne de 600 mètres et, pour la plupart, forment, au-dessus de l'immense socle qui les porte, des blocs isolés où des plateaux secondaires également composés de roches volcaniques, S'étalant en vastes tables aux pans brusquement coupés. Plusieurs de ces tables sont ereusées de dépressions où s'amassent les eaux de pluie, citernes naturelles qu'avaient utilisées les seigneurs léodaux pour approvisionner leurs châteaux forts dressés au sommet de rochers inexpugnables!.
A l'est des massifs de Satpoura proprement dits, de larges plaines d'érosion isolent le groupe central des montagnes, celui que dominent les eimes ies plus élevées : l'une d'elles, le Dhapgarh (Deogarh), atteint 1575 mètres. L'ensemble du massif doit à sa hauteur, et probablement encore plus à la hardiesse et à la variété de ses traits, d'avoir été consacré à Niva : c'est le Mahadeo ou le mont du « Grand Dieu ». Granits, roches métamorphiques, calcaires, grès, coulées de basalle, masses éruplives, toutes ces formations différent par la couleur, le profil, l'aspect des talus et des vallées, et par la nature de la végétation. La ligne régulière des plateaux supérieurs est coupée çà et là de sommets granitiques, reconnaissables de loin à leurs roches aiguës; mais, de toutes ces roches, les plus étranges, eten même temps les plus majestueuses, sont les parois verticales du Mahadeo, contemplées des vallées qui s'ouvrent au sud. Du bord des ruisseaux qui serpentent dans les prairies, on voit se dresser au-dessus des arbres touffus les murs rougeâtres de la montagne, rayés de fissures, où S'acerochent quelques touffes d'herbes, et se terminant au sommet par des tours et des tourelles quadrangulaires: de quelques endroits, tout le groupe du Mahadeo apparaît comme un édifice de proportions gigantesques élevé par la main de l'homme. D'énormes eluses s'ouvrent dans l'épaisseur des roches, et quelques-unes d'entre elles ont des parois tellement abruptes,
1 Forsyth, The Highlands of Central India.
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