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qu'on n'oserait y descendre : ce soat, disent les indigènes, des fentes qu'ouvrit le trident de Siva pour y précipiter les serpents, anciens maîtres du sol. Des rivières entrant dans ces fissures contournent les montagnes ct les isolent les unes des autres : plusieurs cours d'eau nés sur le versant méridional du Mahadeo se reploient vers le nord pour aller s'unir à la Narbadah'. Des ressemblances dans la faune et la flore ont fait donner au Patchmari le nom de « Nil ghiri du nord »*.

Les régions montagneuses qui succèdent à celle du « Grand Dieu » dans

N° 97. — PLATÉAU DE PATCHMARI.

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l'axe du système sont séparées de ce groupe par la vallée supérieure de la Narbadah. Elles offrent, comme le Satpoura occidental, le caractère @e plateaux étagés et, comme lui, sont revèlues en maints endroits d'assises de trapp. De l’ouest à l'est, on s'élève sur le plateau de Mandla comme par une succession de degrés jusqu’à la chaîne bordière du Maïkal, qui domine au nord-ouest la grande plaine de Tehatisgarh. L’arête de Maïkal n'a guère que 600 mètres de hauteur moyenne; mais l'une de ses pointes, le Lapha, dépasse 1060 mètres. A l’orient, la borne angulaire de lout le système est un sommet rival du Lapha, l'Amarkantak, où naît la Narbadah

4 Oldham, Memoirs of the Géological Survey of India, 1860 # V. Ball, Jungle-Life in India.

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MONTAGNES DU GONDWANA. 459

sacrée el d'où s'épanchent en même temps les eaux descendant vers la Sone et la Maha naddi. Une grande partie de cette région montagneuse, jadis évitée par l’homme, était couverte par des forêts de sal (shorea robusta), l'arbre qui oceupe une lisière étroite de terrain à la base du Sub-Himalaya, parallèlement aux fourrés du teraï. Le sal est une espèce envahissante : ses graines, qui tombent en abondance lors des premières pluies, germent sans retard et s'emparent de la terre végétale au détriment des autres plantes. Le domaine du sal, en dehors du Sub-Himalaya, comprend les collines du Radjmahal et du Tchota-Nagpore, les Ghat orientales jusqu'à la Godaveri, et les monts de Maïkal, partout où ces hauteurs ne sont pas revêtues de trapp. La présence de cette roche, que recouvre une faible couche d'humus, trace au sal une limite infranchissable ; mais où finit l'aire de cet arbre, commence celle du tek (tectonia grandis), encore plus apprécié comme bois de construction. Seul un ilot de roches gréeuses dans le groupe du Mahadeo renferme une forêt de sal : l'arbre s'était propagé jadis par la vallée alluviale de la Narbadah, maintenant déboisée. La distribution des espèces animales correspond à celle des forêts dans ses contours généraux. Ainsi, le buffle sauvage (bubalus Arni), le cerf des marais (rucervus Duvaucellii), le coq des jongles (gallus ferrugineus) ne dépassent pas à l’ouest le domaine du sal, mais on les retrouve dans la vallée du Mahadeo, où cet arbre reparaît isolément".

Les forêts de sal et de tek ont presque toutes disparu des contrées facilement accessibles du Gondwana. Déjà les indigènes en avaient détruit un grand nombre par leur procédé d'agriculture barbare : au commencement de la saison des sécheresses, ils abattent les arbres de la lisière des bois, pour y mettre le feu avant la saison pluvieuse. Alors ils sèment au milieu des cendres, confiants dans la nature qui fera pousser la récolte; là où le sol est en pente, ils ne se donnent même pas la peine de jeter la graine ; ils se contentent de la déposer en tas sur le bord le plus élevé de la clairière, attendant que les pluies la distribuent à la surface. Telle est la productivité du sol fertilisé par les cendres, que la moisson de la première année est en général fort abondante; la seconde année, elle est beaucoup plus maigre, et pour une nouvelle récolte l’agriculteur nomade va brûler un autre coin de forêt. Les clairières abandonnées se recouvrent de bambous, d'un épais fourré de broussailles et d'arbustes épineux, au milieu desquels nul grand arbre ne pousse. Ainsi, malgré le peu d'étendue des cultures, le déboisement avait déjà presque complètement changé la face

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