‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 214 sur 471 · DÉFILÉ DES ROCHES BE MARBRE · texte numérisé non relu

DÉFILÉ DES ROCHES BE MARBRE

Dessin de G. Vuillier, d'après une photographie de MM. Bourne et Shepherd.

: >’ Fr

2 de.

NARBANAIT. 45

particulièrement saintes en cet endroit, et les dévots viennent-ils de loin pour y jeter les cadavres de leurs parents; souvent on voit les crocodiles se disputer ces hideuses proies‘. Parmi les rivières de l'Inde, la Narbadah ou Rewa est la plus vénérée après le Gange, et même, suivant une ancienne prophétie, elle doit rester sainte à jamais, tandis que vers la fin du siècle actuel le Gange perdra sa vertu. Les galets du lit sont sacrés et les sectateurs de Siva les portent en amulettes. Nul serment ne dépasse en force celui que prête l’Hindou se tenant dans le courant du fleuve, avec une guirlande de fleurs rouges autour du cou et quelques gouttes de l'eau divine dans la main droite. De même que sur les bords du Gange, on rencontre sur ceux de la Narbadah des pèlerins qui se sont donné pour tâche de remonter la vallée le long d’une rive, de l'estuaire au temple de la source, sur l'Amarkaniak, et de redescendre en suivant l’autre rive; ce pèlerinage complet ou pradakchina, voyage d'environ 2600 kilomètres, dure ordinairement deux années, à cause des arrêts nombreux qui se font aux sanctuaires de la route. La dévotion, bien plus encore que les expéditions de commerce ou de conquête, a ouvert peu à peu les régions centrales à l'influence hindouc : les pèlerins qui se présentaient dans le pays des Gond étaient protégés, tandis que les marchands étaient pillés et qu'à la force des conquérants on opposait la force.

En aval des Roches de Marbre, le fleuve entre dans une plaine alluviale, ancien lac comblé, vaste bassin auquel d’autres succèdent; sur un espace d'environ 400 kilomètres de l’est à l’ouest, une large et féconde vallée se trouve interposée entre les plateaux de Malwa et les montagnes de Mahadeo : grâce à la culture du sol, au groupement de populations urbaines, à la construction des routes, une sorte d’Inde intérieure s’est fondée au centre du pays dravidien, et par les vallées latérales l'annexion au monde civilisé se fait de proche en proche. Mais les plaines lacustres que parcourt la Narbadah ne s'ouvrent pas directement sur la plaine maritime qui borde le golfe de Cambay : elles en sont séparées par une série de gorges où le fleuve se précipite en rapides. La Narbadah est trop coupée de chutes et surtout trop irrégulière dans son débit pour qu'elle puisse servir à la navigation. Long et étroit, son bassin peut être comparé à une fosse ouverte de la côte occidentale jusque dans le cœur de la Péninsule; brusquement coupé, le talus septentrional de cette fosse n'est point entaillé de vallées latérales. De ce côté, aucun affluent de quelque importance ne rejoint la Narbadah; tous les courants trihutaires viennent du

* Forsyth, ouvrage cité.

er

ÉCRIT ME ES = là SR

À Ah!

ré

versant méridional, mais ils n'ont qu'une faible longueur et se trouvent soumis aux mêmes influences du climat que la vallée centrale. Il en résulte que, lorsque les nuages pluvieux, poussés par la mousson, pénètrent dans la vallée, tout le bassin fluvial reçoit sa part des averses. Tandis que dans la plupart des fleuves un système de compensation s'établit naturellement entre les affluents, dont les crues et les maigres ont lieu en différentes saisons, l'inondation se produit en même temps ou à peu d'intervalle dans le fleuve principal et les cours d'eau tributaires. La portée du fleuve, à son entrée dans la plaine du Konkan, serait de 70 600 mètres eubes par seconde", deux fois le débit du Mississippi dans sa grande crue; mais il est difficile de croire que les évaluations des ingénieurs anglais ne soient pas erronées. En hiver, la Narbadah, qui s’unit à la mer par une bouche de 20 kilomètres de largeur, n'est qu'un faible courant serpentant 4 lentement dans les sables.

: La Tapti, dont la source première est sur le versant occidental du Ma- : hadco, scrpente d'abord dans une légère dépression du plateau. puis s'engouffre dans une eluse de basalte que des fissures secondaires viennent rejoindre de part et d'autre. Tout le pays se trouve ainsi divisé en massifs de trapp, parsemés de buttes inégales que rongent les intempéries en faisant briller à la surface les innombrables nodules d'agates blanches. Des forêts de saleï (boswellia thurifera), ou arbres à encens, recouvrent ces plateaux, s'entremêlant à des brousses et à des herbes basses, auxquelles en

RE vs % à à

re

mue à these

DL. me

tu, €

SSD AC AD Er EE SRE ET S > ae

: . hiver les bergers et les cultivateurs mettent le feu; du haut des cimes, î on voit parfois pendant les nuits flamboyer l'horizon dans toute sa rondeur, se et le jour, une atmosphère étouffante pèse sur les plaines, chargée de d | fumées et de cendres. Comme la Narbadah, la Tapti, à peine sortie de la tr 1 région des gorges supérieures, pénètre dans une large vallée qui fut jadis . G à un lac et qu'elle a comblée de ses alluvions : la Pourna, son grand affluent, la ; qu'elle reçoit dans cette partie de son cours, vient de traverser elle-même ur un autre bassin lacustre, par lequel se sont maintenues de tout temps les ti à communications entre la côte occidentale et le haut bassin de la Godaveri. le En aval des plaines alluviales, la Tapti ressemble encore à la Narbadah id par les défilés qui la resserrent avant son entrée dans la région du littoral. b x. Enfin, la Tapti peut être également comparée au fleuve parallèle par les g fortes oscillations de son débit annuel. Tandis qu'avant la mousson plu- a E vieuse la quantité d’eau que la Tapti porte à la mer oscille de 5 à 6 mètres h % cubes par seconde, elle s'élève à 25 400 mètres pendant les grandes crues : h - LE

. 1 Hunter, Imperial Gazetteer of India. ri

NARBADAI, TAPTI, TRIBUS DU GONDWANA. 45

c'est près de trois fois le courant du Danube, cinq fois celui de la Volga. Ses inondations sont redoutables; ce fleuve est l'ennemi contre lequel Sourat et les autres villes riveraines ont à se défendre par de doubles et triples enceintes de levées.

Au sud des plateaux de trapp, socle sur lequel s'élèvent les blocs de grès du Mahadeo, s'étend la vaste plaine inégale de Nagpour, de 250 à 300 mètres de hauteur moyenne, où coulent la Wardha, la Waïn-ganga et d'autres affluents de la Pranhita, branche maîtresse de la Godaveri, et que des chaînons détachés du système des Satpoura séparent en bassins secondaires. Cette région, l’une des plus fertiles de la Péninsule, a des étendues considérables de « terres noires », utilisées principalement pour la culture du coton. Parcillement aux anciens bassins lacustres de la Narbadah et de la Tapti, les plaines de la haute Godaveri, qui servirent aussi de réservoirs à des lacs, devinrent des centres d'attraction pour les populations civilisées du pourtour de l'Inde; de ce côté, aussi bien que dans les régions environnantes, les tribus barbares des plateaux furent graduellement réduiles ou annexée.

Cependant de nombreuses peuplades on! gardé mœurs, coutumes et langues originaires. La variété des races qui habitent les Provinces Centrales a fait comparer le pays à un fourré dans lequel se serait réfugié le gibier des plaines d'alentour. Le gros de la population, environ les trois quarts, se compose d'Hindous parlant des idiomes aryens et se croyant complètement distincts par le sang des sauvages de l'intérieur; néanmoins, certains districts de la contrée méritent encore le nom de Gondwana ou « Pays des Gond », dérivé probablement, comme l'appellation des Khond, du mot telougou konda, qui signifie montagne. Dans les parties de la plaine où ils se trouvent en contact avec les Hindous, les Gond ou Koï en ont adopté partiellement les mœurs et le langage; même quelques tribus, ayant dépassé la période de transition, ont cessé de parler et de comprendre leur ancien idiome dravidien. Ceux qui restent comme race distincte sont assez nombreux pour constituer le groupe ethnique le plus considérable des indigènes non civilisés ; ils sont plus d’un million et demi dans le Gondwana, au moins deux millions dans l'Inde entière, mais ils ont perdu toute cohésion politique : divisés en plusieurs groupes par les régions purement hindoues des vallées et des plaines, ils ne pourraient offrir aucune résistance aux envahisseurs. Dès le dernier siècle, sous la domination des Mahrattes, les divers États gond avaient perdu leur indépendance, mais ils se rap-

REY rer Et pre

ar dre VEN L'UN mg once ne A SEE

| HRE

43 47 ‘1h AU pair

GP. éner.

F NLSE- 3 . r SSP ARRET

RS D 7 Ver je Lane eu + - > + NULS Men rever

qe a dd, À de br

CÉRR ROIS hors

F2 FF natraenttee

Be Orne te er den ro ESA OS

LR Ÿ

U x 2 TEE an RE » , EEE Ce er +- AR

Page 1