‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 215 sur 471 · RS ET · texte numérisé non relu

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pellent leur ancienne gloire. Quelques descendants des familles royales sont encore pensionnés par le gouvernement anglais.

Certainement les Gond sont un peuple déchu en civilisation. Déjà les premiers livres sacrés parlent de leurs cités; l’histoire des derniers siècles les montre rivaux des Hindous dans les arts de la paix. Dans les forêts et les jongles on rencontre maints restes de palais et de temples ; des vestiges de routes, de digues, de canaux d'irrigation témoignent de la culture d'autrefois. Les persécutions, la pauvreté et la fuite dans les bois ont forcément modifié les mœurs; après avoir été civilisés, ils sont redevenus sauvages, en se mêlant aux tribus des jongles. Ceux d’entre eux qu'on appelle Assoul, c'est-à-dire « Purs », ont bâti leurs villages dans les régions les plus écartées des grandes voies, au milieu des forêts; ils évitent avec soin les étrangers, et de nombreux Anglais ont parcouru le Gondwana dans tous les sens sans avoir vu les purs descendants de ceux qui furent les anciens maîtres du pays; même une de leurs tribus ne consent à payer les impôts qu'à la condition de ne pas voir l'exacteur : arrivé près du village, il bat du tambour, puis s'éloigne ; à son retour, il trouve la somme voulue déposée sur une pierre‘. Toutefois, quand ces Assoul rencontrent forcément les envahisseurs, ils les regardent en face avec une fierté mâle et ne s'abaissent pas à flatter et à mentir comme la plupart des Hindous; ils se distinguent en général par le courage, la droiture, la véracité. Courts et trapus, ils ont presque tous les mêmes traits : un nez plat, de grosses lèvres, une large face, autour de laquelle tombent des cheveux noirs en broussaille. Les hommes ne portent d’anneau qu'à une seule oreille; mais les femmes se couvrent de bijoux, bagues, bracelets, colliers, et se tatouent le visage et les cuisses. Parmi les Gond, comme chez les Khond d’Orissa, il existe encore des tribus qui n'ont d'autres vêtements que des bouquets de feuilles, rudiment de costume que l'on dit être d'innovation moderne”; il en est aussi qui se bornent à badigeonner leur corps de cendres et de boue ; quand le vent souffle avec force sur leurs montagnes, ils allument de grands feux pour se garantir du froid, mais ils dédaignent de se couvrir®, Dans le Satpoura, ils ont l'habitude de se tenir sur un pied devant leurs hôtes, en témoignage de respect*. Quelques-unes de ces peuplades n'ont pas même d'agriculture ; quand le gibier manque à ces malheureux, ils vivent de racines, de baies, de miel sauvage, de reptiles et de bestioles

# Dalton, Ethnology of Bengal.

2 Ilislop, Essay on Gonds: —R. Temple, India as it is.

$ Glasfurd, Selections from Records for the Government of India, n° XXXIX 4 Sterndale, Seonce, or Camp Life on the Satpura Range.

GOND, KNOURKOU, BAÏGA, w7

diverses, ct souvent on les a vus disputer des charognes aux vautours. On accusait des U'ibus de tuer les vieillards et de les manger en des festins publies. Il est certain que des sacrifices humains étaient offerts aux dieux : maintenant ces victimes sont remplacées par des poupées et des mannequins de paille.

Le Gond a des dieux à l'infini. Tout lui est divinité : le soleil, la montagne, le rocher, l'arbre, le torrent, le vent qui passe, le bruit qu'il entend, l'esprit de l'ancètre ou le mauvais génie qu'il croit caché dans le feuillage. Il adore surtout les êtres qu'il redoute : le dicu-tigre, confondu avec Vichnou, est, de toutes les puissances supérieures, celle qu'il invoque avec le plus de ferveur. Mais sa religion se rapproche de plus en plus des rites brahmaniques, et parmi les dieux hindous il vénère surtout les héros l'andouides, Bhima et Ardjouna, desquels il prétend descendre". L'émigrant qui descend des montagnes pour aller dans les villes de la plaine gagner sa vie comme lâcheron participe aux cérémonies religieuses des Hindous, de même qu'il apprend à parler leur langue. Les marchands brindjari, suivis de leurs bestiaux de charge, passent de bourgade en bourgade pour échanger les denrées locales contre les ornements et les étoffes de manufacture anglaise ou indienne et racontent en mème temps les nouvelles du monde extérieur. Les nouveaux villages qui se construisent n'ont plus la garçonnière commune; les mœurs s'indianisent de jour en jour. Seulement, les Gond ont gardé l'habitude de se marier beaucoup plus tardivement que les Hindous et d'acheter leurs épouses par une longue domesticité chez le père : la cérémonie du mariage commence toujours par un enlèvement simulé de la jeune fille*,

Des tribus sauvages n’appartenant pas à la famille des Gond sont parseinées en diverses parties du Gondwana. Les Kourkou, qui, au nombre d’environ 40 000, habitent principalement certaines vallées du Mahadeo, sont en réalité des Kohl, et diffèrent à peine de ceux du Tchota-Nagpore et d'Orissa, quoiqu'ils ignorent leur parenté. Les Baïga, que l'on classe d'ordinaire parmi les Kohlariens, mais que Forsyth considère comme formant une population distincte, sont relativement peu nombreux; on en compte une vingtaine de mille dans le Gondwana. Leurs principales tribus habitent les montagnes du Maïkal; mais, très nomades, elles vivent par petits groupes en diverses parties de la contrée. Physiquement, les Baïga diffèrent à peine des Gond, si ce n’est qu’ils sont plus noirs, plus vigou-

1 Cain, On the Kois or Gonds of Central India. * Daltuu, Etlnology of Bengal; — Forsyth, The Highlands of Central India.

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