‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 216 sur 471 · JE · texte numérisé non relu

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reux, plus intrépides. Le dialecte qu'ils parlent est purement hindou; cependant ils n'ont aucune prétention à faire partie de la race dominante; ils se disent aborigènes et même une de leurs tribus porte le nom de Bhoumiya, « Enfants du Sol ». Conscients de la dignité que leur donne l'ancienneté de leur race, ils se distinguent par une honnêteté parfaite et par l'observance rigoureuse de leurs coutumes : ils se gouvernent eux-mêmes, sans que la police anglaise ait jamais à pénétrer dans leurs villages. Seuls parmi les habitants du Gondwana, ils se servent, pour chasser le gros gibier, de flèches empoisonnées au moyen de l'aconit, et c'est à des marchands étrangers qu'ils achètent ce poison, venu probablement du pays des Michmi, dans les vallées de l'Himalaya oriental : ainsi se perpéluent, au-dessous de la société oflicielle et policée, les relations directes de commerce entre les populations sauvages. Les Gond reconnaissent volonuers la supériorité des Baïga, et c'est à eux qu'ils s'adressent pour avoir leurs prêtres et leurs magiciens. Le chamane baïga converse avec les esprits et sait les chasser du pays qu'ils hantent; il fait tomber la pluie, assainit la contrée, exorcise les tigres et les rend inoffensifs, Quand un de ces animaux a dévoré un homme, ce qui arrive fréquemment dans le Gondwana oriental, principalement sur la route de Djabalpour au Tehatisgarh, les villageois appellent un médecin baïga qui se grime en « hommetigre » : bondissant comme un félin, il s'élance sur une proie, en brise les os, en boit le sang; il est censé faire passer en lui l'âme du tigre, lui enlever l'appétit de chair humaine pour lui donner celui d'un autre gibier. Les voyageurs anglais qui ont assisté à ces pantomimes ou qui ont vu les chamanes baïga se livrer à des convulsions, soit pour conjurer les tigres ou les mauvais génies, soit pour arriver à la contemplation de la divinité, parlent de ces spectacles avec effroi.

Outre les Gond dravidiens et les Kohlariens de diverses tribus, on rencontre encore dans le Gondwana d’autres éléments ethniques, difficiles à classer, Ainsi l'on se demande ce que sont les Goli ou Gaouli des monts Satpoura, devenus une humble population de pâtres. Faut-il voir en eux les descendants de ces Gaouli dont les dynasties régnèrent longtemps sur la contrée et dont les anciens châteaux forts se dressent çà et là sur les collines? Et que furent les Nagbhansi ou « Fils des Serpen's », que presque toutes les familles princières se donnent pour ancêtres et qui ont laissé leur nom, Nagpour, à la ville la plus considérable de la contrée? Ceux qui se réclament de ce nom dans les Provinces Centrales sont complètement indianisés d'aspect, mais quelques familles de Nagbhansi qui vivent dans les montagnes de Djadjpour, au nord de l’Orissa, se distinguent par

GONDWANA, DJABALPOUR. 49

leur face extraordinairement aplatie; leur nez n'offre qu'une faible saillie: il se développe tout en largeur, avec des narines largement ouvertes, presque su-dessus des joues. Par les traditions, les Nagbhansi semblent appartenir

N° 08. -—— DJABALPOUR ET NANSINGHPOUN,

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à une autre race que les Gond; ceux-ci, quoique adorant toutes les forces de la nature, n’ont aucune vénération spéciale pour le serpent; en voyant ce reptile, « iis songent à s’en nourrir, non à l'invoquer »*.

Djabalpour, le chef-lieu des vallées de la haute Narbadah, est devenue depuis le milieu du siècle l’une des cités importantes de l'Inde. La position

{ Dalton, Ethnology of Bengal.

2 Grant, Gazefteer of the Central Provinces.

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