BOMBAY
Dessin de H. Clerget, d'après une photographie de MM. Bourne et Shepherd.
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BOMBAY, MATHERAN, THANA, A73
tion agricole, grâce à ses rizières, à ses jardins et à ses bosquets de cocotiers. La fabrication du vin de palmier et autres liqueurs de mème provenance occupe de nombreux travailleurs.
Comprenant dans sa population moins d'Européens que Caleutta et même que Madras, Bombay, presque tout entière à son commerce, est moins riche que la capitale de l'Inde en établissements scientifiques. La Société de Géographie fondée en 1841 a cessé d'exister, mais la Société Asiatique, datant d’une époque plus ancienne, continue le cours de ses précieuses publications. C'est à Bombay que se trouve le principal observatoire météorologique de la Péninsule, admirablement placé pour l'étude des phénomènes de la mousson. De même que Calcutta, la cité du Konkan a des pares et des promenades publiques, mais son plus curieux jardin zoologique est l'hôpital des bêtes où la charité des fidèles entretient des animaux vieux ou malades, bœufs, singes, chiens et chats, oiseaux, et jusqu'à des serpents.
Comme toutes les cités de l'Inde anglaise, Bombay se complète par des villes secondaires qui lui servent de lieux de villégiature. Le plus fréquenté de tous est le sanatoire de Matheran, situé à 749 mètres d'altitude, sur une butte complètement séparée de la chaîne des Ghat par la vallée d’érosion que parcourt la rivière Oulas. Des villas parsèment les saillies et les pentes de ce massif isolé dont, avant le milieu du siècle, quelques sauvages étaient seuls à parcourir les forêts. En moins de quatre heures, les voyageurs de Bombay peuvent atteindre le sommet de la colline : partis à la chaleur du jour, ils voient le soleil se coucher au-dessus du port, éclairant en lignes de feu le contour des rivages et le profil des tours. La ville de Thana, capitale du district de ce nom et chef-lieu de l’île de Salsette ou Chasti, est un lieu de séjour pour de nombreux marchands et employés : située sur la rive orientale de l’île, presque en face de l'embouchure de l'Oulas, elle communique avec le port à la fois par bateaux et par le chemin de fer. Dans le voisinage, à Kanheri, s'ouvrent les grottes d'une colline calcaire, où l'on a sculpté des temples qui datent des premiers temps de l'ère vulgaire et qui eurent jadis une très grande renommée chez les bouddhistes ; des sanctuaires plus récents n’ont plus aucune trace du culte de Bouddha el sont décorés de symboles brahmaniques. C’est dans les jongles de Salsette que Jacquemont fut empoisonné par les miasmes; il n'eut que le temps de se faire transporter à Bombay, où il mourut. Près de Thana, des sources thermales jaillissent du lit rocheux d'un ruisseau.
Des grottes religieuses, plus visitées que celles de Kanheri, à cause de la proximité de Bombay, sont les cavernes de Garapouri ou « Ville des Antres », dans l’ilot d'Elephanta ou Deva devi, « Ile des Dicux », située en
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pleine rade, à l’est de Bombay : un groupe dégradé de sculptures, qui représentait un éléphant attaqué par un tigre, a donné son nom à l'ilot. Quatre grottes s'ouvrent dans l'épaisseur de la colline, ombragées au-dessus du porche par des broussailles entremèlées de lianes; à l'extrémité du sanctuaire principal se dresse la figure colossale de Siva sous ses trois formes symboliques de Créateur, de Conservateur et de Destructeur, égale-
ment représenté dans les autres temples souterrains. Les Hindous de Bom-