N° 102, — TERRITOIRE DE GOA
D'après! Indian Atlas C Perron 1 : 809 000
(0 20 kil.
La Nova Cidade de Goa, plus connue sous le nom de Pandjim, fut choisie comme résidence du vice-roi des Indes portugaises en 1756, mais elle ne reçut qu’en 1845 son titre officiel de capitale. Située sur la rive méridionale de l’estuaire, à 8 kilomètres à l’ouest de l’ancienne ville, elle est accessible aux navires d'un fort tirant d'eau, mais seulement de septembre en mai; quand la mousson du sud-ouest déroule dans l’estuaire son armée de vagues, le port est d'un abord très dangereux; la baie méridionale, que protège le promontoire de Marmagäo, aurait élé mieux choisie pour l'établissement d'un port, car les navires peuvent y mouiller en tout temns
! Perrin, Voyage en Industan.
ee pete ae n
a hi ner and neue D monnaies 2 Sri ” ù RUN - Te +
LS = Re Car
sans danger. Malgré les périls de la barre, Pandjim fait un trafic assez considérable, exportant huiles de coco, koprah, fruits divers, bois, sel'; mais ce trafic ne peut manquer de se déplacer prochainement, une voie ferrée devant rattacher le réseau des chemins de fer du Dekkan au port de Marmagäo, qui deviendra probablement le nouveau chef-lieu. Toute capitale qu’elle est, Pandjim n'est pas la cité la plus populeuse des possessions portugaises; ce rang appartient à Margäo, située dans la partie méridionale du territoire, au milieu des campagnes comprises entre l'Océan et l'estuaire de la rivière Ratchol. Au nord de Pandjim, dans le territoire de Bardes, est une autre ville importante, celle de Mapuça ou Mopusa.
La population totale des possessions portugaises dépasse actuellement 499 090 personnes; en dehors de l'Inde, il est peu de territoires où les habiais s pressent en plus grand nombre. Dans les villes, une part considérable &:: résidents se donnent comme d'origine européenne, mais, à l’exception des familles venues récemment du Portugal, toutes sont de sang mélangé. Les « blancs » de Goa sont des métis à front bas, aux yeux petits et toujours inquiets, aux bouches lippues; ils ont la poitrine étroite, les jambes grêles. Peu nombreux sont les enfants que leurs parents envoient dans la mère-patrie comme font les Anglais; ils restent dans l’Inde, où ils forment une population spéciale, celle des {opas ou des « hommes à chapeau », se distinguant à la fois des indigènes et des Européens nouveaux venus”; plusieurs entrent en qualité de commis ou de copistes dans les bureaux et les comptoirs des grandes cités anglaises.
Les deux tiers de la population hindoue se composent de catholiques se rapprochant des chrétiens mélis par des transitions insensibles pour la race et les mœurs. Les possessions portugaises sont la seule partie de la Péninsule où les habitants se disent chrétiens en majorité. La cause en est à l'intervention directe du pouvoir séculier pendant la domination des vicerois et de l’inquisition : vers le commencement du dix-huitième siècle, 90 000 prètres et moines, européens, métis et indigènes, se groupaient dans les couvents et autour des églises. De nos jours, la liberté religieuse est entière, et plusieurs milliers de mahométans, les plus estimés des résidents, vivent à Pandjim et dans les autres villes du territoire.
Le [ut de Karwar, silué au sud de la frontière portugaise, est un de ceux qu offrent le meilleur refuge aux navires pendant la mousson, et celui qui réussira probablement le mieux à détourner une partie de l’immense courant commercial qui se dirige vers Bombay : le chemin de fer
‘ Mouvement du port de Pandjim en 1874 : 5159 navires chargés, jaugeant 217 650 tonnes. # R. Burton, Gou and the Blue Mountuins.
se
ace in-
MARMAGAO, KARWAR, HONAWAR, DEKKAN. 179
qui doit le rattacher un jour à Madras par une brèche des Ghat n'est pas encore commencé. Parmi les autres ports du Kanara septentrional, un seul, Koumpta, rivalise d'activité avec Karwar; Ankola, Gangawali, Honawar (Honor), ne sont que de petits havres où se montrent de rares embarcations de cabotage. Près de cette ville, un torrent plonge du haut d'un rocher des Ghat en un jet de 280 mètres : pendant la mousson du sud-ouest, qui apporte une telle abondance d'eau, cette cataracte de Gerusappe ou Gaïrsoppa est l'un des spectacles les plus grandioses de la Péninsule‘,