‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 224 sur 471 · BASSINS DE LA GODAVERI ET DE LA KISTNA, DEKKAN · texte numérisé non relu

BASSINS DE LA GODAVERI ET DE LA KISTNA, DEKKAN

Le Dekkan est la région naturelle de l’Inde péninsulaire où les Anglais ont laissé le plus de territoires aux princes indigènes; mais ils ont pris soin de les circonscrire en enclaves, sans aucune communication avec la mer, et d'occuper toutes les positions stratégiques. Déjà, dans mainte circonstance, le gouvernement britannique a mis sous séquestre des provinces de ces royaumes « indépendants », sans avoir eu autre chose à faire que déplacer quelques garnisons ; c’est ainsi que le Berar, sous le nom de « Districts assignés de Haïdarabad », a été détaché des États du nizam et placé sous l’administration directe d’un commissaire anglais. Dans leur ensemble, les deux bassins de la Godaveri et de la Kistna n'ont, relativement au reste de l'Inde, qu’une population de faible densité. Les régions du littoral, que s’est attribuées l'Angleterre, sont très peuplées; les vallées fluviales ont aussi une forte proportion d'habitants jusqu’à une grande distance dans l’intérieur; mais sur les plateaux, loin des routes, les habitations sont clairsemées. Elles ne se pressent de nouveau que le long de la chaîne bordière des Ghat occidentales, où la facilité des échanges avec la

1 Villes principales de la côte de Bombay :

GOUDZERAT. Vingorla, en 1872, . . , . .< 15 000 hab. Baroda, en 1872, . . . . . . 112050 hab. | Thana » ne + “14000! Sourat LA R ...… 1407150 » Karwar » 5... + 10950 » » (avec Rander). . . . . 117450 » | Kalyan » ...... 142800 » Bharoutch, en 1872 . . . . 36950 » | Koumpta n. ..... 10950 » Djambousar »n ,.... 44995 » | Ratnagiri » .,.... 10600 » Dabhoï , eut 446000 1 POSSESSIONS PORTUGAISES, Nosari » ..... 144700 » Damiins OR NL LEE à Boulsar TU EE LL: À LS Margäo. . . . . «4 , . . . . 20000 » KONKAN ET KANARA, Pandjim . 17000 »

Bombay, en 4881 . . . . . . 775200 » Mapuça (Mopusa). . . . . . . 12100 »

côte voisine, et la richesse des vallées rapprochées de la montagne, abondante en sources, ont fait surgir des villes nombreuses !,

La région du Dekkan forme dans son ensemble un plan incliné de l’ouest à l'est déversant ses eaux dans le golfe du Bengale; c’est une des contrées de l'Inde les plus uniformes d'aspect, quoiqu'elle ait été le théâtre de violents mouvements volcaniques et que sur une moitié de son étendue elle soit entièrement couverte de laves. Toute la partie nord-occidentale, limitée au sud-est par une ligne irrégulière qui s'étend du territoire portugais de Goa au bassin de Nagpour, est revètue de trapps basaltiques, continuant les couches de même origine qui se ramifient en longues coulées dans les Provinces Centrales et sur le plateau de Malwa. Sur un espace continu qui a plus de 300 000 kilomètres carrés, ces roches ignées recouvrent les autres formations géologiques; de Bombay à Nagpour, la ligne ferrée, iongue de 835 kilomètres, ne traverse que trapps ou cendres rejetées par d'anciens volcans. Le Dekkan se déroule en longues plaines doucement ondulées, que séparent des collines se terminant au sommet par des tables d'une régularité parfaite et flanquées de terrasses que des ravins coupent de distance en distance : ces terrasses sont des masses basaltiques, plus résistantes que le trapp inférieur, qui ne se sont pas laissé entamer par les intempéries. Çà et là, des roches en forme de murs se sont maintenues au milieu de la plaine : les eaux, qui déblayaient toutes les matières voisines, n’entamaient pas ces remparts de laves dures, témoins des éruptions anciennes du foyer souterrain. C’est principalement à l’angle nord-occidental du Dekkan, dans le voisinage de Pouna et de Nasik et sur les pentes des Ghat de Bombay, que se trouvènt ces murs de basalte : les couches de cendres, provenant sans doute des cratères découverts par Clark dans la plaine du Konkan, y sont aussi plus épaisses et plus fréquentes que dans les autres parties de la région volcanique. Là était sans doute le centre principal de l’activité volcanique; de là se sont épanchés les courants d’un demi-kilomètre d'épaisseur qui recouvrent la moitié du plateau en s’inclinant doucement vers la mer du Bengale; mais on n’a pas trouvé sur le plateau une seule bouche d’éruption : la dépression que remplit

1 Superficie et population des bassins de la Godaveri et de la Kistna :

Superlicie, Population en 1872. Population kilométrique. Haïdarabad . . . , . , . 935100 kil. car. 9 000 000 (?) hab. 39 hab. ET RAT A 45870 » 29926 500 » 48 »

BABA. 26 4004 + on 99829 » 170 000 (?) » 5 »

Districts de Bombay . . 4098841 » 6937420 » 63 » Districts de Madras, , , . 1553513 » 93552270 » 61 »

Ensemble, . . . . 576193 kil. car, 27686 190 (?) hab. 48 hab, Population probable en 4882, . . . . . . . . . 26 000 000 (t) 45

LAVES DU DÉKKAN. 481

le lac de Lonar ou Lounar paraît être le résultat d’une explosion d'ampoule volcanique. La faiblesse de pente que présentent ces coulées ne peut s'expliquer que par l'extrême fluidité des laves au sortir des bouches d’éruption. Quelques géologues avaient pensé que l’horizontalité apparente des trapps provient de ce qu’ils se sont épanchés sous la pression des eaux marines; mais on n’a pu trouver de fossiles océaniques que dans une seule couche de tuf, sur le bord du plateau de laves qui domine les bouches de la Godaveri; partout ailleurs, les restes animaux et végétaux que l’on a recueillis appartenaient à des espèces terrestres et d'eau douce’. C’est aux temps

N° 103. — LAC DE LONAR.

0 10 kil.

où se formait la craie, puis pendant la période éocène, que jaillit par les crevasses du sol cette énorme quantité de matière fondue, si grande que pour la répandre il eût fallu au moins un siècle à un fleuve comme les Amazones.

On sait que la superficie des laves du Dekkan s’est décomposée en couches de latérite, et que cette formation, entraînée par les eaux, s’est étendue bien au delà des coulées volcaniques, sur les gneiss de l’Inde méridionale. Ces espaces de terre grise ou rougeâtre, dans lesquels l'eau disparaît comme dans un crible, sont en général assez infertiles, et la végétation n’y offre une richesse comparable à celle du Konkan ou du Bengale

1 Medlicott and Blanford, À Manual of the Geology of India.

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