‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 227 sur 471 · ESP (] 50 kil · texte numérisé non relu

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nord-ouest du Dekkan, dans les montagnes qui dominent la plaine d'Aurangabad ; des Khond parcourent les forêts des Ghat orientales dans les pays de Djaïpour et de Bastar, au nord de la Godaveri

Les Hindous Mahrattes qui occupent toute la région nord-occidentale du Dekkan et dont les limites au sud et à l’est coïncident à peu près avee celles des coulées de laves, sont les seuls Aryens qui se soient établis en corps de nation sur les plateaux de l'Inde méridionale. Leur immigration date pro-

4 Mountstuart Grant Duff, Notes of an Indian Journey.

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bablement d’une époque très lointaine, car, de caste à caste, ils diffèrent beaucoup des Hindous du nord. Les brahmanes mahrattes, qui d’ordinaire ont une nuance de peau très claire, ont pour la plupart le nez légèrement aquilin', et l'on rencontre chez eux un grand nombre d'individus ayant les yeux gris. Venus probablement du nord-ouest, les Mahrattes refoulèrent les peuplades bhil dans les montagnes des alentours, puis s’avancèrent peu à peu vers le sud en longeant le revers oriental des Ghat dans la région des sources de la Godaveri et de la Kistna. Jadis très méprisés par les dominateurs musulmans qui les appelaient « rats des montagnes », les Mahrattes n'avaient pas de nom dans l’histoire avant le milieu du dix-septième siècle; mais à cette époque ils étaient devenus assez puissants pour balancer le pouvoir des mahométans, et, sous la conduite de l'indomptable Sivadji, ils réussirent à fonder le plus puissant État de la Péninsule. Alternativement agriculteurs et guerriers, ils se réunissaient en bandes, montés sur de petits chevaux, vifs, courageux, faciles à dresser, gardant toujours leur embonpoint, grâce au beurre que l’on mêlait à leur grain *; en une journée, les Mahrattes apparaissaient à plus de 100 kilomètres du lieu de rassemblement ; ils dévastaient soudain une province ennemie, pillant les villes, emmenant des eaptifs, puis ils se dispersaient dans leurs châteaux forts ou dans leurs villages respectifs, protégés par la terreur de leur nom; à côté des roches escarpées qui leur servaient de refuge, sur le rebord des Ghat, la zone fertile du Konkan leur fournissait les vivres en #bondance. Ils pénétrèrent jusque dans la vallée du Gange; en 1749, ils saccagèrent Mourchidabad, la capitale du delta, et l'on montre encore les restes du « fossé des Mahrattes » creusé autour de Calcutta pour arrêter les pillards redoutés*. Devenue prépondérante lors de la décadence de l'empire des Grands-Mongols, la puissance mahratte ne sut pas réunir les éléments indigènes en un corps de nation compact. Les dissensions intestines, la cruauté et la rapacité de leur gouvernement entraînèrent bientôt leur ruine : ne pouvant résister aux Anglais en bataille rangée, ils perdirent successivement les provinces de leur vaste empire, et maintenant les princes mahrattes qui règnent encore dans le Radjpoutana, le Goudzerat, le Dekkan, doivent leur sceptre à la générosité du vainqueur. Le dernier descendant des ministres brahmanes qui s'étaient emparés de la royauté mahratte, n’était qu’un simple pensionnaire du gouvernement britannique, et ce fut en vain que le fils adoptif de ce pechwa, Nana Sa-

£ Campbell, Ethnology of India; Journal of the Asiatic Society of Bengal, A8C6, n° IL. 8 Perrin, Vogage dans l'Indostan.

SR, Temple, Proceedings of the Geographical Society of London, aug. 1882.

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