MAHRATTES
hib, essaya de reconstituer un empire indigène par le massacre ou l'expulsion des eonquérants d'outre-mer. Les Mahrattes, au nombre d'environ dix millions, ne sont plus qu'un groupe ethnique, sans autonomie
N° 107. — PAYS DES MANRATTES,
200 kil,
politique réelle et réparti en diverses circonscriptions administratives.
Leur langue, d'origine sanscrite, se divise en plusieurs dialectes, le kan-
desi du Kandech, le dachkini du Dekkan, le goadesi de Goa, le konkani du
littoral; leur littérature, qui se sert de l'écriture nagari, est l’une des vis 62
moins riches parmi celles des idiomes aryens. En dehors du territoire mahatte, toute la région du Dekkan appartient aux populations dravidiennes qui parlent le canarais, le telougou et le tamil'.
La première ville de la côte dite des Cirear (sarkar), au sud de l'Orissa, se trouve située non du lac Chilka, avec lequel la font communiquer des canaux souvent encombrés de vase, que suivent en longs convois les bateaux de pèlerins de Djagganath. Gandjam, c’est-à-dire le « Grenier » ou « Entrepôt », était avant 1815 un port de rivière très fréquenté ; elle a gardé quelque commerce marilime autour de ses ; ‘is déserts, mais la population, chassée par la malaria, s’est déplacée « ; grande partie pour se porter vers la nouvelle capitale, Barhampour, bâtie sur un rocher à 10 kilomètres de la mer et jouissant d’un air plus salubre. Au sud, entre la mer houleuse et l’âpre montagne de Mahendra ghiri, couronnée de temples sivaïtes, s'ouvrent les « Thermopyles » des Cirear, que maints conquérants eurent à forcer pour descendre vers la Godaveri ou remonter vers le Bengale. Là se trouve la limite commune des deux familles de langues, aryenne et dravidienne : au nord on parle l’ouriya, au sud le telougou. Le Mahendra ghiri, haut de 1490 mètres, offre de grands avantages pour l’établissement d’un sanatoire; mais les cités voisines, n'ayant encore que peu de résidents anglais, ne suffiraient pas à peupler cette ville des monts. Kalingapatam, à l'embouchure de la rivière Vamsadhara, a gardé le nom de l’ancien royaume de Kalinga, qui existait à l’époque bouddhique : sous ia domination des mahométans, Kalingapatam était également une grande cité, ainsi qu’en témoignent les restes de nombreux édifices; elle se relève, grâce à la sécurité du mouillage, le meilleur que rencontrent les marins sur un littoral de plus de 600 kilomètres : de là sont expédiés les riz, les sucres et autres denrées qui viennent de Parla kimedi ét autres villes de l’intérieur. Tchicacole ou Srikakoulam, à 25 kilomètres au sud-ouest de Kalingapatam, n’est pas située au bord de la mer, mais à 7 kilomètres de la côte, sur la rivière Nagoula; c’est une ville industrielle, dont les ouvriers fabriquent des mousselines d’une rare finesse.
La plus grande ville des Circar ou « Gouvernements » est Vizagapatam (Visakhapatnam), la cité de Visakha, le « Mars » hindou, dont le temple à été démoli par les vagues ; mais les fidèles vont toujours se baigner sur des
4 Caldwell, Comparative Grammar of the Dravidian languages.