TEMPLES D'ELLORA ET D'ADJANTA
complète à moins d'employer plusieurs jours; en 1877, des sangliers, des panthères avaient leurs bauges dans quelques-uns des temples'. La plupart des visiteurs se bornent à la vue d’ensemble des façades de la roche ouvrée et ne pénètrent que dans les grottes signalées entre toutes. Celles du sud, les plus anciennes, ont été creusées par les bouddhistes, Au centre sont les temples souterrains des brahmanes, puis viennent au nord les sanctuaires des Djaïna, d'origine plus récente : de trente à quarante hypogées se succèdent ainsi, sans compter les moindres excavations. Les salles les moins ornées sont celles des bouddhistes, que leur doctrine incitait à se retirer du monde. Les brahmanes, au contraire, voulurent donner à leurs galeries souterraines la splendeur des pagodes bâlies dans les cités, sur les positions dominantes. C'est un de leurs monuments, le temple de Kaïlas, qui, parmi tous ceux d’Ellora, l'emporte par la beauté des proportions, l'originalité et l'unité du style, la richesse des sculptures. Cette merveille architecturale n’est pas une simple nef tailiée dans le roc; la pierre qui l’éntourait a été coupée à l'extérieur jusqu’à l'air libre, de manière à dégager complètement l'édifice, tout en le laissant dans une sorte de puits formé par des parois verticales. Le Kaïlas est le temple dravidien situé le plus au nord parmi tous les monuments de l'Inde. L'ensemble de l'énorme monolithe, long de 75 mètres et large de 45, sur une hauteur de 30, est soutenu par des rangées d’éléphants, de lions et d'animaux symboliques groupés en attitudes diverses. Tous les piliers de la vaste salle sont sculptés de différentes manières; des balcons ouvragés ornent les porches latéraux et des pavillons s'élèvent sur le grand portail; le dieu Siva, sous sa forme de trimourti, règne dans le temple, mais Vichnou et autres dieux brahmaniques sont aussi représentés : tout un monde de figures s’agite sur les parois. Quelques restes’ de fresques se voient encore sur les voûtes*.
Les montagnes d’Adjanta ou d’Indhyadri, qui limitent au nord le plateau du Dekkan, en le séparant du val de la Tapti, renferment d’autres grottes, à peine moins célèbres que celles d’Ellora, mais beaucoup moins souvent visitées, à cause de leur éloignement de toute grande ville et des vérilables dangers que font courir aux promeneurs les essaims d’abeilles nichés dans les anfractuosités de la roche. Les salles ereusées dans le trapp s'ouvrent sur la face concave d’une paroi presque verticale, au bas de laquelle coule le torrent de Waghara; en face se dressent d’autres escarpements : on
# Eastwick, Handbook for Madras.
* Fergusson and Burgess, Cave-Temples in Western India.