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COTE DE MALABAR

quent le commencement de la côte de Coromandel, nom qui lui vient probablement de l'ancienne dynastie dravidienne de Tehora, Les montagnes proprement dites ne prolongent pas leur arête jusqu'au cap. À 36 kilomètres du promontoire, la chaine principale se termine au pie de Moundra ghiri, d'où le faite de partage s'abaisse graduellement par une succession

N° 116, — CAP COMONIN.

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de lerrasses. Puis les derniers renflements des collines disparaissent sous la mer des forêts; seulement des blocs de granit parsemés sur le sol révèlent l'ossature intérieure. Entre les dernières collines et le cap, une ancienne muraille, çà et là interrompue par des roches et des jongles, continue le rempart naturel de la montagne des Cardamomes et en barre

la brèche méridionale, que doit emprunter bientôt un chemin de fer. Mais

celte barrière artificielle n’empèche pas que les changements ne se fas-

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526 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE,

sent d'une rive à l'autre par transitions insensibles, Ne trouvant pas d'obstacle, la mousson du sud-ouest souffle librement sur les campagnes méridionales du Coromandel et lui verse des pluies suffisantes pour former une rivière permanente, la Tamraparni's d'autre part, la mousson du nord-est effleure à l'ouest du cap Comorin la partie méridionale du pays de Travancore; il en résulte un mélange des climats et des flores correspondantes. En cette région, la variété des espèces est extraordinaire : dans un court voyage, le botaniste Leschenault de la Tour put recueillir plus de 40 plantes utiles, qu'il introduisit plus tard dans l'île de Ja Réunion. Même pour l'aspect du sol et les traits du littoral, les deux versants se ressemblent; de chaque côté du cap, les nappes d'eau éparses dans les ampagnes ne sont plus des marigots allongés que des cordons littoraux séparent de, la iner, mais des étangs de forme irrégulière retenus par des barrages et servant à l'irrigation des rizières. Toutefois une partie du Hittoral de Madoura, la « côte de la Pêcherie » est un véritable désert couvert de dunes mouvantes : le grès décomposé de la surface se change en sable que le vent promène sur les campagnes et qui ont recouvert plusieurs villages. Des palmiers-éventails croissent au milieu de ces sables, fournissant à des milliers d'individus leur bois pour les cabanes, leurs fruits el leur sève pour la nourriture et la boisson.

Il n'est pas de région dans l'Inde où les étangs soient plus nombreux que dans les campagnes inelinées vers la côte de Coromandel; le recensement du Madoura en compte 5700, celui du Maïsour plus de 37000. En certains endroits, la surface occupée par les réservoirs est aussi grande que celle des terres irriguées; le voyageur s’y perdrait comme dans un dédale, si les chemins n’empruntaient aux étangs leurs digues de retenue. Aux environs de Madras, le plus grand lac artificiel, le Tehoumbroum bankoum, est retenu par un barrage qui a 6 kilomètres de longueur; un autre, qu'alimente la branche septentrionale de la Caveri, s'appuie à l’ouest sur une digue de 17 kilomètres et demi. La plupart de ces élangs existent depuis un temps immémorial. Malgré les guerres el les famines, ils ont été loujours entretenus par les habitants et disposés pour la plupart de manière à ne pas s’étaler en marécages: ce sont des réservoirs aux rebords verticaux ou fortement inclinés, rayés de sentiers obliques pour les hommes et les bestiaux. Cependant les inondations, les éboulis, les erevasses, ont fini par donner à ces bassins

une forme qui s’harmonise avec les traits de la nature environnante : à

! Clements Markham, The Geographical Magazine, déc. 1874.

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