‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 238 sur 471 · CAP COMORIN, ÉTANGS ET RIVIÈRES DU COROMANDEL · texte numérisé non relu

CAP COMORIN, ÉTANGS ET RIVIÈRES DU COROMANDEL

voir leurs eriques et leurs promontoires, on croirait se trouver sur le rivage de véritables lacs.

Ces réservoirs sont d'autant plus nécessaires pour l'arrosement de la contrée que les fleuves descendus des Ghat oceidentales et du plateau de Maïsour sont plus irréguliers dans leurs écarts, Le Pennar, Pinakini ou Poniar, Br € rivière d'Or », qui nait dans le pays humide de Maïsour, n'a plus, après un parcours de 70 kilomètres, une goutte d'eau pendant la saison des sécheresses, 1lest vrai que dans les parties hautes du bassin son courant est arrêté de distance en distance par des barrages et guidé dans les réservoirs : plus des einq sixièmes de son débit normal sont ainsi employés à l'irrigation des campagnes riveraines; mais il arrive parlois, lors des averses, que l'un des étangs supérieurs déborde où rompt son barrage, et que ses eaux, roulant avec les débris dans les réservoirs inférieurs, les font crever à leur tour; un déluge s'abat alors de degrés en degrés vers les plaines basses, qu'il transforme pour des mois entiers en une mer intérieure, Comme presque toutes les autres rivières de la côte orientale de la Péninsule, le Pennar se partage en plusieurs bras en amont de son embouchure et s'avance dans la mer par un hémicyele d'alluvions. Un barrage relie les eaux à Nellore, et les rejette au sud en un lacis de rigoles qui arrosent 25 000 hectares. En outre, un canal d'irrigation prend une partie du Pennar à la « porte » des Ghat orientales pour la rejeter au nord-est vers la Kistna.

Au sud du Pennar, appelé aussi Vata Pennar où « Pennar du Nord », d'autres fleuves moins abondants, tels que le Palar, le Pennar du Sud ou Ten Pennar, le Vellar (Vellaur) ou «rivière Blanche », ont un régime analogue, Le Palar ou la « rivière du Lait », née également sur le plateau de Maïsour, est tour à lour puissant cours d’eau et lit de sable; dans un de ses débordements dont les riverains ont gardé la mémoire, mais sans en préciser la date, il a déserté son ancien cours dans la région du delta et maintenant un simple filet passe dans le lit primitif, sous le nom de « Vieux Palar » ou Cortelliar; uni à quelques ruisseaux, il va se jeter dans un marigot, au nord de Madras. Le nouveau Palar, qui reçoit presque toute la masse liquide du bassin fluvial, entre dans la mer à 90 kilomètres au sud de l’ancienne bouche.

La Caveri, déjà connue sous ce nom par le géographe Ptolémée, est, de toutes les rivières de l'Inde méridionale, la plus abondante et celle dont le bassin à la plus grande étendue, Elle naît sur le versant même des Ghat, dans le pays de Courg et traverse toute la partie méridionale du plateau de Maïsour, auquel elle échappe par les cascades de Sivasamoudram ou de la

Page 1