‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 278 sur 471 · MALDIVES · texte numérisé non relu

MALDIVES

annulaires enfermant une lagune au milieu de leur enceinte. Chaque ile en

particulier es un croissant de bancs émergés, simple segment d'un anneuu de récifs se montrant à marée basse, Elles ne se distribuent point au ha-

sard à la surface de l'eau, mais se groupent en cercles où en ellipses, de manière à former un atoll entourant de son mur de corail, interrompu de mille brèches, un espace maritime transformé en un lac intérieur, Enfin, les dix-neuf atolls des Maldives constituent dans leur ensemble comme un atoll très allongé enfermant une méditerranée profonde, où l'on jette la sonde à des centaines de mètres sans trouver le lit mavin, L'hypothèse par laquelle Darwin cherche à expliquer la formation de ces récifs annulaires est bien connue. Des montagnes d'inégale hauteur, comme celles de toutes les chaines continentales, se seraient élevées autrefois là où se trouvent de nos jours les terres à peine émergées des Maldives, et, sur tout le pourtour de la région montagneuse, les z00phytes qui construisent des rochers de corail à quelques mètres au-dessous de la surface, auraient été à l'œuvre pour élever leur barrière de récifs.

Mais, situés dans une aire d’af-

faissement, les monts s’engouffraient peu à peu; le rempart extérieur PANCUIRE | RES s’abaissait, forçant ainsi les polypes constructeurs à sécréter de nouvelles HR 1 assises ; des bras de mer s’ouvraient entre les édifices de corail, et ceux-ci i : 4" se partageaient en iles distinctes, autour desquelles se formaient d’autres mo co

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banes annulaires de moindres dimensions; puis ces îles elles-mêmes se suhdivisaient en îlots ayant chacun sa bordure de récifs : c'est ainsi que dans le grand anneau se trouvaient inserits des anneaux secondaires, qui à leur tour se fractionnaient en de nombreux anneaux tertiaires, Quand loutes les montagnes avaient disparu, les constructions des coraux ne cessaient de se maintenir à la surface de l'Océan, grandissant à mesure que descendait le socle de leur base, La mer centrale de tout le système d'iles, le golfe libre de chaque atoll, le lagon de chaque îlot s'expliqueraient par le fait, que les « bâtisseurs de mondes » se développent et prospèrent sous le choc des vagues; ils meurent dans les eaux tranquilles, Quant à l'émergence de la plupart des ilots sur le segment oriental des récifs, ce phénomène aurait pour cause la prédominance des vents du sud-ouest et des courants de houle qui suivent la même direction : les débris arrachés aux récifs sont entraînés vers l'orient et contribuent à exhausser les saillies du rebord le plus rapproché de l'Inde.

Prise dans son ensemble, l'hypothèse de Darwin s'accorde mieux que loute autre avec les phénomènes observés; cependant on n'a point encore constaté par des expériences précises le fait capital, celui de l'abaissement du sol des Maldives dans les endroits où, pour une cause quelconque, le travail des coraux est interrompu. Le champ reste donc ouvert aux théories. Quelques géologues se sont demandé si les alignements des atolls ue correspondraient pas à des rangées de voleans sous-marins. On ne saurait : mettre, il est vrai, que sur un espace aussi vaste que celui des « Douze Mille Îles » des monts à cratère se soient élevés uniformément à 20 ou 90 mètres au-dessous du niveau de la mer, de manière à servir de base aux constructions des polypes. Mais si les volcans des Maldives ressemblaient à ceux de la péninsule voisine, qui ont rejeté une prodigieuse quantité de scories ayant une puissance de plusieurs centaines et même d'un millier de mètres, on comprendrait parfaitement que les débris incohérents rejetés des cratères aient été arasés par les vagues jusqu'à une profondeur uniforme; les récifs des polypiers remplaceraient des cônes de lave et de cendres démolis par les vagues, emportés par les courants, Il n'est pas de terre océanique dont l'histoire soit plus curieuse à étudier que celle des Maldives; malheureusement, ces îles n’ont été explorées que par de rares voyageurs, attendant avec impatience le premier vent favorable pour revenir vers la terre ferme. Naguère, ce que l'on savait de l'archipel était dû surtout à des naufragés, comme Pyrard de Laval, qu’une tempête y jeta en 1602, Au commencement de ce siècle, les îles étaient moins connues que deux cent cinquante années auparavant, à l'époque des navigations

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portugaises". Pourtant elles sont aperçues de loin par d'innombrables voyageurs. Les navires qui vont du Cap de BonneÆspérance à Ceylan traversent d'ordinaire le détroit dit de @ Un degré et demi », d'après ln ligne de latitude qui passe en cet endroit, Toutes basses, ne s'élevant guère qu'à 2 mètres au-dessus du Mot, ces îles sont néanmoins visibles jusqu'à 20 kilomètres en mer, grâce aux ombelles des cocotiers, qui S'épanouissent à 00 mètres de hauteur,

De mème formation que les Laquedives, Minicoi et les côtes septentrionales de Ceylan, la plupart des îles Maldives ont aussi de l'eau douce en abondance au-dessous des couches superficielles de corail, La végétation de cet archipel est plus riche que celle des autres groupes insulaires. Les cocoliers y sont plus élevés et l'on y trouve aussi de véritables forêts d'arbres à pain, de figuiers banyans, de tamarins. D'après Owen, la flore des Maldives comprendrait aussi la lodoïcea des Seyehelles, le palmier qui donne les cocos de mer, ces doubles noix qui se conservent st longtemps sur les flots et qui, dans Pinde, où les apporte le courant, sont tenues pour des fruils sacrés, guérissant toutes les maladies. Sur les plages des Maldives, on voit en beaucoup d'endroits des roches de formation moderne, analogues aux maconne-bon-dieu des Antilles; elles consistent en dépôts de carbonate de chaux enfermant des cocos de mer, mêlés à des lragments de madrépores et à d'autres débris flottés?,

Comme les habitants des Laquedives et de Minicoï, ceux des Maldives vivent principalement des produits du cocotier, qu'ils ont à défendre contre les attaques des rats et des écureuils volants; ceux-ci viennent sucer aux trous où se distille le toddy où vin de palmier, Un des principaux articles d'exportation est la porcelaine caourti, que l'on pêche au moyen de traines et d'appeaux attachés à un flotieur en feuilles de cocotier; on enterre les coquillages dans le sable, jusqu'à ce que la chair soit corrompue, puis on les lave, et Lx monnaie, bien plus agréable à voir que nos pièces de cuivre, est prête pour l'échange; au lieu d'extraction même on en vend douze mille pour une roupie, soit environ cinq mille pour un franc, Les marins des Maldives exportent aussi du poisson salé, notamment des bonites, dont ils prennent de deux à trois millions par année. Très habiles navigateurs, ils ont des bâtiments de 100 et de 200 tonneaux, avec lesquels ils cinglent jusqu'à Sumatra; ils font des voyages réguliers à Colombo et à Calcutta, partant avec la mousson du sud-ouest, au

! Owen, Journal of the Geographical Society of London, AK52. * Moresby, Journal of the Geographical Society of London, 1855.

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