‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 296 sur 471 · CULTURES ET IRRIGATIONS DE L'INDE · texte numérisé non relu

CULTURES ET IRRIGATIONS DE L'INDE

vail de restauration. Sur les pentes de l'Himalaya, chaque ville de santé s'est entourée de vergers et de pares, composés principalement d'arbres européens. Dans le Pandjab, sur les bords de l'Indus et de ses affluents, s’étendent maintenant des plantations modernes, et les chasseurs se félicitent de ce que le gibier, y compris le tigre, reparaisse dans la contrée", Dans le Sikkim, et surtout dans le Nil ghiri et sur les divers massifs montagneux de l'Inde méridionale et de Ceylan, les plantations ont consisté principalement en arbres exotiques, surtout en eucalyptus, en einchonas de la Bolivie, en variétés d'arbres à caoutchouc, provenant de la Sonde, de Madagascar, du Mexique, du Brésil. À la fin de 1878, on comptait dépà dans les forêts de l'Inde plus de # millions de cinchonas, dont plus des trois quarts en plein rapport.

L'Inde, comparée à l'Europe, est un pays très pauvre en bétail, La rareté des pâturages et les mœurs frugivores du peuple s'opposent à l'aceroissement des animaux de labour et de trait; cependant les indigènes possèdent de remarquables variétés de bêtes à cornes, notamment les bœufs trotteurs et coureurs des Provinces C:ntrales. La race des chevaux a dégénéré depuis que les Hindous, vaincus, n'ont plus à entretenir de cavalerie; dans l'immense étendue de la présidence de Madras, on ne comptait en 1878 que 995 000 chevaux; mais dans la plupart des provinces on emploie les ânes comme bêtes de somme, et dans le Pandjab, le Marwar et autres États radjpoutes, le chameau transporte voyageurs et marchandises; enfin dans l’Assam, l'Inde méridionale et Ceylan, on emploie quelques milliers d'éléphants, bien plus, il est vrai, pour augmenter la pompe des fêtes et des chasses royales que pour aider aux travaux de l'agriculture ou de l'industrie.

Il est certaines provinces dans lesquelles toute culture serait impossible sans d’abondantes irrigations. Telles sont les plaines que traverse l'Indus dans son cours inférieur; telle aussi une partie considérable du Pandjab et des doab de l'Hindoustan proprement dit. Dans l'Inde méridionale, les indigènes connaissent l’art de retenir les eaux en réservoirs élagés, d'où l'eau, tombée pendant la mousson, s'écoule en filets d'irrigation pendant les sécheresses; les Anglais n’ont eu qu'à réparer les anciennes levées et à compléter le réseau de canalisation pour accroitre de plusieurs millions d'hectares la superficie des terrains qui payent l'impôt. Mais dans les provinces du nord la puissance des cours d’eau descendus de l'Himalaya est

! Ocean Highways, march 1874.

+ Clements Markham, Official Reports.

5 Hunter, Imperial Gazclteer of India.

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trop grande pour que les riverains aient pu les endiguer et les transformer en une succession d'étangs. C'est au creusement de canaux, rivières latérales dont le débit se règle par des écluses, qu'on a dà avoir recours pour l’arrosement de la contrée; un de ces canaux, celui du Gange, qui commence à la « porte » de Hardwar, est, on le sait, le travail de ce genre le plus important du monde; mais beaucoup d’autres, ceux qu'on a dérivés de l'Indus, du Satleuj, de la Ravi, de la Sone, sont aussi de remarquables monuments de l’industrie humaine. Pour les arrosements il reste encore à utiliser de grandes rivières, telles que le Sardjou, le Gandak, la Tapti, la Narbadah. Enfin, dans certaines parties du Dekkan et surtout dans Pile de Ceylan, c'est d’un travail de restauration qu'il s’agit : les réservoirs existent, mais changés en marais; les canaux d'irrigation ne sont plus que des coulées incertaines, emplies d'herbes sauvages. En tout, dans les seules possessions anglaises de l’Inde Cisgangétique, on évalue à 11 690 000 heclares, soit à un terriloire grand comme un cinauième de la France, l’ensemble des terres ajouté au sol cultivable pr? canaux d'irrigalion!.

La nécessité de régler en commun la distribution des eaux, d’'inonder à la fois, puis d'assécher de vastes étendues de terrains dans les rizières, à maintenu dans beaucoup de contrées la forme communautaire des villages, uénérale autrefois dans l'Inde. Les conquêtes violentes et les accaparements graduels du sol par les individus et les eastes, l'évolution intérieure de la commune, l'intervention directe ou indirecte des lois ont modifié à l'infini la tenure du sol : du communisme pur à la propriété privée avec droit complet d’'us et d'abus, toutes les formes se rencontrent dans li Péninsule, Aux deux extrémités de la contrée, dans le Kachmir aussi bien qu'à Ceylan, on voit encore des groupes comprenant plusieurs centaines d'individus, grandes familles où le travail de chacun profite à tous, où personne ne court le risque de manquer du nécessaire, Ailleurs, la communauté n'existe plus qu'en principe, chaque famille à reçu son lot, dont le produit lui appartient en entier; mais à des époques fixes ou indéterminées une nouvelle répartition du sol se fait, comme dans le mir grand-russien, et l'égalité se rétablit entre les ayants droit*. Même dans les communes où les distibutions ne se font plus et où chaque propriétaire, devenu maitre de son champ, peuten trafiquer à sa guise, mainte institution rappelle l’ancienne forme communautaire. Presque partout, le pantchayat où « conseil des

1 Coût des travaux de canalisation entrepris dans l'Inde de 1868 à 1878 : 261 450 000 franes.

# John Phear, The Aryan Village in India and Ceylan; — Summer Maine, The Village Communilies in latia.

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