‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 297 sur 471 · IRRIGATIONS, RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ DANS L'INDE · texte numérisé non relu

IRRIGATIONS, RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ DANS L'INDE

cinq », parfois réduit à un seul individu, subsiste encore. Enfin la plupart des villages, surtout dans le midi, ont leurs fonctionnaires et gens

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de métier payés sur les revenus de la commune : charpentier, forgeron, cordier, potier, barbier, blanchisseur, veilleur publie, porteur d'eau, médecin, maître d'école, prêtre, barde, astrologue; les riches communes entretiennent des musiciens et des bayadères pour leurs fêtes".

t Long; — Maine: — Jacolliot.

Les régions les plus prospères sont celles où la propriété est divisée et où les paysans n'ont pas d’intermédiaires entre eux et le gouvernement; presque tout le pays de Canara et le Malayalam sont ainsi distribués en petits domaines, dont les propriétaires, égaux, fiers, aisés pour la plupart, forment en même temps une des elasses les plus instruites de la Péninsule; mais les pays les plus fertiles, du moins dans les bassins du Gange et du Brahmapoutra, sont précisément ceux dont la population vit dans la plus abjecte misère. Les taloukdar de l'Aoudh, les zemindar du Behar et du Bengale, les planteurs de l'Assam se sont partagé la contrée, favorisés par le gouvernement anglais, qui se compose lui-même de landlords possesseurs d'immenses domaines : c'est ainsi qu’une grande partie de l'Inde a été changée en une autre « Irlande ». Mème après l'insurrection des cipayes, les taloukdar de l'Aoudh, dont les immenses domaines avaient été confisqués, rentrèrent en possession de leurs fiefs, comprenant chacun plusieurs centaines de villages’. Aussi la classe des riches propriétaires, hindous ou musulmans, se tient-elle pour solidaire des maîtres britanniques, auxquels elle doit son pouvoir et la rentrée régulière de ses revenus”. Parmi ces zemindar, il en est, comme le radjah àe Bardwan, dont le domaine rapporte en fermages jusqu'à 10 millions de franes par année; mais audessous de lui! que d'agents et de sous-agents qui ont encore à prélever leur fortune sur le travail des misérables rayot! Et que de haine entre la foule des laboureurs, esclaves de fait, quoique libres en droit, et les intermédiaires qui les oppriment! « Les bonnes paroles d’un zemindar, dit le proverbe, sont comme celles du musulman qui caresse ses poulets : il leur donne à manger pour les manger à son tour‘. » Dans le Behar et le Bengale, Djittagong, Orissa, le taux des salaires quotidiens est en moyenne de 50 centimes et les enfants de douze ans reçoivent cinq centimes ou moins encore. Un revenu de 15 à 20 francs par mois doit suffire à la plupart des familles, et st bas que soit le prix des denrées, il est rare que le rayol puisse se procurer le strict nécessaire : on peut dire que dans le pays d'Orissa une simple différence de à centimes par jour sépare la pauvrelé du dénuement*; sans le jardinet qui entoure chaque cabane et qui fournit quelques légumes et des fruits, le paysan serail tous les ans menacé par la faim. On comprend la sinistre puissance que l'usurier exerce

4 Graul, Reise nach Ostindien.

# Clements Markham, East India Progress and Condition, 1872-1875. 5 Richard Temple, India as it is.

AH. M, Elliot, Races of the North West Provinces.

5 W,. W. Hunter, Orsssa.

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